‹ Le Bhâgavata PurânaChapitre 15 sur 255 · LIVRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIEME

en naissant dans la maison d' Atri y un dessein qu ils voulaient accomplir; consens, ô mon maître, à me Fexposer.

17. Mâitrêyadit : Poussé à la création par Brahmâ, Atri, le premier de ceux qui connaissent le Vêda, se rendit avec sa femme à la grande chaîne des monts Rïkchas , constamment ferme dans ses austérités.

18. Là, dans une forêt d'Açôkas et de Palâças couverts de bouquets de fleurs, où le bruit des eaux courantes de la Nirvindhyâ se faisait entendre de tous côtés,

19. Le solitaire, s'étant rendu maître de son cœur en retenant sa respiration, se tint pendant cent ans sur un pied, insensible aux impressions agréables ou désagréables , et ne se nourrissant que d*air.

20. c Je cherche un asile auprès de celui qui est le Seigneur même « de Tunivers ; puisse-t-il m'accorder des enfants semblables à moi ! » tel était Tobjet de ses réflexions.

21. Mais voyant les trois mondes consumés par le feu qui sortait de la tête du solitaire, et dont Taliment était Tempire que le sage exerçait sur sa respiration , les trois Dieux ,

22. Dont la gloire est célébrée au loin par les Apsaras, ainsi que par les Solitaires, les Gandharvas, les Siddhas, les Vidyâdharas et les Uragas , se rendirent à son ermitage.

25. Le sage, qui se tenait debout sur un pied, Tesprit illuminé par la présence de cette apparition, vit les che& des Dieux.

24. Après s^être prosterné à terre, il présenta dans ses mains jointes les o£Brandes de l'hospitalité aux Dieux, qui assis, Tun sur un taureau, l'autre sur un cygne, le troisième sur Toiseau Suparna, et parés chacun de leurs attributs distinctifs ,

25. Se faisaient reconnaître au sourire de leur visage qu'animaient des regards pleins de compassion. Fermant ses yeux blessés de tant d'éclat ,

26. Et dirigeant vers les Dieux sa pensée pleine de leur image, le

solitaire, les mains réunies en signe de respect, chanta, d'une voix

douce et harmonieuse, les Êtres les plus vénérables de tous lés

mondes.

4 LE BHÂGAVATA PDRANA.

27. Atri dit : Oui, je reconnais ici Brahmâ, Vichnu, Giriça, qui se partageant les qualités de Mâyâ pour produire, conserver et détruire Tunivers, revêtent, dans chaque Yuga, un corps distinct. Je m'incline devant vous avec respect; mais quel est, dites-moi, celui d'entre vous qui a été ici particulièrement invoqué par moiP

28. G est Bhagavat seul, le premier des Dieux, que, dé^reux d avoir un fils, j'ai pris pour l'objet de ma pensée. Gomment se fait-il donc que vous soyez venus ici, vous qui êtes si loin, même de la pensée des êtres corporels? Dites-le-moi avec bi^iveillance, car ma surprise est extrême.

29. Mâitrêya dit : Après avoir entendu ces paroles, les trois chefs des Dieux, ô guerrier, répondirent avec une voix douce au Rîchi, en lui souriant.

50. Les Dêvas dirent : Oui , elle est conforme à la vérité l'idée que tu t'es faite [de nous] ; la vérité n est pas autrement. Brahmane ! ô toi qui as conçu une bonne pensée 1 cet Être [unique] , objet de ta méditation, c'est nous-mêmes qui sommes devant toi.

51. Aussi te naîtra-t-il des enfants célèbres dans le monde, qui seront des portions de notre propre substance. Bonheur à toi ! ils répandront au loin ta gloire.

52. Après avoir ainsi accédé au solitaire la faveur qui était l'objet de ses désirs^ les chefs des Suras, traités avec respect par les deux époux qui voulaient les retenir, quittèrent l'ermitage d'Atri.

55. D'une portion de Brahmâ naquit Sôma; de Vichnu, Datta qui îat habile dans le Yoga; Durvâsas fut une portion de Çaâikara. Connais maintenant la postérité d'Aggiras.

5ft. Çraddhâ, femme d'Aggiras, lui donna quatre filles, nommées Sintvâli (le jour où la lune est visible), Kuhû (le jour où elle disparaît) , Râkâ (le jour de la pleine lune) et Anumati (le jour où elle est pleine à un doigt près).

55. Elle eut, en outre, deux fils célèbres dans le Manvantara- de Svârôtchicha, savoir : Utathya, qui fut Bhagavat lui-même, et Vrïhaspati, le sage le plus versé dans le Vêda.

Page 1