‹ Le Bhâgavata PurânaChapitre 196 sur 255 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

ÉPISODE D'ADJÀMILA,.

1 . Le roi dit : Quand Dharmarâdja eut entendu ce que venaient de lui raconter ses serviteurs repoussés par les messagers de Murâri , que leur répondit le Dieu sous l'empire duquel est le monde entier, et dont les ordres avaient été ainsi enfreints ?

2. Jamais, ô Rïchi, je nai entendu dire auparavant que personne se fût opposé ma châtiment infligé par le divin Yama; nul autre que toi ne peut expliquer ce qui doit être un objet de doute pour le monde; cest là ma conviction.

5. Çuka dit : Les envoyés de Yama, à la tentative desquels s'étaient opposés les hommes de Bhagavat, vinrent raconter leur défaite à leur roi, le souverain de Samyamanî.

. 4. Les messagers de Yama dirent : Combien donc , Seigneur, existe-t-il de souverains en ce monde, qui aient le droit de proclamer la récompense des œuvres aux hommes qui commettent des actions de trois espèces ?

5. S'il y avait dans le monde plusieurs rois portant le sceptre du châtiment, quel est celui qui obtiendrait, ou quel est celui qui n'obtiendrait pas la mort ou l'immortalité ?

6. Il y a plus , s'il y avait en ce monde pluralité de souverains, parce qu'il y a pluralité d'hommes agissants, la souveraineté ne serait qu'un vain nom, comme est celle des simples souverains d'une province.

7. C'est pourquoi tu es le maître suprême et unique des créatures et de leurs rois; c'est toi qui commandes, qui punis les hommes, qui sais distinguer le bien du mal.

8. Cependant aujourd'hui la peine que tu as décrétée n a pu être

infligée dans le monde ; tes ordres ont été enfreints par quatre Siddhas merveilleux.

9. Au moment où, par tes ordres, nous conduisions un pécheur dans la demeure des supplices , ils l'ont délivré en brisant violemment ses chaînes.

10. Nous désirons apprendre de toi qui ils sont, si tu crois que cela nous sera utile ; à Tinstant où le coupable criait « Nârâyana , » ils sont accourus aussitôt en lui disant : « N'aie pas peur. »

11. Çuka dit: Ainsi interrogé par ses messagers, le divin Yama qui châtie les mortels leur répondit avec joie, en songeant au lotus des pieds de Hari.

12. Yama dit : Il est un autre souverain que moi du monde mobile et immobile; c'est celui en qui repose le tissu de l'univers dont il est comme la trame et le fil; celui dont les portions conservent, créent et détruisent toutes choses; celui à la volonté duquelle monde est soumis , comme l'animal attaché par les naseaux.

15. C'est celui qui sous des noms divers enchaîne les êtres par le lien de sa parole, comme on retient les taureaux avec des cordes; celui auquel les créatures, attachées par leurs noms et par leurs œuvres, apportent l'ofirande en tremblant.

14. Si Mahêndra, Nirrïti, Pratchêtas, Sôma, Agni, Iça, Pavana, Arka, Virintcha; si les Adityas, les Viçvas, les Vasus, les Sâdhyas, les troupes des Maruts, celles des Rudras et des Siddhas;

15. Si moi-même et les autres Créateurs de l'univers, chefs des Immortels, comme Bhrigu et les autres sages, qui sont à l'abri de la Passion et des Ténèbres et en qui domine la Bonté, nous n'avons pu connaître ses desseins parce que nous sommes atteints par sa Mâyâ, comment d'autres y parviendraient-ils ?

16. Cet Etre, qui est l'âme même résidante au sein de toutes les âmes, que les créatures ne peuvent saisir ni par les sens, ni par le soufile, ni par le cœur, ni par le Manas, ni par la parole, pas plus que les formes ne peuvent voir l'œil qui leur est supérieur ;

17. Cet Etre indépendant, souverain, suprême, maître de l'Illusion, Hari enfin, la grande âme, a des messagers qui parcourent

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