LIVRE QUATRIEME
ire des pieds* de celui dont Sananda et «es chastes frères nont connu la demeure qu'après de nombreuses existences passées dans la méditation, je le quitte en songeant encore à des distinctions.
51. Hélas! voyez la* folie d'un malheureux comme moi, qui, après avoir adoré les pieds du Dieu qui anéantit Texistence, demande encore un bien qui doit finir.
52. Mon esprit a été troublé par les Dieux, qui ne -sont descendus qu'à regret [pour moi sur la terre], puisque je nai pu, dans mon ignorance, comprendre les paroles si vraies' de Nâfada.
55. Enveloppé par la divine Mâyâ, je vois des distinctions, comme un homme qui rêve; et, en présence d'wn autre être qui n'a cependant pas d'existence réelle, jesoufire de douleur en pensant que cet être qui est mon frère «est pour moi un ennemi.
sa. Ce que j'ai désiré m'est aussi^ inutile qu'un raédicaknent à l'homme qui a perdu la vie ; après m'être attiré par mes pénitences la (faveur du Dieu, âme de runivers, dont la bienveifiance est si difficile à obtenir, j'ai,' dans mon malheur, demandé l'existence à celui qui peut en exempter.
55. Oui, j'ai eu assez= peu de vertu pour* solliciter la satisfaction de mon fol orgueil du Dieu qui peut m'associer à sa grandeur; j'ai fiait comme le pauvre qui demande à un roi quelques grains de riz.
56. Mâitrêya dit: C'est que les hommes qui sont comme toi, ami, passionnés pour la poussière du lotus des pieds de Muktinda, se trouvent satisfaits de ce que le hasard leur présente, et ne désirent pas d'autre avantage que celui d'être ses esdavesi
57. Quand le roi eut appris que son fils était de retour, il' ny brut pas plus que si on lui eût dit que l'enfant revenait d'entre les morts. D'où tne vient, [se dit41,] dans mon infortune. Un tel boftfheut?
9^i Mais, se rappelant avec confiance les parotej du Richii des Dévfts, il fut transporté de plaisir, et il donna, dans Texcès de sa joie, un collier de ^nd prix à celui qui lui avait* apporté cette nouvelle.
59. Monté sur un char traîné par de bons chevaux, et ^entouré de cercles d'or, escorté par les Brahmanes, les vieillards de chaque famille , ses ministres et ses parents ,
40. Le roi sortit rapidement de sa capitale, empressé de revoir son fils, au milieu du bruit des conques, des timbales et des flûtes, auquel se joignaient les chants du Vêda.
41. Suniti et Surutchi, femmes d'Uttânapâda , couvertes de leurs ornements d'or et portées dans une litière, avec Uttama, sortirent également à la rencontre de Dhruva.
42. Le roi n eut pas plus tôt aperçu auprès du bois son fils qui venait à lui, que descendant en toute hâte de son char, il courut à sa rencontre, troublé par Tafiection ,
45. Et qu'il le serra dans ses bras, soupirant du regret d'avoir été si longtemps séparé d'un fils que le contact des pieds de Vichvaksêna venait de délivrer de tous les liens du péché.
44. En baisant plusieurs fois sur le front cet enfant qui avait conçu un noble désir, le roi le baigna de douces larmes.
45. S'étant prosterné aux pieds de son père, dont il reçut en échange les bénédictions, Dhruva salua de la tête les deux reines, qui accueillaient avec bonté cet enfant, le premier des êtres vertueux.
46. Surutchi, relevant Dhruva qui s'était prosterné à ses pieds, l'embrassa et lui dit d'une voix entrecoupée par les sanglots : Puissestu vivre longtemps I
47. C'est que, semblables à l'eau qui coule d'elle-même vers les lieux bas , tous les êtres ont une inclination naturelle pour ceux qui , par leur bienveillance et leurs autres vertus, ont obtenu la faveur de Hari.
48. Uttama et Dhruva, tous deux émus par leur affection mutuelle , sentant les poils de leur corps se hérisser dans leurs embrassements , versèrent à plusieurs reprises des torrents de larmes.
40. Suniti, en embrassant ce fils, qui lui était plus cher que l'existence, sentit son chagrin dissipé par le contact de son corps.
50. Des larmes de bonheur inondaient les seins de la mère du héros, d'où lé lait, ô guerrier, sortit à plusieurs reprises.
51. Le peuple louait la reine en lui disant : Quel bonheur pour toi d'avoir retrouvé un fils , depuis si longtemps perdu , qui revient dissiper ton chagrin! Il doit un jour gouverner la terre;