‹ Le Bibliographe alsacien (volume 2)Chapitre 121 sur 127 · IM · texte numérisé non relu

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Nous avons, l'année dernière, assez longuement insisté sur l'organisation et les tendances de la Société des amis des arts , pour qu'il nous paraisse inutile , aujourd'hui , de revenir sur le même sujet. Notre conclusion était celleci : « Depuis vingt ans , vous demandez à l'Allemagne un enseignement qu'elle ne peut vous fournir ; les œuvres qu'elle vous envoie , loin de contribuer au développement du goût , ne peuvent que fausser l'éducation du public en matière d'art; reconnaissez donc votre erreur et cherchez une voie nouvelle. »

Voyons maintenant ce qui a été fait depuis lors , et si les faits accomplis pendant l'année écoulée ont infirmé ou confirmé nos appréciations. Et tout d'abord , jeton* un coup d'œil sur le compte rendu annuel lu dans l'assemblée générale du 24 janvier dernier, et publié récemment par les soins du Comité.

Ce document imprimé dont l'examen rentre tout natu-

rellemeut dans notre spécialité , comprend un discoure fort remarquable de M. Marcotte , président de la Société, le rapport annuel de M. Blanck , secrétaire , les comptes du trésorier et les résultats du tirage au sort de la loterie des objets acquis par la Commission.

Nous avons retrouvé dans le discours de M. Marcotte cette élévation d'idées, ce sens juste et droit qui déjà ont marqué le passage de cet éminent amateur à la présidence, lors de la gestion de 1859. Nul mieux que lui n'a dépeint le mouvement constant et progressif des idées artistiques, les besoins nouveaux de notre époque à cet égard , et indiqué les moyens de donner satisfaction à ces goûts impérieux qui, plus encore que chez nous, se développent, à l'étranger, avec une rapidité inquiétante pour la prééminence acquise à la France depuis près de trois siècles. Oui, assurément, pour conserver cette précieuse suprématie , U ne suffit pas d'améliorer l'enseignement professionnel , il faut encore, et surtout, veiller sur l'éducation de tous, car «la vulgarité du goût du public «est, par une réaction naturelle et inévitable, en dépit i de tout enseignement, la cause de la vulgarité des pro- < ductions de l'art et de l'industrie. »

Ainsi, les sociétés artistiques ont charge d'âmes, puisque à elles seules est dévolue , en province , cette mission délicate d'initier les masses au sentiment du beau par la contemplation de» chefs-d'œuvre de l'art. Mais ce but, la Société rhénane l'a-t-elle atteint? C'est ce que ne dit pas M. le président, et ce que, en bonne conscience, il ne peut dire : mais pour nou? qui n'avons pas les mêmes

ménagements à garder, nous nous prononcerons nettement pour la négative. Où sont, en effet, je ne dirai pas les chefs-d'œuvre qu'on doit exposer à notre admiration , mais les productions d'un goût pur et distingué dans lesquelles le public trouvera cet enseignement qu'il demande à vos expositions? Ces œuvres banales, vulgaires s'il eu fut jamais, qui, pour le plus grand nombre, manquent d'élévation et de mérite, » sont-elles bien ce qu'il lui faut? Et n'est-ce pas , avant tout, dans les mécomptes d'un besoin non satisfait qu'il faut chercher la cause du peu d'influence qu'exerce au milieu de nous la Société rhénane?

M. le président attribue l'indifférence du public au défaut de patronage et de concours de l'administration locale. Certes, nous regrettons avec lui qu'une institution dont personne de nos jours ne peut contester l'utilité et dont la conservation importe essentiellement à la graudeur de la cité, ne reçoive pas les encouragements auxquels elle a droit, et nous joignons volontiers nos vœux aux siens pour que les démarches tentées dans ce but soient enfin couronnées de succès: mais M. Marcotte n'est-il pas mieux inspiré . lorsqu'il fait appel à tous ceux de nos concitoyens dont le concours a jusqu'ici fait défaut à la Société? Par les efforts individuels des membres de l'association, le but ne serait-il pas plus sûrement atteint? Nous admirons fort la persévérance qui a déjà valu à la Société trente-trois années d'existence , mais cette qualité, si précieuse en elle-même, dégénère fatalement en un grave défaut , lorsqu'elle n'est pas alliée à l'esprit

de progrès. Il ne suffit pas aujourd'hui d'exister pour vivre, il faut encore, sous peine de déchéance ou de mort, marcher sans cesse en avant et suivre le mouvement de l'époque.

C'est ce dont ne paraissent pas convaincus tous les membres du Comité , si nous en jugeons par le rapport de M. le secrétaire. D'après ce document trop incolore d'ailleurs pour que nous nous y arrêtions longtemps, tout paraît être pour le mieux dans la meilleure des sociétés possibles. — Un membre, dans une des précédentes réunions, avait émis un vœu tendant à créer, à Strasbourg, un musée composé des meilleures œuvres des artistes que l'Alsace a vus naître. Appelé à se prononcer sur cette proposition dont il serait superflu de faire ressortir toute la portée, le Comité, < tout en reconnaissant l'idée bonne en elle-même, mais d'une exécution fort difficile, a décidé que, comme antérieurement . il ne faudra pas laisser passer l'occasion d'enrichir la collection par des compositions dues à nos compatriotes. » Pour qui connaît la pauvreté dudit musée , cette décision équivaut à une fin de nonrecevoir.

Pour terminer avec ce compte rendu , constatons que parmi les œuvres d'art acquises en 1863 , se trouve le remarquable paysage de Corot qui a figuré à la dernière exposition. — C'est là un véritable événement, comme une sorte de concession faite aux tendances nouvelles qui se font jour, malgré tout, dans le sein même du Comité; quoi qu'il en soit, c'est un progrès que nous " sommes heureux d'enregistrer. II est vrai que comme cor-

rectif à cette louable mesure , noua avons à signaler l'acquisition d'une tête de Vénitienne, par M. Gaul, peinture lourde, sans caractère, comme sans distinction, bien digne, au dire de M. le secrétaire, de figurer à côté delà sainte Marthe de Caminade , que la Société a le bonheur de posséder depuis longtemps.

En résumé, une bonne acquisition et uu excellent discours dans lequel sont clairement indiqués les défauts du système actuel d'organisation de la Société1, tel est l'apport de la gestion du Comité de 1863. Quant à l'exposition , nous avons dit ce qu'elle était; voyons quel enseignement nous pouvons tirer de celle qui est ouverte , en ce moment, dans les salles du musée.

