‹ Le Bhâgavata PurânaChapitre 252 sur 255 · LIVRE SIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIEME

Diti en faute; aussi ie Dieu puissant tomba-t-il dans un chagrin profond, et il se dit ; Qui viendra ici à mon secours?

59. Cependant un jour, au crépuscule du soir, fatiguée par ses dévotions et oubliant la règle, elle s'endormit, gardant des restes de son repas sur ses vêtements, et n ayant ni rincé sa bouche, ni lavé ses pieds.

60. Saisissant cette occasion, Çakra, ce maître du Yoga, pénétra, à Taide de Tlllusion dont le Yoga donne le pouvoir, dans le sein de Diti, à qui le sommeil avait enlevé le sentiment.

61. Il partagea en sept parties, avec sa foudre, le fruit brillant comme For qu'elle portait ; et de chacune de ces parties qui pleuraient, il en fit sept autres, en leur disant : Ne pleurez pas.

62. Au moment où il les divisait, les Maruts, les mains réunies en signe de respect, lui parlèrent ainsi : Pourquoi dcînc veux-tu nous mettre à mort, ô Indra? nous sommes tes frères.

65. N'ayez pas peur; vous êtes mes frères, répondit Kâuçika ( Indra ) aux troupes des Maruts , qui partagèrent la nature du Dieu et formèrent son assemblée.

64. Grâce à la faveur du Dieu au sein duquel Çrî repose, le fruit de Diti ne mourut pas plus, lorsqu'il fut divisé en plusieurs parties par la foudre, que tu ne mourus toi-même, quand tu fus frappé par le javelot du fils de Drôna.

65. L homme qui a sacrifié, ne fut-ce qu'une seule fois, à Adipurucha, obtient de devenir semblable à lui; or comme Diti avait honoré Hari pendant une année presque complète,

66. Ses fils devinrent les Dieux Maruts qui avec Indra forment le nombre de cinquante Divinités; dépouillant le vice de leur naissance, ils durent à Hari la faveur de boire le Sôma.

67. Diti , en se réveillant, vit ces jeunes Divinités brillantes comme le feu, qui étaient en compagnie d'Indra; la Déesse irréprochable fut remplie de joie.

68. Puis elle s'adressa ainsi à Indra : C'est dans le désir d'avoir un enfant qui fût la terreur des Adityas, que j'ai, ami, entrepris cette rude pénitence.

69. Comment se fait-il quau lieu du fils unique que je désirais, j'en voie ici quarante-neuf? Si tu connais, enfant, la vérité, dîs-lamoi fidèlement.

70. Indra dit; ma mère, dès que j'ai eu connu ton dessein, je me suis rendu auprès de toi; et surprenant un intervalle dans tes dévotions, j'ai frappé ton fruit, ne songeant qu'à mon intérêt, et méconnaissant la justice. '

71. Ce fruit, coupé par moi en sept parties, a formé sept jeunes enfants; et chacun d'eux à son tour, quoique coupé en sept, n'a pu mourir encore.

72. A la vue de cette merveille surprenante, j'ai réfléchi et je me suis dit : Il y a là quelque vertu surnaturelle qui est la conséquence du culte rendu à Mahâpurucha.

73. Les hommes qui se livrent au culte de Bhagavat n'ont plus à former aucun vœu; mais ceux qui ne désirent même pas le ^bien suprême, passent pour connaître le mieux leur intérêt.

74. Quel est le sage qui après avoir honoré le Seigneur de l'univers, le Dieu qui se donne lui-même aux êtres dont il est l'âme, irait désirer les jouissances que procure le contact des qualités, jouissances qui se trouvent même dans l'Enfer ?

75. Pardonne à un insensé, mère généreuse, cette mauvaise action; bonheur à toi! ton fruit, qui avait été mis à mort, est ressuscité.

76. Çuka dit : Après avoir pris congé de Diti, qui, grâce à son naturel plein de pureté, était satisfaite, le puissant Indra s'inclina devant elle avec les Maruts, et se rendit dans le ciel.

77. Je viens de te raconter ainsi tout ce qui a fait l'objet de tes questions, l'heureuse naissance des Maruts; que désires-tu que je te raconte encore ?

FIN DU IHX-HUITlàME CHAPITRE, AYANT POUR TITRE:

NAISSANCE DES MARUTS,

DANS LE SIXIEME LIVRE DU GRAND PURÂÇA

LE BIENHEUREUX BHÀGAVATA,

RECUEIL INSPIRA PAR BRAHMÂ ET COMPOSA PAR VT&SA

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