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VARIÉTÉS
Quel est lo bibliophile qui ne se découvrirait au nom do Lcvrault , si respecté dans l'Europe savante et lisante? Imprimerie fondée en 1641, comptant de pére en (I1h 214 années d'existence, représentée aujourd'hui par Madame Vouve Berger-Lovrault et Fils. A quoi comparer cet immense établissement, qui réunit toutes les parties de la typographie, si ce n'est à celui si célèbre do M. Marne, de Tours? Kn effet, ou y trouve une très-hnportanto librairie, une * fonderie en caractères, uno lithographie, des ateliers de clichage, de reliure, de réglurc, do gravure, huit presses mécaniques mues par la vapeur, dix-huit presses à bras, deux presses hydrauliques et tout un matériel immense qui permet d'entreprendre les plus gigantesques travaux typographiques. Il faut remonter aux temps les plus glorieux de MM. Firmin Didot, qni avaient de plus des papeteries, pour trouver de telles ressources et do tels arsenaux artistiques.
La respectable et antique imprimerie de Madame Veuve Berger- Lovrault est toujours à la téte du progrés : ce qui lo prouve, ce sont deux chefs-d'œuvre typographiques qu'cllo vient do publier; le premier est un véritablo bijou typographique, dont le titre est: Poixt i>r lkhdrmaix. Comte. 1 vol. ln-12, de XXIV et 48 pages, titre rouge et noir : ce bijou littéraire a justifié son titre, car il n'a pan eu de lendemain; l'édition entière a été vendue le mémo jour; le second est d'une très-haute importance pour la science militaire ; lo titre est : Gurrre d'Orirst ; Siror i>r Srbastopol, 2 volumos in-4% de 1420 pages, avec un magnifique atlas, in-follo , contenant 151 planches, admirablement gravées.
Dans notre volume do ta Librairie françahc de Î78Ù à 1860, nous avons décerné à M. 8ilhcrmann le tribut d'éloges qui lui est si bien dû. Savant et intelligent praticien , il est véritablement lo père de la polychromie, autre art aux merveilles les plu - délicates, et qui défie le pinceau le plus exercé. Qu'il y a loin de lui aux rentrées à trois couleurs de Gutcubcrg et do quelques-uns doses successeurs! Cependant beaucoup d'amateurs de l'art typographique sauraient lo plus grand gré â M. Hilbermann , s'il voulait condescendre à leurs désiro en appliquant à la presse proprement dite les résultats poly-
chromes, et nous restituer les Rubriques des temps passés, la couleur mordant le papier comme l'encre d'imprimerie. (Histoire du Livre en France, par Edm. Werdct. Tome IV, 1802. K. Dentu.)
Eu 1464 1 le roi do Bohème, George de Podiebrad. envoya ses ambassadeurs à Louis XI pour lui proposer cette grande ebose : l'organisation d'une uouvelle Europe. Le journal de l'ambassade , rédigé par un des secrétaires nommé Jaroslaw et mis récemment en lumière • par le savant Palacky, est un curieux tableau de l'époque. Quand les envoyés traversent l'Allemagne et la France, le contrasto des peuples est vivement accusé. Les Français, qui so rappellent Ziska et les fauallquo» du Tabor, sont tout étonnés do voir dos Bohémiens si nobles, si grands, des chrétiens et non des démons. Les Bohémiens sont surpris et scandalisés de la légèreté des mœurs , surtout dans le clergé, du nombre et de l'impudcnco de* femmes de mauvaise vie. Héritiers d'une révolution terrible, ils en ont gardé la haute sévérité morale en y ajoutant co qui manquait à leurs pères , la modération dans la force. Ce double trait de caractère est peint avec candeur dans le récit de Jaroslaw. Les ambassadeurs, par ordre du roi, s'étaient arrêtés dans les cours do Stuttgart , do Bade, où Us avaient reçu un accueil très-cordial. A Strasbourg, les fier» bourgeois de la ville, comme dit Jaroslaw, leur avaient donné une garde do cent hommes pour les protéger dans les défllés des Vosges contre les brigandages du comte Hans d'Ebersbourg. A Bar-lc-Duc , ils passèrent d«;ux jours chex le roi Roué, qui les traita magnifiquement. Ils arrivent enfin A Amiens et s'informent de la résidence du roi Louis XI qui chassait alors dans les forêts de la Picardie, tout en combinant son autre chasse, son âpre et juste chasse aux tyrannies féodales. Le roi leur donna rendez-vous d'abord à Abboville , puis au village de Dompierre, où il les reçoit dans un petit château - fort environné de marais.
