‹ Le Bhâgavata PurânaChapitre 146 sur 255 · LIVRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIEME

par Tamour des oiseaux au gazouillement indistinct qui y cherchent un asile; d'autres fois redoutant la troupe des lions, il fait amitié avec des grues, des hérons et des vautours.

17. Trompé par ces amis, il se mêle à la foule des cygnes; mais il ne goûte pas leur conduite, et s'allie avec des singes; alors cherchant le honheur des sens dans les plaisirs aimés de ces animaux , il perd de vue le terme de son existence, en échangeant des regards [avec l'être qu'il aime].

18. Se divertissant au milieu des arbres,, attaché à sa femme et à ses enfants, tourmenté par le désir de la volupté, il porte sa chaîne sans espoir de s'en affranchir; quelquefois tombant par imprudence dans la caverne d'une montagne, effrayé à la vue d'un éléphant, il reste suspendu à une branche.

19. Souvent sauvé du danger, il retrouve la caravane; ramené sur cette route<|)ar l'Illusion incréée, l'homme y erre, et personne, aujourd'hui même, ne connaît encore [le terme de son voyage].

20. Quant à toi, ô Rahûgana, renonçant au sceptre, embrassant dans ton affection tous les êtres, quittant ton armure et prenant le glaive de la science aiguisé par le culte de Hari, franchis le terme de ce chemin. ' m

21. Le roi dit : Ah ! que la condition humaine est belle entre toutes les conditions ! Et qu'est-il besoin même des existences supérieures du ciel, si l'on n'y rencontre que rarement des sages magnanimes comme vous, dont l'âme est purifiée par la gloire de Hrïchîkêça?

22. Il n'est pas étonnant que celui dont la poussière de tes pieds a effacé les fautes, éprouve pour Adhôkchadja une dévotion pure, puisqu'un instant d'entretien avec toi a suffi pour chasser de mon esprit la confusion qu'y produisait un faux raisonnement.

25. Adoration aux grands hommes et aux disciples ! Adoration aux jeunes gens et à ceux qui vont revêtir le cordon sacré ! Puissent-ils jouir du bonheur des rois, ces Brahmanes qui parcourent la terre, avec l'extérieur de ceux qui ont renoncé à tout !

24. Çuka dit : C'est ainsi que le fils du Brahmarchi, dont la puissance était immense, plein de compassion pour ce roi qui ne tenait

pas compte de la connaissance de TEsprit^ instruisit le chef des Sindhus; puis ayant reçu^ ô £ds d'Uttarâ, les hommages de Rahûgana qui embrassait ses pieds avec tendresse, maître de son cœur où le mouvement des organes était aussi calme que celui des vagues de rOcéan qui ne déhorde pas , il se mit à parcourir la terre.

25. Le chef des Sâuviras, après avoir reçu de ce sage bienveillant la connaissance complète de TEsprit suprême, renonça aussi à Topinion que le corps est Tâme , opinion que Tignorance avait introduite en son esprit; telle est, ô roi, la puissance de ceux qui se réfugient auprès des sages dont Bhagavat est le refuge.

26. Le roi dit : Ce que tu as appelé tout à Theure, dans ton langage énigmatique, la route de l'existence parcourue par les âmes, ô grand serviteur de Bhagavat, ô toi qui sais tant de choses, est une conception de l'intelligence des sages, que les hommes imparfaits ne comprennent pas aisément. Donne -moi donc une4texplieation suivie du sens de cet obscur mystère.

FIN DU TREIZIEME CHAPITRE , AYANT POUR TITRE : DIALOGUE ENTRE LE BRAHMANE ET RAHÛGANA . , DANS LE CINQUIÈME "LIVRE DU GRAND PURA^ilP, LE BIENHEUREUX BHAGAVATA, RECUEIL INSPIRA PAR BRAHMÎ ET GOMPOSi PAR VYÂSA.

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