‹ Le Bhâgavata PurânaChapitre 118 sur 255 · LIVRE CÏNQtJIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CÏNQtJIÈME

ments voluptueux qui agitaient les seins , la masse des cheveux et la ceinture de la nymphe, lorsqu'elle précipitait sa marche pour échapper à l'essaim des aheilles enivrées par le parfum des paroles et des sourires qui tamisaient bomme l'ambroisie de sa bouche, le prince, vaincu parie Dieu de l'amour, auquel le livrait ce premier regard, lui parla ainsi, [la prenait] dans son égarement [pour un Brahmane].

7. Qui es-tu, et que cherches-tu sur la montagne, ô chef des solitaires? Serâis-tu la Mâyâ de Bhagavat le Dieu souverain? Est-ce pour toi, ami, que tu portes ces deux arcs qui n'ont pas de corde? ou biefi chasses-tu dans la forêt la gazelle imprudente ?

8. A qui destines-tu, dans ta marche à travers la forêt, ces regards semblables à des flèches qui s'échappent du lotus de tes yeux, lentes, privées de plumes , belles et à la pointe acérée ? Je l'ignore ; mais puisse ta venue faire le bonheur des insensés tels que moi !

9. Ces abeilles ne ressemblent-elles pas à des disciples qui entourent leur bienheureux maître en lisant et en lui chantant sans cesse le Sâman avec les mystères? Dans leur empressement à recevoir la pluie de fleurs qui s'échappe de ta chevelure, ne sont-elles pas comme des troupes de Rïchis autour des branches de Tarbre du Vêda ?

10. Puissé-je entendre le son seul des anneaux qui tiennent tes pieds captifs, son éclatant qui s'élève comme la voix d'un oiseau invisible! L'éclat de la fleur du Kadamba enveloppe tes reins qu'entoure une ceinture où brillent comme des charbons ardents. Où est, ô Brahmane , ton vêtement d'écorce ?

11. Que portes-tu donc, ô toi dont la faille est si fine, dans ces coupes ravissantes dont je ne puis détacher mes regards? Doù viènn«it ces empreintes d'une pâte odorante qui eu colore l'extrémité et dont le parfom se répand dans mon ermitage ?

la. Montre-moi ta demeure, ami, cette demeure qu'habite un être sur la poitrine dtiquel s'élèvent ces formes inconnues qui agitent mon cœur, et dont la bouche répand ie merveilleux nectar du sentiment et de la passion.

15- Comment y vis-tù? Le pari&im de Toffrande annonce les aliments dont tu te nourris, car tu es une portion de Vichnu. A tes

oreilles se jouent deux formes de Makarà dont la splendeur n est jamais éclipsée; ton visage est comme un lac; tes yeux y brillent comme deux poissons agiles ; une double rangée de dents Téclaire ; ta chevelure est Tessaim d'abeilles qui s*abat sur ses eaux.

U. La balle que frappe le lotus de ta main entraîne de tous côtés ma vue qui s'égare pour en suivre les bonds; tu ne t'aperçois pas que le lien qui retenait le nœud de ta chevelure se détache , et qu'un vent amoureux soulève malicieusement ton vêtement.

15. A quelles austérités dois-tu cette beauté faite pour troubler le cours des pénitences de ceux qui.se livrent à une vie de mortifications ? Ah ! consens à venir faire pénitence avec un ami ; le Dieu , cause de Inexistence , ne m'accorde-t-il pas sa faveur ?

16. Non, je ne te quitte plus, Brahmane chéri, donné des Dieux, toi dont mes yeux et mon cœur ne peuvent se détacher ; emmène où tu voudras ton serviteur docile , ô toi dont la poitrine est si belle. Adieu aux chacals [jusqu'à ce jour] mes seuls amis !

17. C'est ainsi qu'habile à captiver la belle, le prince, qui connaissait la pensée des Dieux, lui témoigna son amour par un langage fait pour éveiller la connaissance du plaisir.

18. Ravie par l'intelligence, la vertu, la beauté, la jeuçesse, l'éclat et la noblesse du chef des héros, elle passa sur la terre un temps égal à cent mille années, goûtant avec le roi du Djambudvîpa les plaisirs de la terre et du ciel. .

19. Âgnidhra^ le premier des rois, eut de la nymphe neuf fils, nommés Nâbhi, Kimpurucha, Harivarcha, Uâvrïta, Ramyaka, Hiranmaya, Kuru, Bhadrâçva et Kêtumâla. Après les avoir mis au monde, chacun à une année de distance, leur mère les laissa dans la demeure du roi et remonta [au ciel] servir de nouveau Adja.

20. Naturellement doués, par la faveur de leur mère, d'un corps robustjB, les fils d'Agnîdhra reçurent chacun en partage de leur père un Varcha ou division du Djambudvîpa ; ces divisions tirèrent leur nom de ceux de ces princes.

21. Mais le roi Agnîdhra, que n'avaient pas satisfait les plaisirs, ne laissa plus écouler un seul jour sans penser à la nymphe ; et il

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