‹ Le Bhâgavata PurânaChapitre 75 sur 255 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

CONSEILS DE SANATKUMARA.

1. Mâitrêya dit : Pendant que le peuple célébrait ainsi Prïthu, dont rhéroïsme était immense^ les quatre solitaires, [fils de Bralimâ,} qui resplendissent comme le soleil, vinrent le visiter.

2, Le roi et sa suite reconnurent à leur éclat, qui purifie les mondes, ces che& des Siddhas, qui descendaient du ciel.

5. A cette vue, le fils de Vêna, les assistants et sa suite se levèrent aussitôt, comme pour reprendre la vie qui s'échappait de leur sein, et avec l'empressement que le principe directeur des sens met à saisir les qualités sensibles.

4. Retenu par le respect, ce prince vertueux, inclinant la tête avec soumission, honora comme il convenait ces sages, auxquels il avait présenté un siège et les oflFrandes de l'hospitalité.

5. Regardant le bandeau qui retenait sa chevelure comme purifié par l'eau où ils s'étaient lavé les pieds, il remplit à leur égard, pour les honorer, les devoirs d'un homme vertueux:

6. Joyeux, plein de foi et de modestie, il adressa ainsi la parole à ces sages, aux premiers-nés de la création, qui assis sur leurs sièges d'or, ressemblaient à autant d'Agnis sur leurs trônes.

7. Prîthu dit : Quelle bonne oeuvre ai-je donc accomplie, ô vous dont la vertu est la voie, pour avoir le bonheur de contempler des sages que les Yôgins eux-mêmes ont tant de peine à voir P

8. Qu'y a-t-il de difficile, dans ce monde ou dans l'autre, pour celui qui obtient la bienveillance des Brahmanes, de Çiva, de Vichnu et de leurs serviteurs ?

9. Ces sages en effet parcourent les mondes ; mais les mondes ne les voient pas plus que les éléments visibles, causes de cet univers, n'aperçoivent l'âme qui voit tout.

10. Quoique pauvres, ils sont certainement riches les chefs de maison vertueux, dans la demeure desquels Teau, le gazon, la terre, le maître du logis et les domestiques sont agréés des plus vénérables personnages.

11. Mais ce sont des arbres, repaires du serpent, que les maisons mêmes où abondent tous les biens, qu^nd les serviteurs * de celui dont les pieds sont un étang sacré , ne les viennent pas visiter.

12. Soyez les bienvenus, ô les meilleurs des Brahmanes, vous qui, malgré votre jeunesse, désireux de vous sauver, accomplissez avec foi et constance les longs devoirs de la dévotion.

13. Quel peut être notre bonheur, à nous qui n avons d'autre but que les objets des sens, à nous que nos œuvres ont fiait tomber dans ce monde où l'on ne sème que. misères ?

14. Les souhaits de bonheur [qu'on adresse à des hôtes], ne sont pas nécessaires avec des sages qui, conune vous, trouvent leur satis* faction en eux-mêmes, et chez lesquels n'existent pas même les idées de bonheur et de malheur.

15. Je vous adresse cependant mes vœux avec confiance, à vous qui êtes les amis de ceux qui se mortifient en ce monde, pour que dans cette existence le bonheur ne vous abandonne jamais.

16. C'est certainement Bhagavat, l'être incréé, l'âme des sages maîtres de leur cœur, qui , $e donnant à lui-même l'existence par bienveillance pour ses amis, parcourt la terre sous cette forme de Siddha.

17. JMâitrêya dit ^ Après avoir entendu ces belles et excellentes paroles de Prithu, ces paroles douces et mesurées, Sanatkumâra lui répondit en souriant presque de plaisir.

18. Sanatkumâra dit : Tu as bien fait, grand rpi, dans ta bienveillance pour tous les êtres, de nous adresser tes vœux, quoique tu connusses qui nous sommes ; de pareilles dispositions sont odles des hommes vertueux.

19. La rencontre des gens de bien, et les souhaits, également approuvés de celui qui les prononce et de celui qui les reçoit, quils s'adressent en s'abordant, font le bonheur de tous.

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