‹ Le Bhâgavata PurânaChapitre 204 sur 255 · LIVRE SIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIEME

20. Le père , c est la science : comment Thomme qui ne connaît pas ses ordres touchant l'inaction , pourrait-il , avec la confiance qu'il accorde aux qualités, marcher selon ses enseignements?

21. Les Haryaçvas unanimes dans leurs pensées étant arrivés à cette conviction, tournèrent autour de Nârada avec respect, et entrèrent dans la voie d'où l'on ne revient plus.

22. Et le solitaire qui tient sa pensée indissolublement unie au lotus des pieds de Hrïchikéça que manifeste le Vêda , se mit de nouveau à parcourir le monde.

25. En apprenant que Nârada était la cause de la perte de ses fils qui brillaient par la vertu ^ Dakchà pénétré de douleur se lamenta d'avoir donné le jour à des enfants vertueux qui sont souvent une source de regrets.

26. Mais consolé par Adja, Dakcha eut encore de la fille de Pantchadjana des milliers de fils nommés les Çavalâçvas.

25. Chargés aussi par leur père d'accomplir la création des êtres, ces hommes, fermes dans leurs desseins, se rendirent à l'étang de Nârâyana, où leurs frères aînés étaient parvenus à la perfection.

26. Purifiés, par le seul contact de ses eaux, des souillures quavaient contractées leurs cœurs; répétant à voix basse le nom suprême de Brahma, ils s'y livrèrent à de grandes austérités.

27. Ne se nourrissant que d'eau pendant quelques mois, et pendant d'autres que d'air, ils honorèrent Idaspati (Viçhnu) en récitant ce Mantra :

28. « Om 1 Adressons notre adoration àr Nârâyana, qui est Purucha » la grande âme, qui est le séjour de la pure qualité de la Bontié, qui c( est le grand Brahma. »

29. Nârada voyant que ces sages pensaient à reprendre l'œuvre de la création, se rendit auprès d'eux et leur tint, comme à leurs frères, un langage énigmatique.

50. Fils de Dakcha, leur dit-il, écoutez les conseils que je vous donne; suivez, vous qui avez de l'aflPectioh pour vos frères, la voie où ils ont marché.

5L Le frère qui connaissant la loi, suit la route que lui ont tracée

ses frères , est un ami de la vertu qui obtient de jouir du bonheur avec les Maruts.

32. Ayant ainsi parié, Nârada dont le regard est infaillible se retira; et les fils de Dakcha, ô roi respecté, entrèrent dans la voie qu'avaient suivie leurs frères.

55. Marchant, comme leurs aînés, d'une manière régulière dans la voie qui ramenant l'homme au dedans de lui, le conduit à l'Etre suprême, ils ne revinrent pas plus que ne reviendront les nuits déjà écoulées.

54. En ce temps-là le Pradjâpati voyant de nombreux prodiges, apprit que la mort de ses enfants était, comme celle de leurs aînés, l'œuvre de Nârada.

55. Désolé de la perte de ses enfants, il se mit en fureur contre Nârada, et la lèvre tremblante de colère, il parla ainsi au Rîchi.

56. Dakcha dit : Ah ! méchant, avec ton extérieur qui est celui des gens de bien , tu m'as fait du mal en enseignant à mes fils vertueux la voie des ascètes qui mendient.

57*. [En leur donnant ce conseil] avant qu'ils eussent acquitté les trois dettes [de la vie] et qu'ils eussent accompli des œuvres, tu as détruit leur bonheur pour ce monde et pour l'autre.

58. Et cependant, homme sans pitié, toi qui te plais à troubler l'esprit des enfants, tu te montres avec impudence au milieu des serviteurs de Hari dont tu détruis la gloire.

59. Certes ils éprouvent une constante sollicitude pour tous les êtres, les serviteurs de Bhagavat, toi excepté, toi l'ennemi de la bienveillance, qui fais du mal à ceux qui ne t'en veulent pas.

40. Non, quoi que tu penses de la quiétude qui tranche le lien de l'afiection , tes conseils , ô toi qui n'as que l'apparence trompeuse du sage, ne conduiront jamais les hommes au détachement.

41. Il ne sait rien, l'homme qui n'a pas éprouvé d'impression cuisante des objets ; mais une fois qu'il l'a ressentie, il se dégoûte luimême du monde, bien mieux que celui dont des êtres supérieurs rompent les desseins.

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