‹ Le Bhâgavata PurânaChapitre 43 sur 255 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

seule que je connaisse,] je ne vois pas celle qui lui est supérieure et que le langage ne peut décrire.

1&. Cet Etre qui, à la fin de chaque Kalpa, renfermant dans son sein Tunivers, dort, ramenant à lui sonjregard, sur la couche du ser-

peut Ànanta son ami; cet Etre dont le nombril, semblable à TOcéan, a produit le lotus doré des mondes , au centre duquel paraît l'éclatant Brahmâ; cet Être qui est Bhagavat, je m'incline devant lui.

15. Toi qui es perpétuellement libre, qui es parfaitement pur et savant, qui es l'Esprit, qui es immuable, qui es le Purucha primitif, qui es le Bienheureux et le maître souverain des trois qualités, tu es distinct [de l'âme individuelle], puisque, de ton regard qui ne se repose jamais, tu vois les divers états de l'intelligence, toi qui, en tant que Dieu conservateur, es le Chef du sacrifice.

16. Ce Brahma au sein duquel ne cessent d'apparaître les diverses énergies de la science et des autres facultés, en suivant un ordre contraire [ à celui de leur absorption ] , ce Brahtna duquel sort l'univers, qui est unique, infini, primitif, inaltérable, essentiellement heureux, c'est auprès de lui que je cherche un asile.

17. Sans doute le lotus de tes pieds, ô t<H qui as pour forme ce que l'homme désire le plus, est la véritable bénédiction de la bénédiction même, pour celui qui te rend ainsi un culte [désintéressé]: et cependant. Seigneur, Bhagavat protège les malheureux comme moi, avec l'empressement inquiet de la bienveillance, de même qu'une vache veille sur son jeune veau.

18. Mâitrêya dit : Célébré de cette manière par cet enfant sage et dont les pensées étaient justes, Bhagavat, qui est attaché à ses serviteurs, lui répondit ainsi en l'approuvant.

19. Bhagavat dit : Je connais, fils de roi, le dessein que tu as conçu dans ton cœur; je t'en accorde le succès, enfant vertueux, quoiqu'il soit difficile à obtenir, et puissç le bonheur être avec toi!

20. Je t'accorde un lieu qui n'a jamais été occupé par personne, vertueux enfant,, un lieu éclatant de splendeur, dont le sol est ferme, où est placé le cercle des lumières célestes, des planètes, des constellations et des étoiles , qui tournent tout autour, comme les

bœufs [qui foulent le grain], autour de leur jpoteau, et qui subsiste immobile même après que les habitants d'un Kalpa [ont disparu].

21. Autour de ce lieu tournent avec les astres, en le laissant à leur droite, Dbarma, Âgni,«Kaçyapa^ Çakra et les solitaires qui vivent dans la forêt.

22. Quand ton père se sera retiré dans la forêt, après t'avoir laissé l'empire, tu gouverneras la terre pendant trente-six miUe ans^ attaché à la justice et maître de tes sens.

23. Ton frère Uttama sera tué à lâchasse, et sa mère, ne pensant qu'à lui , ira dans la forêt pour le chercher, et périra ati milieu de l'incendie d'un bois.

2a. Après m!avoîr offert, à moi dont le sacrifice est l'essence, des sacrifices accompagnés de présents nombreux, après avoir joui en ce monde d'une félicité véritable, tu te souviendras de moi au moment de terminer ta vie.

25. Ensuite tu monteras dans ma demeure qui est un objet de respect pour tous les mondes, qui est placée au-dessus des [sept] Rïchis, et d'où le sage ne revient plus [sur la terre].

26. Mâîtréya dit : Bhagavat, dont Garuda est l'étendard, ayant ainsi promis à Dhruva une place dans sa demeure , partit , sous les yeux de l'enfant qui le saluait avec respect. ^

27. Mais Dhruva, quoique ayant obtenu, grâce au culte des pieds de Vichnu, l'objet de ses désirs dont la possession lui était assurée , rentra cependant, non sans regret, dans la ville.

28. Vidura dit : Gomment un sage, qui connaissait si bien son intérêt, après avoir obtenu dans une seule et même existence, grâce au culte des pieds de Hari, le séjour suprême, ce séjour si peu accessible à l'homme, jouet de Mâyâ, comment, dis-je, un tel sage put-il se regarder comme n'ayant pas atteint son but?

29« Mâitrêya dit : Blessé au cœur par les paroles de sa belle* mère, comme par des flèches, et gardant le souvenir de cet affront, ce n'était pas la délivrance qu'il avait demandée au Dieu qui la donner aussi le repentir s emparà-4;'^il de lui.

50. Dhruva dit : Après être parvenu en six mois à me réfugier à

Page 1