‹ Le Bhâgavata PurânaChapitre 135 sur 255 · LIVRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIEME

se séparer des fils de son cœur, parce qu'il les regardait comme uu obstacle à son salut , eût-il pu autrement s'attacher par une affection aussi vive à un être d'une autre espèce, à une jeune antilope?

25. Pendant que le royal Richi, Bharata, laissait anéantir par de telles interruptions ses exercices commencés, et que tout occupé à nourrir, à garder, à caresser et à flatter le jeune faon, il ne songeait plus à l'Esprit, le Temps, dont la marche est inévitable et l'impétuosité irrésistible, vint fondre sur lui comme un serpent qui se précipite dans le trou d'un rat.

26. En ce moment même , voyant à ses côtés le faon qui pleurait comme s'il eût été son fils, Bharata livra tout entier son cœur à cet animal bien*aimé ; et après avoir abandonné ce monde en même temps que l'antilope, conservant même au delà de la mort le souvenir de son existence antérieure, il entra, comme un être vulgaire, dans le corps d'une gazelle.

27. Même en cet état, la puissance du zèle qui l'animait pour le culte de Bhagavat, lui rappela la cause de sa nouvelle condition, et il se dit avec d'amers regrets :

28. Ah! malheur! Me voilà déchu de la voie de ceux qui possèdent l'Esprit, puisque libre comme je l'étais de tout attachement, retiré dans l'asile d'un bois pur, maître de moi-même, et maintenant mon cœur dans le recueillement et dans une intime union avec Vâsudêva, l'âme de toutes les âmes, pendant une vie dont chaque instant était employé à honorer, à vénérer, à entendre, à célébrer et à répéter le nom du Dieu, je l'ai abandonné, ignorant que je suis, pour courir après un jeune faon.

29. Ainsi, secrètement dégoûté de sa condition, il abandonna l'antilope sa mère, et quitta Kâlamdjara, pour retourner à Çâlagrâma, lieu consacré à Bhagavat, recherché par la foule des solitaires amis de la quiétude, et où est situé l'ermitage de Pulastya et de Pulaha.

50. Attendant en ce lieu le moment de sa mort, toujours souffrant de son esclavage, Bharata, seul, ne se nourrissant que de feuilles, d'herbes et de plantes desséchées, ne songeant plus qu'à ce qui pou*

vait faire cesser les causes de sa (X)ndition nouvelle , abandonna son corps d'antilope tout humide des eaux de Tétang sacré.

FIN DU JIUITlàME CHAPITRE , AYANT POUR TITRE :

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