Constatons d'abord une notable diminution dans le nombre des objets exposés : tandis que le livret de 1862 contenait plus de 500 numéros , celui-ci en enregistre à peine 200. A cela, d'ailleurs, le mal n'est point si grand, car ici la qualité des œuvres importe plus que le nombre, et nous ne pouvons que féliciter le Comité d'avoir, malgré cette pénurie , éliminé encore certaines toiles d'une infériorité trop choquante.

Comme toujours , les peintres français , quoique en mi-

1. • Nous entendons souvent élever, au sujet de non exposition* , une critique dont nous somme* le» premier» à reconnaître I» justesse. Il n'est que trop vrai que, sur 400 ou 600 ouvrages exposés chaque année , le plus grand nombre manque d'élévation et de mérite. Cela tient, Messieurs, à l'insuffisance de nos ressources. Cette insuffisance, d'abord, nons impose un système d'organisation qui nous 6tt la liberté de nos mouvements et non* interdit tout progril sérieux. • (Corapie rendu de 1864, page 70

norité, tieuneut le haut bout du salon , M. Paul Flaudrin en tête, avec une excellente copie d'un des plus remarquables portraits de son illustre frère, peinture pleine de vie et de sentiment et d'une coloration plus chaude que ne le sont habituellement les œuvres de ce maître regretté. Fuis vient M. Corot, qui, grâce à Dieu, a maintenant acquis droit de cité parmi nous depuis que sa délicieuse Vue de Viïle-d'Avray est entrée dans le musée de la Société; M. J. Rozier, le peintre des campagnes toujours vertes de la Normandie, et M. Daubigny, avec lequel il fait si bon s'égarer dans les blés et les sentiers fleuris. Avec ces maîtres du paysage marchent de pair M. Jadin, qui a exposé deux lévriers peints de cette main si habile à indiquer par des touches magistrales la structure anatomique des animaux', et M. Ziem. non moins sûr de lui lorsqu'il s'agit de peindre les rivages lumineux de l'Orient ; l'aquarelle de ce dernier, représentant la Pêche du thoti dans la Méditerranée, est d'une énergie, d'un éclat de couleur qui défient toute comparaison.

I. Ce remarquable spécimen d'un maître justement estimé a été acquis par la ville, pour le musée, ainsi qu'une charmante composition de M. Jundt, La Première Discorde, exposée postérieurement à la rédaction de cet article. On ne pouvait, selon nous, faire de meilleur choix, et tout le monde, nous en sommes convaincu, taura gré à l'administration municipale d'une mesure qui semble indiquer, pour l'avenir, des intentions plus favorables aux question» d'art qu'elle parait avoir traitées jusqu'ici avec quelque indifférente.

Parmi les œuvres exposées récemment et dont nous regrettons de ne pouvoir parler plus largement, nous signalerons encore la Meut du dimanche dan» un village des Pyrénées, par M. Landelle , œuvre tout à la foi* cbarmanlc et sérieuse, qui mérite à plie seule une visite à l'exposition.

On remarque aussi- la Vierge de M. Diaz , d'une couleur toute vénitienne , mais dont le dessin n'est pas irréprochable; les deux charmants sujets de M. Lepoittevin. Pêcheur et chasseur, si spirituellement peints , les scènes champêtres de M. Vcyrassat, la Basse- Cour de M. Roubsoau . traites non moins habilement, les paysages de MM. Dupré, Viot, Ponthus-Cinier, Ouvrié, Guiard. Fabien Brest, Eug. Deschamps.

Parmi les autres toiles qui méritent une mention spéciale, je signalerai encore V Intérieur italien, de M. Brandon , peinture sans recherche , mais d'une grande fermeté, les Bœuf 8 au pâturage, de M. Webcr, les Poissons et natures mortes de M. Michand, d'une remarquable vérité et d'une savante exécution , et enfin , le gracieux tableau de M. Lambert, représentant uu Cham}) de bataille; au milieu se tient, dans toute l'ivresse de la victoire, un jeune barbet, aux pieds duquel gît la victime... une taupe ! Le terrain , jonché de fleurs brisées , atteste l'énergie de la lutte.

Passons maintenant dans le camp allemaud, nous y retrouverons les paysages suisses bien connus de MM. Zimmermann et Castan , les Effets de neige de MM. Stadmann et Kauffmann, puis, deux ou trois tableaux devant lesquels il est bon de s'arrêter un instant. En premier lieu , c'est une charmante -Scène d'adieux peinte par M. Striebel : un jeune artisan quitte son village et sa fiancée, à l'aube du jour, pour commencer sa tournée d'apprentissage; il y a beaucoup de grâce et d'abandon dans la pose de la jeune fille et un joli sentiment dans les têtes. M. Kœrlc

a traité aussi avec habileté et goût un petit sujet plus insignifiant, le Vase brisé , mais son tableau n'est ni moins bon, ni moins agréable. Voici enfin une scène de mœurs interprétée avec esprit et talent par M. Dyck . de Munich : ce sont cinq bons bourgeois ou commerçants qui ont quitté leur petite ville pour se rendre en déjmtaiion auprès d'un ministre quelconque; ils se tiennent droits et respectueux dans le vestibule (lequel , soit dit en passant, est magnifiquement peint), lorsque vient à passer l'huissier de l'Excellence, devant lequel ces braves gens s'inclinent très- humblement à qui mieux mieux. Ce petit tableau dénote chez son auteur beaucoup de finesse d'observation, et, chose rare dans la moderne école allemande, l'exécution, quoique soignée*, en est simple et large.

.J'arrive enfin aux artistes alsaciens. Cette aurfée encore . ils s'abstiennent de paraître à l'exposition rhénane , sauf M. Schuler, dont nous avons revu avec plaisir le Gage touché, du dernier salon , et M. Touchemoulin , qui a exposé un tableau peu important. C'est donc ailleurs qu'il faut chercher les travaux de nos artistes, au salon de Paris, où, comme toujours, ils tiennent honorablement leur place. Un seul nom manque au livret, celui de IL Hafrhcr, mais nous savons tous que l'éminentet laborieux artiste n'est pas homme à s'endormir sur ses lauriers. Dernièrement, en effet, il a terminé, pour le château de Saussure . une importante composition que nous aimerions à décrire ici, si l'espace ne nous faisait défaut. C'est un immense plafond figurant une galerie circulaire autour de laquelle se développent les principaux épisodes

d'une joyeuse fête cynégétique et gastronomique. Le maître du lieu ouvre la marche , la chope en main et la carabine sur l'épaule , appelant à sa suite ses aimables compagnons , tous bons vivants , je vous assure , et francs chasseurs. Puis défile une armée de marmitons en vestes et berrets blancs portant, celui-ci un gigantesque pâté de Doyen , celui-là des paons et des coqs de bruyère aux brillants plumages, cet autre les flacons pleins de la liqueur ambrée des coteaux rhénans. Après eux viennent les traqueurs chargés des produits de la chasse , sangliers au poil noir et rude , chevreuils à la robe fauve , puis le menu butin , lièvres, lapins, faisans et perdreaux; enfin, un groupe de paysans alsaciens dans leur pittoresque costume ferme cette marche triomphale.