La passion pour les bouquins, dit M. Ch. Nisard dans la Revue de l'Instruction i>uLli jnc, est louable en soi , elle est au moins excusable.
Pour inoi , j'aime les bouquine , j'en révère jusqu'à l'odeur Mais il y a bouquins et bouquins, et tous ne méritent pas cet amour, ni ces hommages. Les bons sont en petit nombre, Icb méchant* sont innombrables. C'est ponr ceux-ci que la passion redouble chaque jour et va jusqu'à la fureur. J'ose même affirmer qu'elle est un obstacle sérieux à la propagation des livres modernes et qu'elle les tuera ponr peu qn'cllc continue. Quel spectacle que celui d'une salle de vente de bouquins ! Là il n'en est pas de si mauvais autour duquel on ne se batte, comme Grecs et Troycns autour du cadavre d'Hector; pas de si méprisé qu'on ne réhabilite, pas de si gâté par le temps qu'on ne juge digne de toutes les richesses de la reliure. C'est bien pis , s'il est rare, s'il est seulement donné pour tel dans les catalogues, caria plupart des amateurs ne croient pas moins aux catalogues que le» chrétiens à l'Évangile ou que les Turcs au Corau.
M. Cousin n'est pas seulement le patriarche de récloctismc, ou du spiritualisme comme on dit aujourd'hui, c'est encore un bibliophile inspiré, qui a pris à cœur de recueillir les moindres opuscules des femmes célèbres du XVII* siècle, leurs petits romans ou nouvelles , leurs lettres, leurs dissertations. II avait jadis à ses ordres un jeuno homme qui depuis.. . est devenu professeur dans notre contrée, maù alort servait à l'adorateur du beau , de secrétaire intime et particulier. Un Jour que le maître donnait audience à un de ses aînés et féaux disciples, M. Saisset ou M. Bersot, et lui versait des paroles d'encouragement en vue de la guerre naissante contre le panthéisme et l'hégélianisme, le secrétaire, ennuyé, eut la témérité d'ouvrir l'armoire où reposaient les secrets des héroïnes d'un autre âge, et se mit à feuilleter négligemment une de leurs compositions habillée de maroquin puce, véritable petit joyau signé Cape ou Thompton. Soudain le maître arrive, il regarde, n'en croit pas ses yeux, pâlit, hésite, chancelle, et enfin s'affaisse en s'écriant : •Malheureux, rendez-moi ce livre! vous aller le bUê»tr! .. . •
GUIDE ALSATIQUE.
Articles relatifs à l'histoire d'Alsace publiés dans des Recueils périodiques et ouvrages non spéciaux.
Lcb femmes d'Alsace. — Les asile* Agricole» de Cernay et île Thann. (A pied et en wagon, par M. E. Deschanel. Pari», Hachette, ln-18.)
La cathédrale do Strasbourg. — Histoire sérieuse et drolatique d'une horloge. — Réflexions philosophiques à propos d'uu couple d'ëchasaicra. — Guttcmberg. — Tombeau du maréchal de Saxe. — Un comto de Xn»san et sa fille empaillés. — Un sacristain rapace. (Par mont» et par vaux, par E. Jacob de la Cottière. Paris , Arnanld de Yresse, in-18.)
L'auteur, en passant par Strasbourg, t'est arrêté a l'hôtel du Chapeau rouge ? ?
Mémoire anr lca biens communaux dans le département du lias-Rhin, par M. Wœlflé, agent voyer à Bonxwiller. (Honreanx Mémoires de la Société des sciences, agrictilture et art* dn Bas-Hhin , tome 2, I~ fascicule, Heits , imprimeur à Strasbourg , pages 48-Î50.)
Excellent mémoire qni a obtenu le prix offert au Concourt par cette société.
Els&aslsche Fahrten, von Friederich Hallberg. — Dcr Zabcrgau. — Gœthe. — Uuxsweiller nnd der Baatberg. — Dcr biachdflliche Palast und die Colonie der Beamtwittwen. — Très Taberna:. — DleLlchtenberger. — Die scb5nc Barbel und der Buxsweiler Weiberkricg. (Westermann's illustrirte deutsehc Monaishefie fiir die gesammte geistige Leben der Qegenwart. X' 60, pages 4H4-4U0.)
