CHAPITRE IL
HISTOIRE D'ÀGNÎDHRA
1 . Çuka dit : Quand le roi se fut retiré , Âgnîdhra , obéissant aux ordres de son père, gouverna selon la justice les habitants du Djambudvîpa qu il aimait comme ses propres enfants.
2. Voulant un jour devenir père, il se retira dans une vallée de la montagne où s'ébattent les femmes des Suras ; puis rassemblant tous les objets qui servent au culte, il adora, dans les austérités et le recueillement, le bienheureux Chef des créateurs du monde.
5. Adipurucha Tayant remarqué, lui envoya TApsaras Pûrvatchitti, qui chantait dans l'assemblée des Dieux.
k. L'ermitage du roi était situé dans un bois ravissant, formé d'une masse épaisse d'arbres variés, aux branches desquels s'attachaient des lianes à l'écorce d'or, et où perchaient des couples d'oiseaux, habitants de la terre , dont la voix allait réveiller les poules d'eau , les canards et les Kalahaâisas, sur les lacs purs et couverts de lotus, qui retentissaient de leurs cris divers. L'Apsaras vint y errer.
5. Au bruit régulier produit par les ornements qui retentissaient aux pieds charmants de la nymphe et qui s'agitaient à chacun des mouvements de sa démarche gracieuse, le prince entrouvrit ses yeux, semblables au bouton d'un lotus, que tenait fermés la méditation, et il aperçut Pûrvatchitti.
6. A la vue de cette femme qui, semblable à l'abeille, respirait non loin de lui le parfum des fleurs, et qui remplissant de joie les yeux et les cœurs des mortels et des Dieux par le charme de sa démarche, de ses gestes, de ses modestes regards, de ses harmonieuses paroles, de tous ses membres enfin, ouvrait le cœur des hommes à l'empire du Dieu qui ne s'arme que de fleurs ; à la vue des mouve-