Tout cela est peint du premier jet; aussi la couleur a-t-elle conservé une franchise de ton, une harmonie et un éclat qui rappellent toute la magnificence des fameuses Noces de Véronèse. Les têtes sont belles et expressives, et plus d'un joli minois apparaît dans ce joyeux cortège : enfin, par la richesse et la variété des costumes, M. Haftner a su ajouter un attrait de plus à son œuvre qui comptera certainement parmi les meilleures productions de notre école.

22 mai 1864. A. Taintubier.

REVUE BIBLIOGRAPHIQUE

Les Legs de Marc- Antoine, par Antoine Campaux. Paris, Dentuet Hachette; Strasbourg, Dérivaux, 1864; 1 vol. in-8° de 232 p.; imprimerie de Heitz.

L'auteur de ce livre demande, à la page 89 , M. Saiute- Beuve pour juge de ses vers. Le Bibliographe n'a. pas encore l'honneur de compter cet écrivain parmi ses collaborateurs, il le regrette pour un poète tel que M. le professeur et docteur Campaux; toutefois, ce désavantage ne le fait pas reculer , et il tente la critique du volume en question, sûr qu'il se croit de posséder un bec de plume franc (p. 18) et de pouvoir, au besoin, fournir, à des élans et à des chutes amères, l'écho moqueur demandé (p. 134).

Le volume renferme deux parties et une préface. La préface s'explique sur la forme du poëme, qui est celle de legs ou d'un testament. Cette forme valait-elle la peine d'être tirée de la poussière où elle dormait? Nous ne le croyons pas. L'auteur dit qu'il a cru piquant de l'appliquer à la revue des œuvres littéraires et des mœurs de son époque. Mais c'est là une première et grave altération de la forme de Villon. Chez Villon , cette forme est naturelle , et si un côté de la vie de son temps y est coutenu, c'est par l'effet du cours même de la pensée de l'auteur et non par suite d'un parti pris de satire et de didactisme.

La première partie des Legs, nous dit-on encore, reproduit quelque chose des fantaisies et des malices du

Petit Testament, comme la seconde rappelle les effusions et les mélancolies du Grand, et on ajoute : « Ces legs sont de dates fort diverses et correspondent chacun, comme autant de chœurs légers ou sérieux , aux plus vives expériences de la jeunesse, ainsi qu'aux courants d'idées les plus marquants de ces quinze dernières années. » C'est la une seconde dégradation commise sur le cadre dont il n'agit: on peut faire plusieurs testaments successifs ou refaire un premier testament, mais on ne fait pas un même testament à différentes dates; de plus, les paroles citées sont bien solennelles, surtout lorsqu'on les met à côté de celles-ci, que «l'auteur n'a guère emporté la pièce, il s'est contenté , en général, de chatouiller légèrement du bout de sa baguette l'épaule de ceux qu'il fait défiler tour à tour dans ses galeries. » Qu'avons- nous à faire de chatouillements? est-ce là le propre de la satire à cette époque que l'on nous peint si travaillée, si ténébreuse? La satire n'a point à chatouiller en 1864, elle doit marquer d'un fer chaud, si elle veut laisser des traces. L'époque actuelle recevra- t-elle un soulagement de poésies « inoffensives », de « malices innocentes » ? La fin et les moyens semblent ici terriblement disproportionnés; ce ne sont pas des malices innocentes qui relèveront la justice, la morale, la religion, sans compter le goût et le sens commun , tous blessés que M. le docteur Campaux s'est donné la mission de panser pieusement.

Nous aussi, nous pourrions ajouter qu'il est des impertinences dont le ridicule seul peut avoir raison ; enfin, en lisant un appel au mariage de la tradition et du progrès.

nous nous rappelions avoir constaté dans le volume des actes de foi en nombre , mais une vraie affirmation du propre» nulle part.

Nous n'avons parlé jusqu'ici que de la préface, quelques mots sur les poésies mêmes suffiront. Le refrain de ces vers, qui n'en ont pas, c'est la plainte contre la misère , entrecoupée une ou deux fois par l'hommage a la pauvreté. Et ici , l'on nous place dans une situation délicate : la préface dit que ces legs correspondent aux plus vives expérience» de la jeunesse, nous nous trouvons ainsi attiré vers l'étude de la réalité, et si nous essayons cette étude, nous risquons d'encourir le reproche d'indiscrétion, sinon davantage. En tout cas, ce cri de la faim rend un son assez étrange, renfermé sous la couverture d'un bel in-octavo, imprimé avec les caractères les plus élégants de Maître Heitz. C'est une nouvelle disproportion à ajouter aux précédentes.

L'Université non plus ne peut pas s'enorgueillir de sentiments comme ceux-ci :

. ..Ou m'a déterré dans je un sais quel coin i'ar les Vosges perdu . sous la glace et la neige , Tout an fond des forêts, le plus humble collège On jamais cuistre noir pourvu d'un parchemin Ait à des écoliers ànonné du latin

Je veux vous laisser :

Et mon .'n no et mon cœur dont je n'ai plus que faire, Pour débiter du grec, perche dans une chaire.

C'est bon à savoir. Quand nous n'aurons plus que faire de notre âme et de notre cœur, ce sera pour nous le moment de débiter du grec, perché dans une chaire.

Nous n'avons pas l'intention do parcourir la série île ces legs «inoffensifs» dont certains, aussi bien que ceux de Villon, sont ou deviendront des énigmes, même pour les Parisiens, auxquels le livre est destiné. Un de ces legs concerne la bibliothèque de l'auteur :

...Que de fois, le ventre creux, bien triste, J'ai dépouillé te* rayon» et tes ai»!

11 paraît que ce ne sont pas seulement les poètes dans la gêne qui en usent ainsi à l'égard de leur bibliothèque, car il est loisible au flâneur de rencontrer, même en province, «au bras du bouquiniste» , des livres encore inarqués du stigmate académique , du crayou du professeur, et auxquels ou a tout au plus fait la grAce de changer leur robe accusatrice !

