‹ Le Bhâgavata PurânaChapitre 250 sur 255 · LIVRE SIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIEME

Indra leur accorda à tous une forme semblable à la sienne, et ils n'eurent pas de postérité.

19. Le roi dit: Gomment, ô mon maître, les Maruts ayant dépouillé la nature d'Asuras qu ils tenaient de leur origine, obtinrentils d'Indra Tavantage de partager sa divinité, et quelle bonne action firent-ils pour cela ?

20. Ces Rïchis rassemblés ici, 6 Brahmane, sont, comme moi, pleins de foi dans tes paroles ; daigne , seigneur, nous expliquer cela , pour que nous le comprenions parfaitement.

SÛTA dit:

21. Ayant entendu les paroles brèves, pleines de sens et dignes de respect du prince donné de Vichnu, Vâdarâyani, ce sage à qui tout est connu, les accueillant avec un esprit modeste, lui répondit ainsi, ô toi qui vis au milieu des sacrifices.

22. Çuka dit : Quand Diti vit ses fils tués par Vichnu qui avait fait de Çakra son général, toute brûlante d'un courroux qu'enflammait la douleur, eUe se livra aux réflexions suivantes :

25. Quand donc pourrai-je me reposer heureuse, après avoir mis à mort cet assassin de ses frères, ce pécheur qui ne trouve de plaisir que dans les jouissances des sens, ce Dieu violent et au cœur impitoyable ?

ik. Des vers, des ordures, de la cendre, ce sont là les noms que mérite ce Dieu qui se fait appeler souverain; est-ce connaître son intérêt que de faire, pour son propre avantage, du mal aux créatures, crime dont le résultat est l'Enfer ?

25. Puisse-t-il me naître un fils qui calme l'ivresse de cet Indra, dont l'esprit méconnaissant tout frein , se flatte que ce monde est étemel I

26. Pleine de ces pensées, elle s'appliqua en toute occasion à se rendre agréable à son mari; sa soumission, son amour, son respect, sa résignation,

27. Sa dévotion profonde, 6 roi, ses belles et séduisantes paroles,

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ses regards accompagnés de gracieux sourires , enfin sa connaissance de tous les sentiments, lui conquirent le coeur de son mari.

28. Ainsi fasciné, quoiqu'il eût la science, par cette femme habile, Kaçyapa cédant à son empire, lui promit ce qu'elle lui demandait; il n y a rien d'étonnant dans ce succès d'une femme.

29. Car ayant remarqué, dans le commencement, que les êtres restaient isolés, le Chef des créatures avait fait de la femme, cet être qui ravit aux hommes la raison , la moitié de son propre corps.

50. Ainsi rendu docile par sa femme, le bienheureux Kaçyapa, plein d'une joie extrême, tint en souriant ce langage à Diti qu'il approuvait.

51. Kaçyapa dit : Choisis un don, ô belle femme; je suis content de toi , épouse irréprochable ; quand une femme a su satisfaire son mari, qu'y a-t-il de refusé à ses désirs dans ce monde et [dans l'autre ] ? •

52. Un mari, on le sait, est pour une femme la Divinité suprême; c'est Vâsudêva lui-même, l'époux de Çrî, qui réside dans le cœur de tous les êtres.

55. C'est Bhagavat, en effet, qui sous les attributs des Divinités diverses que distinguent leurs noms et leurs formes variées, reçoit le sacrifice des hommes et celui des femmes, pour lesquelles il revêt la figure de leur mari.

56. Aussi les femmes dévouées à leurs maris, qui désirent leur propre bonheur, sacrifient-elles, avec une affection exclusive, à l'Esprit, au Seigneur suprême qui est leur époux.

55. Puisque j'ai été honoré par toi, vertueuse épouse, avec une dévotion inspirée par de tels sentiments, je t'accorderai l'objet de tes désirs, bonheur refusé à celles qui ne sont pas vertueuses.

36. Diti dit : Si tu consens à me faire un don, 6 Brahmane, accorde-moi un fils qui n'ait rien à craindre de la mort et qui tue Indra, dont la main m'a ravi mes deux enfants.

57. Çuka dit : Ayant entendu ces paroles, le Brahmane hors de lui fut pénétré de repentir : Hélas! [s'écria-t-il,] quelle énorme injustice ne viens-je pas de commettre aujourd'hui !

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