LIVRE CINQUIÈME
profondeur, et qui s'étendent jusqu'à [l'enveloppe du monde]; ce sont Atala, Vitala, Sutala,Talâtala, Mahâtala, Rasâtala et Pâtâla.
8. Ces deux souterrains sont peuplés de palais, de jardins et de lieux où l'on joue, qu'embellissent des plaisirs, des jouissances, une grandeur, une béatitude, une prospérité et une puissance surnaturelle, supérieurs même aux biens du ciel; c'est le séjour des Dâityas, des Dânavas et des fils de Kadru, qui au milieu de la joie et de l'affection de leurs femmes , de leurs enfants , de leurs parents , de leurs amis et de leurs serviteurs , se livrent aux jeux de la magie , sans que le Seigneur lui-même interrompe leurs plaisirs.
9. Là Maya le magicien a créé des villes, ô grand roi, où les palais, les enceintes, les portes, les salles, les arbres consacrés, les cours et les autels sont formés et ornés d'un choix des plus belles pierreries , et où les maisons des princes de l'Abîme reposent sur un sol factice que décorent des couples de Nâgas, d'Asuras, et des images de colombes, de perroquets et de Sârikas.
10. Là sont des jardins parés de beaux arbres, dont les branches, que des lianes serrent de leurs étreintes, plient sous le poids des fleurs, des fruits et des rameaux florissants, et dont l'éclat ravit
**le cœur et les sens. Avec leurs lacs aux ondes pures peuplés de couples d'oiseaux variés , et dont la surface , couverte de ny m^œas et de lotus bleus, blancs et rouges, est agitée par les sauts des poissons ; avec ces plaisirs que donnent aux sens les voix douces et variées des oiseaux, habitants des forêts de lotus, qu'animé une joie qui dure toujours, ces jardins surpassent en éclat le monde des Immortels.
U. Là sont inconnus les dangers qui accompagnent les diverses divisions du temps, telles que le jour et la nuit.
12. Les joyaux précieux, qui ornent la tête des grands chefs des serpents , y dissipent entièrement les ténèbres.
15. Les habitants de ces régions, grâce à l'usage qu'ils £ont de plantes, de sucs, d'élixirs, d'aliments, de boissons, de bains et d'autres préparations divines, sont exempts de la douleur, des maladies, des rides, de la blancheur des cheveux, de la vieillesse, des changements
de couleur, des exhalaisons désagréables , de la transpiration , de la fatigue, de Tépuisement, enfin des altérations qu amène Fâge.
14. La mort ne peut absolument rien contre ces êtres fortunés, à moins quelle ne soit causée par la splendeur de Bhagavat, qui se cache sous son Tchakra.
15. Quand cette arme se montre au milieu d'eux, les femmes des Asuras efiFrayées voient leur fruit avorter à quatre ou à cinq mois.
16. Dans Atala réside TAsura Bala, fils de Maya; cest lui qui a créé en ce monde les quatre-vingt-dix-neuf déguisements magiques que revêtent encore aujourd'hui les magiciens; quand il bâilla, il sortit de sa bouche trois troupes de femmes, les adultères, les voluptueuses et les débauchées. Ces femmes, après avoir, an moyen de la liqueur Hâtaka, exalté les forces de Thomme qui est entré dans leur demeure souterraine, le comblent, à leur gré, de leurs caresses, de leurs regards, de leurs sourires amoureux, de leurs paroles et de leurs embrassements. Celui qui a pris ce breuvage, croyant, dans Taveuglement de Tivresse , posséder la force de dix mille grands éléphants, s écrie : « Je suis Içvara, je suis un Siddha. »
17. Dans la sphère suivante, celle de Vitala, Hara, surnommé Hâtakêçvara, entouré de la troupe des Bhûtas qui composent son'* assemblée, réside sous la forme de Bhava réuni à Bhavâni, afin de faire prospérer la création du Pradjâpati ; c est de lui que sort la pre* mière des rivières , la Hâtakî , produite par Ténergie féconde des deux divinités. Allumé par le vent, le feu boit cette eau; et ce que sa bouche en rejette est Tor nommé Hâtaka, dont se parent les hommes et les femmes dans les palais des chefs des Asuras.
18. Au-dessous est Sutala, où réside encore aujourd'hui le fils de Virôtchana, Bali, dont la renommée est illustre et là gloire pure. Bhagavat désirant satisfaire Mahéndra, avait pris un corps dans le sein d'Aditi, et paraissant sous la figure d'un Brahmane nain, il avait expulsé Bali des trois mondes usurpés par lui; mais il le replaça par pitié dans cette région, où comblé des gloires dune prospérité inconnue à Indra et aux autres Dieux, ce roi honore sans crainte Bhagavat, l'Être adorable, en accomplissant son devoir.