Comme nous nous reprocherions de ne pas mêler à * l'écho moqueur» le son de la louange, nous conseillerons aux amateurs de lire , par exemple , les vers sur les femmes (p. 157), et surtout l'Épilogue, où la poésie soutient la réalité poignante sans la fausser. En revanche . nous n'avons nullement été délassé par le legs à Teutonie . bien que l'auteur l'ait destiné à cet usage : nous ne trouvons pas plaisant de se moquer de l'Allemagne quand on est assez voisin d'elle pour la bien connaître , et nous regrettons aussi que l'Alsace , que la province que l'on habite et dont on est fils adoptif , n'apparaisse dans le volume que sous l'image d'une prostituée !

Des tendances pareilles donneraient décidément envie de souscrire au jugement modeste que le poëte porte plusieurs fois sur la valeur de ses manuscrits, et. en général.

en répétant pour nous ce titre des I*egs d'Antoine, il nous en venait à l'esprit un autre qui est celui d'un vaudeville : les Toquades de Borr ornée.

VARIÉTÉS

Lu r.sTRRTHXR kt lkc i à la préfecture de Strasbourg se «ont terminé» après sept séances, accueillies avec une sympathie qui rappelle la faveur dont furent entourées, en 1856, les leçons faites à l'hôtel de ville, particulièrement celles de MM. Colin et Janet, les quelle* ont mémo fourni le texte de deux livres remarquables : la Clef de l' histoire de la comédie grecque et la Famille.

M. Jauct a, depuis, quitté Strasbourg, mais M. Colin est resté parmi nous, il fait partie de la Société littéraire, et il aurait certainement rencontré le même succès qu'il y a neuf ans, s'il avait eu au service do ses idées, aussi justes que piquantes, et de son esprit toujours jeune, un organe moins fatigué par le long exercice d'un professorat exemplaire. Pour nous consoler de son silence , il nous a du moins été donné d'entendre MM. Waddington et Spach.

M. Spach a depuis longtemps , comme écrivain , fait ses preuvos et marqué sa place. Sa leçon sur Lem , le rival de Oalhe, nous l'a révélé orateur. Dans cette étude qu'il a pour ainsi dire improvisée, il a été souvent historien , quelquefois philosophe , toujours conteur aimable et spirituel, et, avant tout, poète ; on sentait à tout moment «celui qui devine sous celui qui «ait. • Pour ne pas refaire ce qui est bien, nous répéterons que son étude a été • un voyage dans ces régions imma-

• térielles dont le cœur, l'esprit et la raison se disputent l'empire et

• que Vhumoriite orateur parcourt avec tant d'aisance. •

Si le désir que nous formulons aujourd'hui pouvait être de quelque poids prés de M. Spach, nous le prierions de vouloir bien, avec le talent oratoire qu'il possède a un si haut degré, nous initier aux chefs-d'œuvre de la littérature allemande que personne ne connaît mieux que lui. Que d'auditeurs n'aurait-il pas et, plus tard, que du lecteurs en France, lorsqu'il aurait fait pour l'Allemagne littéraire, ce que M. Talne vient de faire avec tant d'éclat pour l'Angleterre.

En un mot, le» entretiens do MM. Spach et Waddington out eu le» honneurs des lectures publiques. Nous voulons espérer que la clôture qui vient d'être prononcée ne sera pas définitive et qu'il ne se passera plus neuf ans avant qu'il n'en surgisse de nouvelles. S'il devait en être autrement , le plaisir que nous avons eu A entendre MM. Spach et Waddington rendrait nos regrets trop amers.

Lks facultés des lbttkes dk hbovixce. — • Notre temps est ar-

• rivé, pour la première fois, i concevoir une organisation sociale . oà, l'initiative individuelle ayant tonte liberté, l'État, réduit a un

• simple rôle de police, ne s'occuperait ni de religion, ni d'éduea-

• tion, ni de littérature , ni d'art, ni de morale, ni d'industrie C'est . là un idéal vers lequel 11 faut tendre, quand bien même 11 serait

• Impossible de l'atteindro entièrement. •

La liberté doit être notre foi politique, sociale, philosophique, religieuse, dit avec raison M. Reuan , dans une étude très-profoude qu'il consacre à l'instruction supérieure en France », à son histoire et à son avenir. Nous extrayons d'autant plus volontiers quelques lignes de cet article qu'elles sout très -flatteuses pour l'Académie de Strasbourg.

• L'enseignement de nos facultés des lettres, dans son ensemble . est moins celui de la science moderne que celui des rhéteurs du IV' ou du V* siècle, et souvent je me figure que, si les grammairiens contemporains d'Ausone entraient daiiB les salles de notre haut enseignement , ils croiraient entrer dans leur école. Paris est un centre si brillant qu'où ne s'aperçoit pas de cette lacune : mais si l'on passe à la Province, quel désert! A part quelques honorables exceptions, il ne sort des facultés do province rien d'original, rien de première main. Une on deux tentatives qui se sont produites ponr former ou continuer des écoles provinciales, bien que révélant une activité louablo, ont décélé un manque de sérieux, une puérilité, une fausseté de jugemeut, qui attristent Strasbourg, seule, par suite de BM Institutions protestantes , a gardé une forte tradition d'études propres et de solides méthodes. A cela près, tonte la production scientifique va de plus en plus se concentrant i Paris. On ne cherche, on ne trouve

1 Mtvur Art Orwr- Mondti , I- msi IH*t

que là. Cette brillante Alexandrie uni succursales m'inquiète et m'effraie. Aucun atelier de travail Intellectuel ne peut être comparé à Paris, on dirait une ville faite exprès pour l'usage des gens d'esprit; mais qu'il faut se défier de ces oasis au milieu d'un désert! des dangers perpétuels les assiègent. Un coup de vent, une source tarie, quelques palmiers coupés, et le désert reprend ses droits. •

Nous lisons dans l'ouvrage de M. Aruould : Déranger, ses omit, ses ennemis et ses critiques', tome El, pages 251 255 :

• Le monothéisme chrétien ou uuitaristne a maintenant «on recueil de prières, comme toute religion constituée. Un pasteur protestant , M. Leblois, vient de publier un volume très-curieux et très-intéressant, sons ce titre: Prières pour les différents âges et les principales circonstances de la vie. M. Leblois est un esprit indépendant et hardi qui semble avoir courageusement secoué le jong do la tradi tion et des dogmes, pour se réfugier dans un monothéisme vivant, pur de toute alliance, do tout compromis avec l'orthodoxie. Ses prières s'adressent au seul Dieu, ne nomment Jésus que comme le meilleur des hommes, et n'ont de commun avec les religions établies que le sentiment religieux.

