LIVRE SIXIEME
souverain, dont la grandeur est incompréhensible, qui n est pas fait pour être un sujet de discussion entre ceux qui raisonnent d'après les fausses idées conçues dans une intelligence o£Pusquée par des livres pleins de doutes, de discussions, de recherches, de preuves, d'arguments trompeurs et de mauvais raisonnements incapables d'atteindre jusqu'à lui; si cet Etre, devant qui s'arrêtent toutes les créations de Mâyâ, et qui est absolu, fait rentrer en son sein FIllusion dont il dispose, qu'y a-t-il là d'inconciliable, puisqu'il n'a réellement qu'une seule forme?
56. Si tu parais favorable ou contraire, c'est que tu te conformes aux idées de ceux qui te croient tel; ainsi un bout de corde prend, suivant les idées du $pec1;^ateur, l'apparence d'un serpent ou de tout autre corps.
57. C'est qu'il est en réalité l'essence qui est dans toute essence, le souverain de toutes choses , la cause de toutes les causes de l'univers , et qu'ayant pour attributs tous les phénomènes visibles des qualités , parce qu'il est l'Esprit intérieur de toutes les créatures, il est l'Être unique qui reste [après que toute autre chose a disparu]-
58. Comment pourraient-ils, ô toi qui produis le nectar, abandonner le culte du lotus de tes pieds, où cesse la révolution du monde, ces hommes vertueux qui connaissent si bien leur but, et pour qui leur âme est l'ami le plus cher; ces hommes dévoués à Bhagavat, qui après avoir savouré une seule fois une goutte de l'ambroisie puisée à l'océan de ta grandeur, ont vu la béatitude qui remplissait incessamment leur âme, y effacer le souvenir de ces faibles images de bonheur que nous présentent le monde et l'Écriture, et n'ont cessé de tenir leur cœur profondément absorbé au sein de Bhagavat, l'ami le plus cher de tous les êtres et l'âme universelle ?
59. toi dont les trois mondes sont le corps et la demeure, toi qui as fait trois pas [pour les franchir], qui as trois yeux, qui ravis les trois mondes par l'expression de tes sentiments; si reconnaissant qu'il n'était pas temps pour les fils de Diti et de Danu , quoiqu'ils fussent des manifestations de ta personne, d'exercer leur puissance, tu as pu. Dieu vengeur, revêtir, à l'aide de ta Mâyâ, des formes de