‹ Le Bhâgavata PurânaChapitre 211 sur 255 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

Adja, le Dieu né de lui-même, leur parla pour les consoler,^ avec le sentiment d'une extrême compassion.

21. Brahmâ dit : ô vous, chefs des Suras, vous avez commis une grande faute, lorsque enflés par votre puissance, vous n'avez pas accueilli avec respect un Brahmane maître de lui-même et si profondément versé dans le Vêda.

22. Le résultat de cette conduite coupable a été la victoire de vos ennemis, qui précédemment abaissés par vous, viennent de détruire votre prospérité.

25. Vois, ô Magbavan, tes ennemis vaincus jusqu'alors , relever de nouveau leur fortune^ par l'effet de l'insulte que tu as faite à ton précepteur, et de la dévotion avec laquelle ils ont honoré Kâvya (U^nas); oui, ceux qui font des Bhrïgus leur Divinité, seraient capables de s'emparer même de ma demeure.

24. Quel cas peuvent-ils faire du ciel, les hommes qui ont appris des Bhrïgus là signification des Mantras invincibles qu'ils en ont reçus ? Ceux qui reconnaissent pour maîtres les Brahmanes , Gôvinda et les vaches , sont à l'abri de tous les malheurs ; ils sont les souverains des hommes.

25. Rendez -vous donc promptement auprès du fils de Tvachtrï, auprès de Viçvarûpa, ce Brahmane livré à une vie de pénitence et maître de lui-même; honoré par vous,, il vous donnera le sens [des prières], si vous tolérez sa conduite.

26. Çuka dit : Ainsi conseillés par Brahmâ, les Dieux, ô roi, délivrés de leurs inquiétudes , se rendirent auprès du Rïchi , fils de Tvachtrï, et l'ayant embrassé, ils lui parlèrent en ces termes.

27. Les Dêvas dirent : Nous voici venus dans ton ermitage en qualité d'hôtes; puisse le bonheur être avec toi, et puissçs-tu, ami, satisfaire les désirs de ceux qui sont comme tes pères, désirs qui sont convenables pour la circonstance !

28. En efiFet, le premier devoir pour des fils vertueux, est d'obéir à leur père, lors même qu'ils ont des enfants, ô Brahmane ; que sera-ce donc s'ils vivent dans la chasteté ?

29. Un précepteur est la forme de Brahmâ; un père est celle du

Chef des créatures; un frère est celle d'Indra, chef des Maruts; une mère est le corps même de la terre.

50. Une sœur est la forme de la pitié ; un hôte est réellement celle de la justice; un visiteur est celle d'Agni; la totalité des êtres est la forme de l'Esprit.

51. C'est pourquoi, ami, dissipant par tes austérités la douleur que nous cause, à nous qui sommes tes pères, la victoire de nos ennemis, daigne nous communiquer Tinstruetion que tu possèdes.

52. Nous te choisissons pour notre maître, pour notre précepteur spirituel , car tu es le Brahmane le plus versé dans le Vêda , afin que par ta splendeur nous puissions promptement triompher de nos adversaires.

55. On n'est pas blâmable de se prosterner, quand il s'agit d'un but utile , aux pieds d'un homme plus jeune que soi; l'âge sans le Vêda, ô Brahmane, n'est pas une cause de supériorité.

56. Çuka dit : Sollicité par les troupes des Suras qui le d^iraient pour prêtre domestique, le grand pénitent Viçvarûpa leur répondit avec bienveillance et d'une voix douce.

55. Viçvarûpa dit : Les hommes habiles dans la loi blâment l'emploi inutile qu'on fait de la splendeur due au Véda ; mais un homme comme moi, seigneurs, pourrait-il repousser la prière des Chefs des mondes , lui qui est leur disciple P leur obéir est son véritable intérêt.

56. Le glanage, il est vrai, est la richesse du pauvre, car il peut par ce moyen accomplir ici-bas les devoirs de l'hospitalité envers les gens de bien; comment donc, seigneurs, remplirais-je les fonctions peu estimées de prêtre domestique, qui font la joie de l'insensé?

57. Je ne dois cependant pas repousser la prière de mes maîtres, quelle qu elle soit; oui , j'emploierai ma vie même et tous mes moyens pour exécuter tout ce que vous demanderez.

58. Çuka dit: S'étant engagé par cette promesse, le grand pénitent Viçvarûpa se livra, avec une méditation profonde, aux devoirs de prêtre domestique, pour lesquels il avait été^^hoisi.

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