CHAPITRE XVI
DESCRIPTION DE LA TERRE
1. Le roi dit: Tu as déterminé la circonférence de la terre, en disant qu elle embrassait tout ce que le soleil illumine , et tout ce qu'éclaire la lune avec ia foule des étoiles.
2. Les sept fossés, creusés par les roues du^char de Priyavrata, ont formé les sept océans, ce qui t'a fait dire que la terre était composée de sept continents [entourés d'eau ] ; c'est de tout cela que je désire connaître maintenant la mesure et la description en détail.
3. L'esprit, en effet, s'attachant à la forîne solide de Bhagavat, qui est le produit des qualités, devient capable d'embrasser l'être le plus subtil de tous, qui n'a réellement pas d'attributs, qui est tout lumière, le suprême Brahma, enfin, qu'on nomme le bienheureux Vâsudêva, Consens donc, ô maître, à me décrire cette forme. , .
4. Le Rïchi dit : Non, grand roi, un homme, dût-il y employer la vie d'un Immortel, n'atteindrait pas par la parole ou par la pensée au terme des manifestations des qualités de la Mâyâ dont dispose Bhagavat; aussi te décrirai-je principalement la terre, en t'en donnant le nom, la forme, l'étendue et la définition.
5. Le continent [où nous sommes], qui est le plus central des fruits du lotus de la terre, a une étendue de cent mille Yôdjanas; il est exactement rond, comme une feuille de nymphaea.
6. Il renferme neuf Varchas ou divisions, ayant chacune une largeur de neuf mille Yôdjanas, et séparées les unes des autres par huit montagnes qui en marquent les limites!
7. Jlâvrïta est le Varcha du milieu; de son centre s'élève le Mêru, ce roi des grandes montagnes, qui est entièrement formé d'or, et dfmt la hauteur est égale à Fétendue du continent ; c'est le péricarpe du
lotus de la terre; son sommet a trente- deux mille Yôdjanas [de circonférence], et sa base seize mille , ce qui est la mesure de sa racine sous la terre.
8. Au nord d'Ilâvrïta viennent successivement les Varchas , -Ramyaka, Hiranmaya et Kuru, dont les limites sont formées par les monts Nîla, Çvêta et Çrïggavat, et par la mer d'eau salée qui les baigne aux deux extrémités. Ces monts, qui s'étendent vers l'orient, ont deux mille Yôdjanas de largeur, et ils diminuent successivement d'un peu plus de. la dixième partie de la longueur du premier.
9. Au sud de l'Uâvrïta s'élèvent les monts Nichadha, Hémakûta et Himalaya, qui s'étendent vers l'orient, et ont, comme Nîla et les précédents , dix mille Yôdjanas de hauteur ; ces moBtagnes sont celles du Harivarcha, du Kimpurucba et du Bhârata.
10. A l'ouest et à l'est de l'Ilâvrîta sont les monts Mâlyavat et Gandhamâdana, qui rejoignent les monts Nîla et Nichadha» et ont deux mille Yôdjanas de larg^r.