• Comment exprimer les transports do joie que j'éprouve, 6 Dieu

• de vérité, depuis que l'image du vrai Jésus a banni de mon coeur

• la fantastique figure du faux Christ! etc.* •

• Béranger aurait pu réciter cet acte de foi , et il exprimait souvent, presque en mêmes termes, les mêmes sentiments. C'est ainsi qu'il comprenait l'Évangile et Jésus. Du reste, il n'y a pas un vrai déiste qui ne consentirait à dire cette belle prière. •

Nous ne partageons pas l'avis de M. Arnould . le poète qui a dit : Il est un Dieu ilevsnt qui je m'iucline Libre cl cotiienl, sans lui Jemodtl nrii ,

n'eût n-r les pas récits les prières d'un formulaire.

Us ovaJtiOTostiSTs; « ««s i'aunk a mort au commencement du XUI* •iècle. — Nous avons appris que M. le professeur Kœbcrlé, dont le

I. Pans, JoelCherbulicz. — M. Arooulii donne cette priera in tjtsmo.

nom a retenti récemment avec tant d'éclat dan» tout le monde roc dical, «'occupait de recherche» historique! sur lea diverses opérations ovariotomtque» qui ont précédé celle» qui loi ont réussi avec un succès si grand.

Km parcourant ces Jours derniers la Chronupt* de Rieker moine de Senoues, nous y avons découvert le récit d'une opération analogue qui a peut-être échappé aux savantes investigations de M. Kceberlé.

• De nostre temps grande multitude de Juifs habitoient ASalnt-Dhié, outre lesquels un étoit que ses contrlbule» estlmolent très souvent en tols enchantement et augures.

• Une pavvre fille frequentoit la maison d'iceluy Juif et falsoit toutes choses nécessolres audit logis, afin qu'elle peut recevoir d'iceluy sustentation de sa vie. Pour vray dire , comme un certain iour la dite fille eut entré au logis dudlt Juif, et il l'eut appercoe, il en fut extrêmement joyeux, car il se trouva seul avec elle; dont il Iuy dit : Viens ça, et mange quelque peu, car il faut que tu besongne. Et comme elle eut aucunement beu et mangé , elle fut tellement enchantée qu'elle dormit ot n« sentit rien du tout. Le Juif voyant que les enchantements sortoient son effect, Il serra diligemment les portes de sa maison , et ayant pris les outils et ferrements prépare* A foire ce qu'il prepar .it en son envie, Il s'adressa A la fille, et luy ayant ouvert les cuisses, il luy tira par la nature la matrice ou les enfants sont conceus, ot cela fait se la réserva. Mais encore n'est-il certain en quoy il la voulolt employer. La fille cependant, comme elle eut été ainsy l'espace d'une heure, et que le Juif eut fait en elle ce qu'il sçavolt être de besolng, commença à s'esueiller, et sentant qu'elle étolt bleutée aux intestins , elle se mit à pleurer, et partant le Juif luy promettoit beaucoup afin qu'elle n'on fît bruit, mais elle tousiours pleurant sortit du logis, toi! ment que les femmes chrestionnes la voyant pleurer et sortir d'un tel logi», luy demandèrent pourquoyêlle pleuroit, dont elle respondlt que ce Juif avolt fait quelque ehose en elle , de sorte qu'elle en étoit tourmentée an ventro. Les femmes la menèrent en un logis, et recherchant curieusement trouvèrent ce qui lui avolt été fait. Ce qu'étant venu A la cognoipsance d'un certain bourgeois de la ville, prit la fille et la présenta au prevost du duc de Lorraine Iceluy appela le Juif au Jugement, et lui

t. Chapitra XXXVII. page 171 Traduction <1u XVI* »ie< le . Édition Caynn .W„. IA4Ï.

proposa *oi) laict; il le nia, mais au contraire les cbrealieus perMtent et lui montrent la fille blessée. Que pourray ie dire davantage? Enfin ie Juif fut convaincu , et confessa qu'il avoit fa.il I y. Le juge lui demanda à quelle chose il vouloit employer cela, mais il ne voulut le confesser; et en ceste sorte, il fut condamné à mort.»

Vekte de tableaux a Stbabboijro. — Décidément, le goût des arts est solidement implanté chea nous, si nous eu jugeons par le succès qu'obtiennent coup sur coup les ventes de tableaux. Cette fois, il ne s'agit plus de la dispersion d'une galerie connue, formée par un amateur de Strasbourg, mais d'un véritable déballage de toiles de fabrication touto moderne, complété par l'addition de quelques peintures soi-disant anciennes, parmi lesquelles s'étaient glissée*, croyons-nous , pas mal do ces œuvres que, dans le commerce de la curiosité, on appelle des paitiches ou des tahlraux à tournure.

Quoi qu'il en soit, le succès a été complet, et pendant qu'à Pari* le prince DemidolT vendait ses Decamps et ses Melssonnier 10, 20 et 30,000 fr. , nos amateurs se disputaient. 4 des prix Infiniment plus doux, des peinturos attribuées aux mime, maîtres; c'est ainsi que nous avons vu vendre un Delacroix , 80 fr. ; un Decamps , 100 fr. Lo» Melssonnier se payaient de 50 à 70 fr. ; mais il est juste de reconnaître! qu'à ce prix on n'avait pas la prétention de fournir des originaux. Pour les tableaux anciens c'était mieux encore : on a adjugé un Claude Lorrain pour 380 fr. , un Corrége pour Ï80 fr. et un Lancret pour *70 fr. ; inutile d'observer que ce dernier, par exemple, n'était autre chose qu'une contrefaçon moderne.

Lasenle acquisition qu'il convienne de mentionner est celle d'une bataille, de Casanova, payée 150 fr. par un amateur de notre ville.

J'allais oublier une des curiosités de cotte vente, le catalogue

dans lequel les noms des artistes étaient ainsi orthographiés : Verburg, Marilhot. Morilbat, Marnthc, Lublayra. rte, pour Terburjr, Marllhat, Maratte , Subleyras.

