‹ Le Bhâgavata PurânaChapitre 125 sur 255 · LIVRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIEME

naît pas, par la vue de la science, combien peu est réelle Taction des qualités, privé aussitôt de mémoire, il embrasse dans son ignorance la vie de maître de maison; où il jouit des plaisirs des sens et où l'attend la douleur.

8. L'union de l'homme avec la femme est pour l'un comme pour l'autre ce qu'on appelle le lien de cœur; c'est par elle qu'à la vue de sa maison, de sa femme, de ses enfants et de ces richesses, l'homme éprouve le sentiment erroné du moi et du mien.

9. Quand ce lien qui est le cœur, lien solide et que resserrent les œuvres, vient à se relâcher, l'homme alors se détourne de cette union, et se détachant de la cause [qui l'y retenait enchaîné], il va, désormais afiFranchi, se réunir à l'Être suprême.

10. La dévotion qu'on éprouve pour moi, qui suis l'Esprit, et le culte qu'on me rend comme au Précepteur suprême, l'absence de tout désir, la patience au milieu des impressions opposées [de la peine et du plaisir], la certitude qu'il n'y a partout pour l'homme que misère , le désir de connaître , la pénitence , l'inaction ,

11. Les actes et les discours dont je suis l'unique objet, inspirés comme ils sont, les uns par la fréquentation des hommes dont je suis le Dieu, les autres par le récit de mes qualités, la bienveillance, l'égalité d'âme, le calme, l'efiFort que fait l'homme pour renoncer à dire moi et le mien de son corps et de sa maison ,

12. L'état d'union avec l'Esprit suprême, l'amour de la solitude, l'asservissement complet de la respiration , des sens et du cœur, la foi vertueuse, la chasteté perpétuelle, l'attention, le silence,

15. La science que l'expérience éclaire, celle qui sait reconnaître partout ma présence , enfin la pratique du Yoga , tels sont les moyens par lesquels l'homme vertueux, doué de fermeté, d'énergie et d'intelligence peut se détacher du corps subtil qu'on nomme le moi.

14. Quand l'homme attentif s'est, au moyen de ce Yoga pratiqué selon les rè^es, dégagé du lien du cœur, produit de l'ignorance et asile de l'action, il doit s'abstenir de l'exercice du Yoga.

15. Le précepteur ou le roi qui aspire à ma demeure et qui n'a en vue que ma bienveillance, doit instruire ainsi sans colère ses fils

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ou ses disciples qui ignorent la vérité; il ne doit pas leur recommander les oeuvres qui les égareraient ; commet en effet Thomme signalerait-il pour but à un autre, ce qu il ne peut lui proposer sans le faire tomber, privé de la vue, dans un précipice?

16. Le monde ferme lui-même les yeux à la béatitude suprême^ lorsque emporté par le désir il s'attacbe aux objets visibles^ et que divisé pour un peu de bonheur, par des haines mutuelles, il ne voit pas, dans son aveuglement, les maux sans fin qui lattendent.

17. Quel est le sage, instruit lui-même de cette vérité, qui à la vue d'un insensé marchant dans Tignorance, irait, s'il a quelque compassion, Ty replonger encore davantage? C'est comme si Ton égarait Taveugle qui a perdu son chemin.

18. Ce n'est ni un précepteur ni un parent, ce n'est ni un père ni une mère , ce n'est ni un Dieu ni un époux que celui qui ne sauve pas le malheureux que la mort va saisir.

19. L'existence du corps que je porte n'est pas une chose facile à comprendre, mais mon essence même est mon cœur où réside la 1<h; et comme j'ai laissé bien loin derrière moi l'injustice, les hommes respectables m'ont appelé Rïchabha (le héros).

20. Honores donc sans regret votre frère aîné, vous tous qui êtes nés de mon cœur; lui obéir, ce sera protéger votre peuple.

21. Parmi les êtres, ceux qui se meuvent sont supérieurs aux vé* gétaux; les premiers entre les animaux sont ceux qui agissent par instinct; au-dessus de ces derniers sont les hommes, puis les Pramathas, les Gandbarvas, les Siddhas et les serviteurs des Dieux.

22. Les Dêvas, dont Maghavan est le chef, sont au-dessus des Asuras ; au-dessus des Dêvas sont Dakcha et les autres fils de Brahmâ ; au-dessus d'eux est Bhava ; au*-dessus de lui est Virintcha qui possède l'énergie créatrice; au-dessus de cet être, cest moi; et moi, mes Dieux sont les Brahmanes.

25. Je ne vois aucun être qui vous égale, ô Brahmanes; commeot donc pourrais-je en trouver qui surpasse la race de ces hommes par la bouche desquels je mange, bien plus volontiers que par lé sacrifice du feu , l'offrande qui leur est présentée avec foi ?

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