‹ Le Bhâgavata PurânaChapitre 115 sur 255 · LIVRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIEME

29. Tandis que ses fiU marchaient. amsi dans la voie de la quiétude, le roi gouverna la terre pendant onze fois cent millions d'années. Ses bras remplis d'une vigueur quif rendait irréiistibles tous les efforts de son héroïsme, fatiguèrent incessamment la corde de son arc dont le retentissement seul dissipait les ennemis de la loi; et séduit par les marques de joie et de respect chaque jour plus vivres quil recevait ôb Varhichmati/par ces caresses de femme, par ces sourires que voilait la pudeur, par ces tendres paroles qui échappent au plaisir,. il oublia en quelque sorte sa raison et s*«ndormit presque au sein du bonheur.

30. Comme le divin soleil tournant autour de la montagne des Suras pour éclairer la terre, aéchauffe à la fois qu'une moitié de sa surface, et laisse l'autre moitié dans l'ombre, Priyavrata en qui k culte de Bhagavat avait accumulé une puissance surhumaine, ne put souffrir cette interruption, et jnontant sur son char lumineunL et aussi rapide que celui du soleil, pour faire die la nuit le jonr, il se mit sept fais à sa suite, et montra au monde un second astre de la lumière. Mais Brahmâ s'étant Dendu auprès du. roi , l'arrêta dans sa marche en lui disant : Ce n'est pas là ton râle,

51. Les sillons que tracèrent dans leur marche les roues de son. char,: formèrent les ^pt océans; et les terres que ces sillons^ séparaient furent les sept Dvipas (continents, entourés d'eau)»

32. Ces Dvîpas se nommèrent Djambû, Plakchai, Çâlmaii^ Kuça, Kxâuntcha, Çâka et Puchkara^

53* Leur étendue mesurée en dehors des mers qui les entourent, est indiquée par le rang de chacun d'eux dans l'énumératîon pré^ cédefit(e;.le second est le double du prenûer, et ainsi des. autres*

54. Les sept mers qui sont formées suceessivem/ent d'eau salée, de jus de canne, à sucre,, de suc fermenté d» paknier, de beurra clarifié, de lait, de crème de caillé et d'eau douce^ sont cpmme autant de fossés qui entourent les sept Dvipas placés au centre de chacune d'eJlea ; mesurées en dehors de ces Dvipas^ elles ont chaicune une étendue égale à celle du Dvîpa qu'elles enviironnent;; elles ne se confondent pas l'une avec l'autre., Le roi, époux de Varhichmati, donna pour

souverains, à chacun des sept continents énumérés plus haut, ceux de ses fils qui devaient lui succéder, savoir: Agnîdhra, Idhmadjihva , Yadjnabâhu, Hiranyarêtas , Ghrïtaprïchtha, Mêdhâtithi, Vîtihôtra; chacun d*eux fut le chef d'un continent distinct.

^55. Il donna ensuite sa fille Urdjasvati à Uçanas ; de cette union naquit la fille de Kâvya, nommée Dévayânî.

56. Un tel héroïsme nest pas surprenant dans les hommes qui, dévoués au plus puissant des Dieux, ont effacé avec la poussière de ses pieds les six impressions [des sens], puisque l'homme de l'extraction la plus basse n à qu'à prononcer une fois son nom pour se voir aussitôt dégagé des liens du monde.

57. Tels étaient la force et le courage immenses de ce prince. Mais un jour, dégoûté des jouissances de la grandeur suprême qu'il devait au culte des pieds du divin Rïchi, il exprima ainsi l'indifférence qu'il éprouvait en son cœur :

58. Ah! combien ai- je mal fait de me laisser conduire par mes sens dans l'abîme ténébreux des objets misérables que crée l'igno* rance ! Assez , assez de cette femme ! Malheur à moi ! Je ne sub que le vil animal dont elle se fait un jouet. Tels étaient les reproches que s'adressait le roi.

59. Ayant partagé l'héritage de la terre entre ses fils qui devaient lui succéder, il abandonna, comme si c'eût été un cadavre, et la reine avec laquelle il avait été si heureux, et l'appareil de la grandeur. Puis ne trouvant plus en son cœur que de l'indifiFérence pour toutes choses, soutenu par la force que lui donnait le commerce qu'il entretenait dans son âme avec Hari, guidé enfin par la connaissance de l'Esprit qu'il devait à la faveur de la Divinité suprême, il rentra dans la voie que lui avait tracée Nârada.

40. Aussi existe- t-il sur lui les stances suivantes : Qui pourrait, sans l'appui du Seigneur, imiter les hauts faits de Priyavrata qui, dissipant l'obscurité [de la nuit] , a creusé les sept océans dans les sillons tracés par les roues de son char?

ftl. C'est lui qui en distribuant les fleuves, les montagnes et les forêts, a donné à la terre une forme; et qui en distinguant les cpn-

Page 1