La livraison de juin de ia Revue d AUaet qui vient de paraître contient un article de bibliographie relatif à la nouvelle édition de l'Alsace anciénne et moderne. Nous y lison* que . M. Ristolhuber s'esl

chargé de mettre d'accord avec ta con«i»t*ncc actuelle de» deux dé parteinents du Rhin les renseignements ktatlstiqucs qoe Baquol a fait entrer dans le plan de l'ouvrage. C'est on cela surtout qne consiste la refonte annoncée, indépendamment d'indication* empruntées à la science moderne , relativement à l'origine des noms do liens formant l'objet du dictionnaire. D'autres additions importantes, concernant les armoiries communales, les anciennes monnaies des princes-évéques, des villes et des abbayes, quelques cartes et l'image de l'ancienno bannière de Strasbourg, compléteront les améliorations historiques et archéologiques dont M. Rlstclhuber a pris la responsabilité. *

Bien que la bienveillance, nous le pensons du moins, ait présidé à la rédaction de cet article, nous trouvons cependant que M. K. Kurtx ne paraît pas s'être assez rendu compte de toute l'importance des modifications et additions introduites par M. RiMelhubcr dans cette nouvelle édition.

La refonte du dictionnaire Baquol ne cousiste pas seulement dans des renseignements statistiques de 1863, substitués à ceux de 1851 , dans des indications empruntée» à la science moderne, mais daus un ensemble de rectifications , d'additions et même de suppressions relatives à la topographie et à l'histoire, aussi bien qu'à la statistique , et qui font presque de l'édition actuelle, sinon une œuvre originale, au moins un livre nouveau que M. Rlstelhuber a marqué de son cachet personnel.

M. Louis lingot, élève de l'école des chartes, archivistc-blbliotbécairo de la ville de Colmar, vient de mourir à Strasbourg, i la suite d'une longue et douloureuse maladie. On lui doit la création du beau musée des Unterlinden. M. Uugot laisse, dit-on, un remarquable travail : La préfecture de Haguenau tt la décapote d'Alsace, plusieurs travaux manuscrits importants et des note» fort curieute».

Au nombre des livres condamnés récemment par la congrégation de l'Index, nous trouvons celui de M. Matter: Emmanuel de Svedenborg, sa vie, ses écrits et sa doctrine. Pari», 1803.

BULLETIN MENSUEL D'ALSATICA.

Livres.

•-'25. L'Empire des Tsars au point de vue actuel de la science, par M. J. U. SchniUler, tome III* , première section . l'État et l'église. Stratbourg , typog. de V Berger-Lcvrault, 1864; ln-8*, 216 p.

A ce volante eut joint un avis des éditeurs qui contient l'appréciation d'au des premiers statisticiens de l'époque, H. Maurice Block, sur l'ouvrage de M. Scbnililer. On y lit : L'érainent auteur de VBmpirt ira r*tr« n'en est pas à son début dans les étude* sur la Russie. Son premier ouvrage sur le • Colosse du Nord • date de 1 829. Depuis, plusieurs livres se sont succédé sur le méiue sujet , et avec un succès croissant ; la publication actuelle semble destinée à coHrownrr l'omvre.

D'après c« qui précède, 51. Schnitxler serait pour la Rnssie, ce que les Thierry, les Henri Martin, les Thiers sont pour la France! !

226. Londres, Paris, Vienne. Guide pratique international, Illustré

en trois langues (français -allemand-anglais), 1864. Avril, mai, juin.

Typog. de 0. Silbermann; ln-8«, 182 p. — Prix : 1 fr. 50 c.

Publication intéressante è l'usage des touristes, faite par M. Charles Lailetnand. directeur de V Illustration de Bade. La ("édition pour les mois de janvier, février et mars, oc comprenait que 137 pages.

227. Goethe s awelter Faust oder der gedffnete Walpurglssack , von

Samuel Moser ans Weiaaonburg, Im Elsass. rV<#«ewAot«rg, typog. de

Fr. Wenlzcl, 1864; in-lï, 240- XVI p.

Les nombreux commentaires auxquels ce second Faust a donné naissance n'ont pas encore tari : une nouvelle édition de ce poème , avec des notes explicatives, vient de surgir a Wisscmbourg. Ces notes rappellent le fameux chapitre de Rabelais, elles sont dignes de l'u-ur. r dans une anthologie scalologique. D'après M. Moser, Gœthe n'a voulu prouver qu'une saule chose . c'est que tout est ch.... dans ce monde!!

228. Du commerce et des progrès do la puissance commercial» de l'Angleterre et de la France au point de vue de l'histoire , de la législation et de la statistique . d'après les sources et données officielles, avec une introduction comprenant un aperçu de l'histoire générale du commerce jusqu'à non jours, par Charles Vogel, tome I-. Strasbourg, V* Berger -Le v rouit et file, librairee-éditeurs. Typog. de V Berger Levraitlt , 1864; gr. in-8*, VLII-563 p. — 0 fr.

Parallèle de la puissance commerciale de la Frauce et de l'Augleterie . depuis Colbert et l'Acte de navigation britannique. Ce I" volume contient le tableau comparatif de tous les élément* de l'économie nationale de ces deux

pays, l'exposé historique et critique du régime que la législation douanietr •et les traités y ont successivement introduit, celui de» hases de leur contrôle statistique, et l'histoire des progrès de leur commerce, envisagé dans leui ensemble comme dans sa répartition entre tous les pays du globe.

229. La France et l'Étranger, études de statistique comparée , par M. A. Legoyt. Strasbourg, V' Berger-Levrault et fil», libraires-iditeure. Typog. de V Berger-Levrault; gr. iu-8#, XV-64Û p. 10 fr.

Territoire (supericies . cultures, morcellement). — Population (fécondité, mortalité, vie moyenne). — Finances. — Forces militaires. — Aasislaoco publique. — Institutions de prévoyance. — Industrie. — Commerce. — Professions. — Monnaies. — Métaux précieux. — Transports. — tlygiene publique. - Criminalités. - Cultes et communautés religieuse*.

230. Guillaume Brlçonnet, évêque de Meaux. par Ch. Oriou. Sfroabourg, typog. de O. Silbermann , in-8\ 50 p.

Thèse présentée à la Faculté de théologie pour obtenir le grade de bachelier en théologie.

231. Exameu de la Vie de Jésus de M. Renan . par T. Colaui. pasteur. Stratbourg, Treutlel et Wtirtz, libraires-éditeur: Typog. de O. Silbermann, gr. In -8», 74 p.

