DISCOURS DU MANU
1. Mâitrêya dit : Après avoir écouté les Riichis parler ainsi, Dhruva, portant de f eau à ses lèvres, ajusta sur son arc une flèche qui avait , été faite par Nârâyana.
2. Au moment où la flèche se posait sur lare, les apparitions magiques produites par les Guhyakas s- évanouirent rapidement, 6 Vidura, comme les passions à la vue de la science.
5. Pendant qu il ajustait Tarme du Rïchi, des flèches aux plumes d'or, munies d'ailes comme celles du Kalahamsa, se répandant de toutes parts, pénétrèrent dans Tarmée ennemie, semhlahles à des paons qui entrent dans une forêt, en poussant des cris d'efiix)i.
6. Assaillis de tous côtés sur le champ de bataille par les pointes aiguës de ces flèches , les YaLchas furieux , brandissant leurs armes , se précipitèrent contre le roi, comme des serpents qui, le cou gonflé, s élancent contre Suparna.
5. Mais le roi , les frappant de ses flèches au moment où ils accouraient au combat, leur coupa les bras , les cuisses , le cou et le ventre, et les envoya dans le monde où se rendent, après avoir traversé le disque du soleil, les pénitents qui ont été chastes.
6. A la vue de cette multitude de Guhyakais que tuait le roi au beau char, quoiqu'ils ne Teussent pas insulté les premiers, le Manu son grand-père, touché de compassion, vint trouva avec les Rïchis le fils d'Uttânapâda, et lui paria ainsi.
7. Le Manu dit : Tu as assez cédé, 6 mon fils, à Texcès de la co^ lèr6> colère coupable et faite pour plonger dans les ténèbres, qui t'a poussé à mettre à mort ces Yakchas innocents.
.8. Non, elle nest pas convenable à notre famille cette violence,
blâmée des gens de bien , qui te fait massacrer des Dieux inférieurs qui n ont commis aucune faute.
9. Sans doute c est parce que le meurtre d'un frère chéri a enflammé ta colère, que tu en as immolé un aussi grand nombre pour punir le crime d'un seul.
10. Ce n est pas là cependant une action digne des gens de bien dévoués à Hrîchîkêça, que ce massacre d'êtres vivants par d'autres êtres qui , comme les animaux , prennent le corps pour l'âme.
11. Plein d'afiection pour Hari, âme de toutes les créatures, tu as honoré le Dieu en qui résident tous les êtres , et tu as obtenu le séjour suprême de Vichnu, qu'il est si difficile même d'adorer.
12. Toi à qui Vichnu pense en son cœur, toi que ses semiteurs mêmes approuvent, comment peux-tu commettre une action aussi coupable, quand tu connais la conduite des gens de bien?
15. Par la patience, par la compassion, par la bienveillance et par l'égalité d'âme à l'égard de tous les êtres, on obtient la faveur de Bhagavat, qui est l'âme de toutes les créatures.
14. L'homme qui a une fois obtenu sa bienveillance, affi:anchi dès lors des qualités de la Nature et débarrassé des conditions de la vie, parvient à être absorbé au sein de Brahma.
15« C'est à l'action des cinq éléments réunis que l'homme et la femme doivent leur existence; puis, c'est l'union des deux sexes qui donne en ce monde la vie à de nouveaux couples»
16. Ainsi se déroulent la création , la conservation et la destruction de l'univers, par l'efiet du changement successif des qualités que produit la Mâyâ dont dispose l'Esprit suprême.
17. Le souverain Seigneur, qui n'a pas lui-même de qualités, n'a agi dans ces phénomènes que comme cause première; sous l'action de cette cause, l'univers visible et invisible tout entier, fait sa révolution, comme le fer [attiré par l'aimaat].
18. C'est Bhagavat qui , dirigeant son énergie vers des fins diverses selon le développement des qualités qu'amène l'action du temps, crée cet univers, quoiqu'il soit inactif, et le détruit, quoiqu'il ne soit