‹ Le Bhâgavata PurânaChapitre 140 sur 255 · LIVRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIEME

fin ; si la possession et la puissance étaient, ô prince illustre, des états durables , on pourrait dire alore que l'obéissance aux règles et l'exercice des fonctions en sont également.

15, Je ne vois pas, si ce n'est dans la pratique, le moindre fondement à cette opinion, qu'il existe des différences entre les bommes. Qu'est-ce que le maître et où est ici l'esclave? Dis-moi, cependant, 6 roi, ce qu'il faut que je fasse pour toi. •

14. Quel est l'objet du médicament que tu parles d'appliquer à celui qui passant, ainsi que je le fais, pour un insensé, un fou ou un stupide, est déjà rentré dans sa propre nature? Vouloir instruire un sot ou un étourdi, n'est-ce pas écraser du grain déjà broyé?

15. Çuka dit: Après avoir répondu au roi par ces paroles de blâme, le solitaire, calme, délivré de l'erreur qui nous fait voir l'âme où elle n'est pas, et s'affranchissant même de l'action commencée, en en jouissant, porta toujours le palanquin de la même manière.

16. Le chef des Sindhus et des Sâuvîras, qu'une foi entière avait préparé au désir de connaître la vérité, n'eut pas plutôt entendu ces paroles si conformes aux traités du Yoga , et si bien faites pour délier le lien du cœur, que descendant en toute hâte, il se jeta, pour l'apaiser, aux pieds du sage, et que dépouillant l'orgueil de la royauté , il lui parla ainsi :

17. Qui es-tu, toi qui te caches sous cette apparence? et à quelle classe appartiens-tu, toi qui après avoir renoncé à tout, portes le cordon sacré? De qui es-tu fils? d'où viens-tu? et pourquoi te trouvestu ici ? Si c'est pour notre bonheur, ne serais-tu pas Çukla ?

18. Je ne redoute ni la foudre du roi des Suras, ni le javelot de Çiva, ni le sceptre de Yama, ni la flèche d'Agni, du soleil, de la lune, du vent et du Dieu des richesses; mais je tremble d'outrager la race des Brahmanes.

19. Réponds, toi qui détaché de tout et cachant l'énergie de ta sagesse sous les dehors de la stupidité, parais impénétrable; mon esprit ne peut délier le nœud de tes discours que resserre le Yoga-

20. A quoi bon irais-je interroger [Kapila], le maître du Yoga,

le précepteur suprême des solitaires qui connaissent la nature de l'Es-

prit, ce sage qui est notre refuge en ce monde, qui enfin est Hari lui-même incarné à Taide d'une portion de sa science P

21. Serait-ce que tu parcours* la terre, en cachant ainsi ton caractère véritable, pour contempler le monde P Comment, en effet» les hommes enchaînés à leurs maisons pourraient-ils, avec leur intelligence aveugle, reconnaître la voie des maîtres du Yoga?

22, Jai vu Faction me causer de la fatigue, et j'en ai conclu qu'il . en était de même pour toi qui marchais et portais un fardeau ; puisqu'on ne peut puiser de l'eau sans qu'il existe un vase, il faut bien que la pratique vulgaire ait une autorité.

25. Le feu qui échauffe le vase, se communique au lait qu'il contient, et la chaleur du lait fait crever le riz; ainsi le contact de l'esprit avec le corps, les sens, le souffle vital et le cœur engage successivement l'homme dans le monde, produit de ce contact.

26. Un roi est le maître et le protecteur de ses sujets; et s'il sert Atchyuta, il n'entreprend pas un œuvre inutile; car en faisant son devoir du culte de ce Dieu , il échappé à la foule des péchés.

25k Accorde donc un regard de bonté à celui qui enivré par l'orgueil de la puissance royale, a méprisé le plus vertueux des hommes, pour que j'échappe, ô toi qui es l'ami des malheureux, à la faute d'avoir dédaigné un sage.

26. Quoique ton égalité d'âme à l'égard de tous les êtres dont tu es l'ami et le parent, en t'enlevant tout orgueil, t'ait rendu impassible, l'outrage fait à un grand homme n'en doit pas moins faire périr bien vite un roi, fût-il même armé de la lance.

PIN DU DIXIÈME CHAPITRE, AYANT PODR TITRE

DIAr.OGUE ENTRE BUARATA L'INSENSji ET RAHÔGANA ,

DANS LE CINQUIÈME LIVRE DU GRAND PURANA

LE BIENHEUREUX BHÂGAVATA

RECUEIL INSPIRÉ PAR BRAHMA ET COMPOSÉ PAR VYASA

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