Elirait de la Mexmt de théologie.

t Le livre de M. Renan . qui a introduit en France la question évangélique avec nu éclat incomparable, l'a présentée sous un jour très-faux à mon avis, et d'où il sera singulièrement difficile de la sortir: car. sans avoir nullement la puissance des génies créateurs . M. Renan laisse une trace profonde partout où il passe. Il s'écoulera de longues années avant qu'on ait rectifié dans 1rs esprit» < e qu'il vient d'enseigner louchant les idées messianiques et touchant l'absence d'nne vraie sincérité chez Jésus. — Et pourtant nous nous félicitun» de la publication de son livre. Ce livre a révélé et, en très-grande partie même, il a éveillé un immense besoin de connaître le Christ véritable, le Naiaréeu , qui a vécu en chair et en os sur cette terre , au milieu d'une société et d'un monde aussi réels que le monde et la société de nos jours. Déformai*, c'en est fait de celte pâle figure byxanline qui flottait dans les esprits . sorte de personnage mjthique s lu réalité duquel on croyait sans doute, mais qu'on n'osait se représenter marvhant rt se motivant parmi les hommes ainsi qu'un de nous. Désormais , la France réclamera un Christ vivant, qui soit tout d'abord un personnage historique, réel et saisissante, au même lilre que César ou Socrate.... •

232. Les vicissitudes du protestantisme à Obernal , dans le couru du XVI» siècle, par M. l'abbé Q«*» (Gyas). Stratbourg, typog. de F. /.. Leroux, 18t*i ; iu-8 , 62 p.

Extrait de la Jtnwe cathotiqnr d Al tait

....L'hUloiig constate »ultis»mmcnt que la Rcformauou. tout eu ne ra****l

•le |>ro< lnnier la liberté, cul pour résultat l'amoindrissement et , finalement . la ro n final ion -t.- toutes les liberté* ...

233. Jésus-Christ et les croyances messianiques de son temps , par T. Colani , 2* édition, revue et augmentée. Strasbourg, Treuttet et WUrtz, libr air ci-éditeur» ; typog. de G. Sitbermann, ln-8*, VIII-254 p.

• En tout cas, il noos faut u» Christ vivant, réel, humain. Celte généra-

• tion qui — ne l'oublier, pas — eat l'enfant de du -huit siècles de civilisa-

• lion chrétienne, celtr génération qui comprend un pea mieux que les su-

• jeta de Constantin ou que les hommes du moyen âge le culte en - «prit et . en vérité, celte génération veut pour Naître une personne appartenant a

• l'histoire positive cl non plus au domaine nébuleux de l'abstraction iln'olo-

• gique. Pins contemporains veulent pour Sauveur un héros qui n'ait point 'Vaincu sans combattre. Ils ne croiront en lui que lorsqu'ils auront mis.

• comme Thomas , le doigt dan* la marque des clous et la main dans la plaie

• du cour, Je veux dire, lorsqu'ils auront senti les cicatrices qu'uni laissée*

• sur l'Ame du Fils de l'homme les luttes Journalières de la via spirituelle. «

234. Matériaux pour l'étude des glaciers, par Dollfuss-Ausset. Paris, K. Savy, libraire, 1804; typog. de G. Silbermann, gr. in-8\ Tome I". première partie : Auteurs; 675 p. Tome IV* : Ascensions, 606 p.

«35. La huitième Légion romaine, par M. de Ring, ln-8», 5 p. Colmar,

imprimerie Decker.

Extrait de la Htvue d'Altatt.

236. Appendice à la description historique et archéologique de Lan-

terbonrg, avec des notes explicatives et historiques, par J. Bcntz.

Strasbourg, typog. de G. Sitbermann, 1864; in-8*. 13 p.

Cet sppemlice, en poésie descriptive, doit servir, par les notes historiques qui l'accompagnent, a rectifier et a compléter la Deteription ds Lauterbourg.

• Si le travail hardi que nous offrons au publie, h litre d'essai, lui est agréa-

• ble, nous en ferons publier plus tard la suite. •

«37. Récit des Amours de M. Camille 8 et de Mlle Mntbllde

mis en rimes et chanté le Jour de leur mariage , jendl , 15 octobre 1863; in-4-, 4 p. Lithographie Baltxer, à Strasbourg.

Tiré a petit nombre et destiné seulement à un petit cercle d'amis. — Celte poésie est illustrée d'un joli frontispice du au crayon habile d'uu de uos jaunes artistes stresbourgeois, M. R. A. .. 238. Comment une église tombe et ae relève. Une page de l'histoire de 8traabourg, par L. Leblols, paateur. Strasbourg, typog. de G. SUberwtann , 1864 ; ln-8% 26 p. — 50 cent.

Discours prouoncé au Temple-Neuf, le 29 mai 1864 , à l'occasion du troisième anniversaire séculaite de la mort de Calvin. (Publié par les soins et aux frais de trois jeunes membre» de l'église ) Ce discours est précède d'une notice sur le gouvernement de Strasbourg au XV!' siècle.

839. Essai sur l'histoire des comte» de Sogren, par A. Qniquerez , in -8*. Berne, 1863; VIM43 p. 3 fr.

Publication faite parla Société d'histoire du canton de Berne

240. Monuments de l'ancien évéchê de Hàlc Topographie d'une partie du Jura Oriental et en particulier du Jura Bernois, époque celtique et romaine, par A. Qutqueres. Porentmy, 1864; in-8*, VIII- 427 p. , 18 pl. et 1 carte. Colmar, librairie de Barth. 10 fr.

Cet ouvrage, publié tous les auspices de la Société jurassienne d'émulation , est suivi du catalogue des principales publications de M. A. Quiqoere». 1836 a 1863.

42: relauves à l'histoire et à l'archéologie ; Il : utilité publique, agriculture et statistique; 2 : géologie; 2 : sujets divers; total : 57.

241. Inventaire-sommaire des archives départementales antérieures à 1790, rédigé par M. Briéle, archiviste. Haut-Rhin. Archive» civiles, série A à K, tome I". Colmar, typog. de Hoffmann, in - 1* . librairie de Barth , à Colmar.

Introduction. 15 p. Séria A (actes du pouvoir souverain, domaine public, apanage , famille royale) , S p. — Série B : Cours et juridictions , parlementa, bailliages, etc. (aucan document de nature à être classé dans cette série). — Série C : Administrations provinciales, 159 p. — Série D : lostrot tien publique (aucan document) ~ Série K : Féodalité, communes, etc.. 76 p

242. Histoire des comtes de Ferrette, par A. Qniquerez. Montbiliard, 1863; in-8-, br., 141 p., 2 tableaux généalogiques et 1 photographie. Colmar, librairie Barth. 3 fr. 50 c.

