CHAPITRE V
HISTOIRE DE RÏGHABHA*
1 . Rïchabha dit : Non , le corps dé Thomme n'est pas fait pour ces misérables plaisirs que partagent ici-bas avec lui les animaux les plus vils; elle est divine, ô mes enfants, la pénitence qui, purifiant notre nature, nous assure Téternelle félicité de Brahma.
2. Le culte des grands hommes est, on Fa dit, la porte du salut; le commerce des hommes livrés aux femmes est celle des Ténèbres :' les grands hommes sont ceux qui possèdent Tégalité d'âme, qui sont calmes, exempts de colère, bons et vertueux.
5. Ce sont encore ceux qui, n'ayant d'autre but que leur affection pour moi qui suis le Seigneur, n'éprouvent d'attachement ni pour ceux qui ne songent qu'à leur corps, ni pour la vie de maître de maison, avec une femme, des enfants et des richesses, et qui ne sont dans le monde qu'autant qu'il en est besoin.
4. En effet, l'homme commet des fautes par inattention, lorsqu'il trouve du plaisir aux jouissances des sefis; elle n'est pas bonne, croyez-moi, la cause d'où le corps, cette source de maux, tire l'existence dont il est privé par lui-même. • ^
5. La dégradation produite par l'ignorance existe tant que l'homme ne se sent pas le désir de connaître la nature de l'esprit; autant durent les œuvres, autant dure le cœur, fruit des œuvres, d'où naît [pour l'esprit] le lien du corps.
6. C'est ainsi que quand l'ignorance enveloppe l'esprit, l'action tient le cœur sous sa dépendance ; tant que l'homme ne met pas sa joie en Vâsudêva, qui n'est autre que moi, il n'est pas affranchi de son union avec le corps.
7. Lorsque se trompant sur son véritable but, l'homme ne recon-