Liber Vagatorum. — Compte rendu. (Le Chasseur bibliographe. 2Sm 9t Septembre I86Î; Paris, François, libraire A Paris.)
Petite « Erreurs de l'A l-atia. — La Crypte d'Andlan-au-Val et aa fondatrice sainte Richarde, par Ch. Deharbe. — Anthologie épigraphique (Nicolas Marx d'Eckwcrshcim , Frédéric de Sickingcn et les Schwcndi), par A. Stranb. — Le» troia viergea de Colinar, de Marienthal et do Savcrne. — Les Vicissitudes du protestantisme à Obernai dans le cours du XVI' siècle, par (!•••. - Un prédicateur
catholique M XV' siècle (Qellcr de Kalscr»berg), par Wintcrer. - Les Cour* colongères <1 l'Alsace, par Ilananer. (Revu* catholique d'Alsace , Mars à Septembre 1802, imprimerie Leroux ù Strasbourg.)
Le» Annales et la Chronique des Dominicain» de Colmar publiée* par MM. Gérard et Liblin. Étude critique par M. l'abbé Ilananer, par Ch' Biehr. (lUUlelberger Jahrbûcher der Littratur, S' 2<JÎ8G2.)
Quelques observations sur l'industrie chevaline du Bas-Rhin, par le major Pollard. (Journal de» haras. Juillet J862, pages 481438.) Atïs aux bibliographe* rider».
Bulletin mensuel d' A Isa tic a.
1. ÉTUDES 8UR QUELQUES POETES ALSACIENS DU MOV! , AC1E du XVI*
et du XVII' siècle, parL. Spach, archiviste du département du Bas- Rhin , petit ln-8*. Strasbourg, typog. Silbermann , 170 pages. Tir* à petit uombre. {Extrait du Courrier du Bat-Rhin.)
2. Album de Nibderuronx et ses rnviboxs, parle D' Klein, dessiné d'après nature et lithographlé par Ch. Hancke. Strasbourg, typog. l.r Roux, oblong, 51 pages, 15 planches.
3. Notice sur ukb ovariotomie pratiquée le 2 juin 18G2 par E. Kcrberlé, agrégé, etc. Strasbourg , typog. Silbermann, in-8*, 10 page».
Extrait de la Gazette médicale.
4. Aus dem Seelbx-Lebbx biner Rlindex. Gcdichte von Caroline Gass geb. Nesslcr. Strasbourg, Xoiricl, in-8» , X-162 pages . . 2 fr.
5. Prooymnask de BisctiwiLLEB. Discours prononcé à la séance do fin d'année, le 14 août 18(52, paijM . Kuhff, directeur de l'école. Strasbourg, typog. Ueitz, in-8*, 24 pagoa.
C. Nauklxéji strosiiuroer îiF.i-JB. N* 1. Lachcrli — un doch bedrflobt. Lithographie comprenant dix sujets d'E. 8chwoitxer avec texte : Tableau de la vie d'une Jeune ouvrière.
Poésies d'nn Slra»bourgcois, par Bernhard. Lithog. Oberihitr fUt.
7. Bulletin de la Socibte poub la coxsbrvatiob des monumenth historiques u'Alsace. 11* série. T. I, 2* livraison.
Procès-verbaux des séances. — Église de St-Tbonias, par fen M. Fries. Notes sur l'église d'Etueflbnl-llaut cl sur celle de Sl-Dizier, par M II Rardy, avw I planche. — L'archéologue J. J. Obcrlin , par M. !.. Spacli — Le Scbimnielrain. par M <le Ring , avec î pl. — l.'Ochsenfeld , par M Ingold.
LIVRES RARES ET CURIEUX A PRIX MARQUÉS
110. Les Amours de Colas. Comédie du XVII' siècle en vers poitevins. Paris, Teehenrr. 1843 ; in-8-, br. xn-50 pp 3 fr.
Réimpression a 55 exerapl. n* 10.
111. Deux Farces inédites, attribuées a la reine Marguerite de Na varre, publier» avec une préface et de» note» par L.Lacour. Paris, A. Aubry, 1856; in-8», br. 36 pp 1 fr. 50 c.
112. La Vie de mon perr j-arltetlf de la llretonne). 3* édition. AVh/châtelet Paris, 1788; 2 vol. in-12, cari, en 1, av. titre, ébarbé, 11 fig. et 2 médaillons 6 fr.