‹ Le Bhâgavata PurânaChapitre 236 sur 255 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

des marchands, les conseillers, les habitants des villes et des campagnes , les rois et tes enfants obéissent-ils à ta volonté ?

20. Celui qui est maître de son cœur, voit tout le reste lui obéir; tous les mondes, ainsi que leurs Gardiens, ne se lassent pas de lui apporter le tribut.

21. Que la cause en- vienne de toi ou d'un autre, tu ne jouis pas de la satisfaction de Tâme; je reconnais, à ton visage altéré par le chagrin, qu'il manque quelque chose à tes désirs.

22. Çuka dit : interrogé ainsi avec doute par le solitaire qui cependant connaissait la vérité, le roi qui désirait avoir des enfants, lui répondit ainsi en inclinant la tête avec respect.

25. Tchitrakêtu dit : Seigneur, ne connaissent- ils pas tout, au dedans ou au dehors des âmes, les Yôgins qui se sont dépouillés de leurs lautes par les austérités, la science et la méditation?

26. Je répondrai toutefois à tes questions, ô Brahmane, en fexposant la cause de mes soucis, quoique tu ne Tignores pas, et seulement pour obéir à tes ordres.

25. Les félicités de la domination universelle et d'une puissance digne d'être enviée par les Gardiens du monde eux-mêmes , ne me satisfont pas plus, privé comme je le suis d'enfants, que les choses impropres 'k là nourriture ne contentent l'homme pressé par la faim et par la soif.

26. Protége-moi donc, sage fortuné, et fais en sorte que je puisse, grâce à la possession d'un fils, traverser les Ténèbres infranchissables au milieu desquelles je tombe avec mes ancêtres.

27. Çuka dit : Ainsi sollicité, le bienheureux fils de Brahmâ, ce sage compatissant, ayant fait bouillir l'ofiFrande dans le vase consacré à Tvachtrï, offrit le sacrifice à cette divinité.

28. Puis il donna ce qui restait du sacrifice à la première et à la plus âgée des femmes du roi, qui se nommait Krïtadyuti.

29. Il dit ensuite au roi: Tu auras un fils unique, seigneur, qui sera pour toi une cause d^ douleur et de joie ; et ayant ainsi parlé, le fils de Brahmâ s'éloigna.

50. La reine Krïtadyuti n'eut pas plutôt mangé cette portion de

loffrande/ quelle devint enceinte du roi Tchitrakêtu, comme tikâ qui eut un fils du Dieu Agni;

51 . Le fruit déposé dans son sein par Fénergie du roi des Çûrasénas croissait peu à peu chaque jour^ comme la lune pendant sa période lumineuse.

52. Quand le temps fut venu, la reine mit au monde un enfant mâle, et cette nouvelle remplit d*une allégresse extrême les habitants du Çûrasêna« .

55. Le roi, au comble de la joie, après avoir pris un bain, et s'être purifié et paré de ses ornements, appela sur son fil$.les bénédictions des Brahmanes et fit célébrer la fête de la naissance.

5A. U leur distribua de Tor, de l'argent, des étofies , des parures, des villages, des chevaux, des éléphants, et six cents millions de vaches.

55. Semblable à Pardjanya, ce prince magnanime répandit toutes sortes de biens sur ses autres sujets, et combla son fils de tout ce qui pouvait assurer sa richesse, sa gloire et son existence.

56. L'amour du Rïchi des rois pour ce fib qu'il avait eu tant de peine à obtenir, croissait chaque jour, semblable ^ l'attachement du pauvre pour l'argent qu'il* n'a gagné qu'avec peine.

57. Sa mère Kritadyuti éprouvait pour cet enfant une tendresse extrême dont l'excès naissait de l'erreur, tandis que les autres reines Ses rivales ne ressentaient que le chagrin de désirer vainement d'être mères.

58. Tchitrakêtu, qui ne songeait chaque jour qu'à flatter son enfant, n'éprouvait pas pour ses autres femmes la même a£fecticm que pour celle qui lui avait donné un fils.

50. Ces femmes s'adressaient à elles-mêmes des r^roches inspirés par la jalousie, et souffraient à la fois du malheur de n'avoir pas d'enfants et de l'indifférence du roi.

40. Malheur, se disaient-elles, à la femme stérile, à la femme coupable, qui n'est estimée ni de son mari, ni de sa maison, et qui est dédaignée comme une esclave par ses rivales qui ont de beaux enfants !

kl. Mais de quoi auraient à se plaindre des esclaves qui servent

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