‹ Le Bhâgavata PurânaChapitre 141 sur 255 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

DIALOGUE ENTRE LE BRAHMANE ET RAHÛGANA

1. Le Brahmane dit : Tu veux, malgré ton ignorance, réfuter les opinions des savants ; aussi n es-tu pas le premier des sages ; car les sages ne tiennent pas compte, dans la recherche de la vérité, de cette pratique du monde dont tu parles.

2. Dans les déclarations du Vêda elles-mêmes, remplies comme eUes sont d*une science qui a pour objet Faccomplissement de nombreux sacrifices domestiques, Texposition de la vérité ne se montre d'ordinaire ni pure, ni parfaite.

5. Certes, les paroles même les meilleures [du Vêda] ne suffisent pas pour faire connaître la vérité à Thomme qui ne conclut pas de lui-même que le bonheur d'un maître de maison dpit être abandonné, parce que ce n'est qu'un songe.

6, Tant que le cœur indomptable reste enchaîné par les qualités de la Passion, de la Bonté et des Ténèbres, l'homme voit se prolonger la suite d^s actions bonnes ou mauvaises qu'il accomplit par les organes de l'intelligence et de l'activité.

5. Enveloppé par l'imagination, livré à l'influence des objets extérieurs, entraîné par le courant des qualités, soumis au changement, l'homme qui est formé par la réunion de seize principes, prenant des formes distinctes avec des noms divers, ne cesse d'habiter et de quitter des corps nouveaux. ,

6. S'attachant à l'esprit qui lui est dévolu, et l'égarant dans le cercle de la transmigration, l'âme individuelle, ce produit de Mâyâ, lui apporte abondamment, pour prix de ses œuvres, de la peine, du plaisir ou tout autre résultat difiérent que le temps amène.

7. Cependant le monde, avec sa forme matérielle et son principe

2U LE BHÀGAVATA PURÂNA.

insaisissable, continue de se montrer en spectacle à Tâme individuelle ; c est pour cela qu'on nomme le cœur le signe de ce double état, J'un supérieur et l'autre inférieur, où Thomme est uni aux qualités, et où il en est affranchi.

8. Uni aux qualités, le cœur est la perte de l'homme; séparé d'elles, il en est le salut. De même que la lumière, qui consumant une mèche alimentée de beurre, produit des flammes accompagnées de fumée, et qui brillant seule, se montre sous sa forme pure, ainsi enchaîné par les qualités et par les œuvres, le cœur se livre à ses agents; affranchi, il rentre dans son principe.

9. Or il y a pour le cœur onze agents qui sont des moyens d'activité, puis cinq moyens de connaissance, et enfin la personnalité. Les molécules élémentaires, les actions et jie séjour de ces agents, s'appellent les onze domaines [où ils s'exercent].

10. Ce sont l'odeur, la forme, l'attribut tangible, le goût, le son, puis les actes qu'exécutent les organes excrétoires , ceux de la génération, du mouvement, de la parole et de l'action; le onzième agent est le sentiment qui fait dire : Cela est à moi. D'autres prétendent que le corps, gu'ils prennent pour le moi, est le douzième.

•11. Les objets, la disposition naturelle, les pensées, l'action et le temps, sont les causes qui diversifient par centaines, par milliers, par millions ces onze modifications du cœur ; tous ces états viennent de l'âme individuelle, et ne sont produits ni d'eux-mêmes, ni par leur action réciproque.

12. L'esprit toujours pur, en présence de ces perpétuelles manifestations de l'âme vivante, ce produit de Mâyâ, qui est le cœur aux actions impures , les voit tantôt apparentes et tantôt obscurcies.

15. L'esprit est Fâme, l'antique Purucha, qui est lumineux par lui-même, incréé, souverain; c'est Nârâyana, le bienheureux Vâsudêva , qui s'enferme dans l'âme à l'aide de la Mâyâ dont il dispose.

14. De même que le vent dirige, en tant que souffle vital, les êtres mobiles et immobiles qu'il pénètre tous, ainsi le suprême et bienheureux Vâsudêva est l'esprit et l'âme de l'univers au sein duquel il est entré.

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