‹ Le Bhâgavata PurânaChapitre 191 sur 255 · LIVRE SIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIEME

Tinjustice sont déterminées par le Vêda ; le Vêda, c est Nârâyana luimême, c'est Svayaôbhû; voilà ce que nous avons appris.

41. Nârâyana est celui qui fait exister au sein de sa propre splendeur les êtres qui sont le produit des qualités de la Passion, de la Bonté et des Ténèbres, en les diversifiant, comme il convient, par les attributs, les noms, les actions et les formes.

42. Le soleil , le feu , l'atmosphère , le vent , Indra , la lune , le crépuscule, le jour et la nuit, les points de l'horizon, l'eau, la terre, le temps et Dharma sont les témoins de l'âme humaine.

45. Ces êtres signalent l'injustice ; ils déterminent l'objet du châ* timent; tous ceux qui se livrent à l'action méritent d'être punis suivant le degré [de leur faute].

44. En effet, les bonnes actions et leurs contraires, ô vertueux personnages, existent pour celui qui agit, puisque celui-là est en contact avec les qualités; car il n'y a aucun être ayant un corps qui n'accomplisse des actes.

45. L'homme recueille dans l'autre monde le fruit de l'action juste ou injuste qu'il a commise ici-bas, dans la proportion et d'après la manière suivant lesquelles il l'a commise.

46. Tout comme c'est à la différence des qualités, ô Dieux excellents, qu'on reconnaît en ce monde les trois conditions entre lesquelles se partagent les êtres , c'est aussi de la même manière qu'on en conclut l'existence pour l'autre monde.

47. De même que la saison où l'onse trouve indique les qualités des deux saisons semblables, [l'une qui est passée, l'autre qui doit venir,] ainsi l'existence actuelle de l'homme témoigne de la vertu ou des vices de ses deux autres existences, celle du passé et celle de l'avenir.

48. C'est par la pensée seule que le divin Bhagavat, l'Etre incréé, reconnaît dans la ville [ du corps ] la forme précédente qu'a revêtue l'homme, et c'est aussi par la pensée qu'il conclut sa forme future.

49. Semblable à un ignorant qui plongé dans les ténèbres, ne s'attache qu'à ce qui est sensible, ainsi l'homme qui a perdu le souvenir de ses existences antérieures, ne voit ni ce qui a précédé le moment présent, ni ce qui le suivra.

50. Avec cinq organes , il exécute ses desseins ; avec cinq autres organes, il connaît les cinq attributs sensibles; seul, il saisit les trois qualités avec le [cœur, cet organe] composé de seize parties auxquelles il se joint pour faire la dix-septième.

51. C'est là ce corps subtil, formé de seize parties, produit par la triple énergie des qualités, et grand [par sa durée infinie], qui condamne Tesprit à ces retours successifs dans le monde, où il trouve la joie , le chagrin , la crainte et la douleur.

52. Uni au corps, l'esprit ignorant et qui n'a pas vaincu ses six adversaires, est forcé malgré lui d'accomplir des actions; s'énveloppant, comme le ver à soie, de son œuvre, il tombé dans le trouble de l'erreur.

55. Personne , en effet , ne resta jamais un seul instant sans agir; l'homme est, malgré lui, forcé d'agir par les qualités de sa nature.

54. Sous l'influence d'une cause invisible, l'être reçoit de sa nature propre qui est toute-puissante, une forme soit matérielle, soit subtile, suivant la matrice ou la semence qui le créent.

55. Tel qui, à cause de son union avec la Nature, était opposé à l'Esprit, arrivera bientôt à l'anéantissement, grâce à son union avec le Seigneur.

56. Cet homme a été jadis un Brahmane, doué de la connaissance des Écritures; c'était un asile de moralité, de bonne conduite et de vertus; il était ferme dans son devoir, doux, maître de lui, véridique, pur et instruit dans les Mantras.

57. Il respectait ses Gurus , le feu , ses hôtes et les vieillards ; exempt d'égoïsme , il avait de l'affection pour tous les' êtres ; il était bon, silencieux et sans jalousie.

58. Un jour que, pour obéir à son père, il était allé dans la forêt, il en revenait, après y avoir ramassé des firuits, des fleurs^ du bois et des tiges de Kuça.

59. Il vit un Çudra livré à l'amour avec une esclave qui roulait des yeux troublés par l'ivresse, où la plongeait le breuvage fermenté qu'elle avait bu.

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