Fit mit des Mémoirtêd* la SoeiHi d'émulation de Montbùimrd

Périodiques.

Rbvuk oi l'Est (l'Auslrasie) , XXV année. Metz, 1864. Janv. et fév. Étude mu la vie industrielle en Alsace, par Jules l.ej. une.

Ex.8JEaeiBCHR« Hamstaosblatt , n* 8 , 20 février, à u* 23, 4 juin 1864. — A. Stcebbr. Die Brautwabl. — D. Fischer. Der bischttâiebstra-sb. Unterthanen Huldigungseid. — Tu. Klein. Karl Frlederich Hartmann. - C. B«ese. Bricfe ans Algier, n*« 14, 20. - Magistkr Frirdkreich. Strassburger Bricfe. nM 9, 11, 12, 13, 15, 16, 17, 19. 21. - J. L. Ein deutsches Bnchdrucker - «eschlecht In Dentschland und im Auslande (Schweiz, Elsaus, etc.). — A. Stocbfk Aufflndnng einiger rômischer und frànkischer Alterlhûmer im Snndgau. — Th. Frite, Profeusor der Théologie in Straasburg. -- A. Stoersr. Histnrlsche Noliz flber das Schnakenloch bel Straaaburg. -- D. Fischer. Das BuTgerrccht iu Zaburn. Scuwkicuxi'SER. Dao

MasmOnsterthal und dessen Industrie zu An fan g dièse* Jahrbun dert». — Abmbbi-steb. Ursacben der Oper • Flenrette •. — O. Mum.. Die Zigcuucr itn EUass und in Deutsch-Lothringen. — A. 8t<kbek. Sagen von ausgestorbenen Ortscbaflen im Elsass. — L. Fuiikkk. Pflugstausstellnng des philomatischen Verelns. revit i>ks sociétés savaktbb des défartemehts. Janvier et février 1864. l>u prétendu téjour d'Énée en Italie, par M. de Ring (p. 1X4-126). Cet mai se lie s celui intitulé : Du prétendu voyage dliys* sur te Rhin . p. 370-37Î de U mène Revue, année 1811. Kbyuk nouvelle. 1- mai 1864, l>* livraison. Gotteliu, libraire-éditeur, à Pari*. 14 fr. par an pour les départements. Povera, par Adolphe Lerebonllet. Pièce de vers réalistes :

Qui veut de moi maintenant .

De moi vieille ptostiluée Qui vaut a peine la buée Et les coups du dernier manant?

Rbyub des Dbux-Mordbs. 1" mai et 1*' juin 1864.

Saint-René Taillandier. Mmrired* Saxe, t" partie, les années de jeune»».- H le mariage. 2* partie. Maurice, duc de Courlande. Le Temps, du 7 avril 1864. A propos de Fleurette :

• CfSl h trawr* la théologie protestante que nous avons a passer pourpé-

• nétrer dans le sanctuaire des muses. Il parait qne ce sanctuaire ne trouve . pas grâce devant l'autorité suprême de celte théologie, encore que dans le . sein même de celle aulorilé on traduise et l'on compose des drames et des

• comédies fort bien tournées, dit-on. Les deux jeunes auteurs. MM. Nestlcr . ai Febvrel , tous deux étudiants en théologie, ont du choisir entre le fror . el le peplnm. Ils se sont décidés pour ce dernier et ont jeté le premier où

• l'on jette ces sortes de vêtements. •

Puissent-ils toujours , dans la nouvelle carrière qu'ils vont suivre, recueillir les manifestations sympathique» qui ont accueilli leur première œuvre.

Kbvub d'Alsace. Mars, avril et mal 1864. — J. Schsitzlek. Marie Fœdorovna avant son élévation au trône Impérial de Russie, 1759- 1796. — Bd. Goouel. La mort de Socrate (suite). — A. Quiquebrz. La Cure de Pfaffans en 1764. — Isidore Piebbb et A. Mathieu. A propos des prairies artificielles — Mattbr Bibliographie. — Costb. Le monastère de Conque» et l'église Sainte-Foy à Scblestadt. - F. Allbrlieb. Coutumes de Ferrette. — Les Mennonltes d'Alsace. — O. Mobitz. Qni a raison de l'abbé Hanauer ou de M. Clément? — Kubtz. Bulletin bibliographique. — Cit. Gbad. Un Progrès. — La Société alsacienne de* publications populaires et de* bibliothèques circulantes.

Zeitschrift fIIr die Obschichte des Obkbrhriks. 16' vol., 3* livr.

— Mokr. Uebcr don Luxus ira 15ten utid 16teu Jahrhuudert. — Diplomatlsche Brlcfe flber den Krieg gegen Frankrelcb vou 1687- 16i>5. — Urkunden Ober den Uutcrmain von Ka*tel bis Wertbeim (8cblusz). — Zuuforgauisatlon. (Fortsetz.) — InvenUrlum der Rathstubc zn Landau, 1417. Junl 16. — Die fttuf M&nner der Buchhlndlerzmift in Strassburg, I5ten Jabrbnndert. — Beamte der Kurscbncrzunft xu Strassburg, I5ten Jahrhuudert. — Verbot de» Zunftgeriehtes der Scbubmaeber xu 8trassburg. zusamraen geheftetes Loder zu kaufen.23ten Jan. 1367. — Zonftgericfat der Fischer zu Strassburg. — Dam bâches. Urkunden zur Ueschichteder Grafen von Frelburg. (Fortaetz.) — Urkundenlese sur Geschicbte schwabischer KlSster. 6 EngHthal. (Fortsetz.) — Urkendenarchiv de* KloBters Bebeubauscu. (Fortsetz.)- Moxs. Cbristl. Archaologle und AltertbOmcr, Wiudmuhlen.

Revue catholique d'Alsack. Mars et avril 1864. — Fretpel. Le traité des prescriptions et le protestantisme. — D.... L'Œuvre Notre-Dame de Strasbourg (fin). - L. Dacubux. Geiler de Kaysersberg. — Cu. Dubois. Stabat Mater (poéBlo). — Cbronique. — Ch. Dubois. Sainte-Odile (nouvelle suite). — X. Le» Conférences ecclésiastiques du diocèse pour l'année 1864. — Chronique. (Lutte intestine du protestantisme, M. Coquerel, Ooiani et l'opéra Fleurette.)

- Cuiiamo. M. l'abbé Erny, chanoine de Strasbourg. — Bbbkhabd. Des divers systèmes de chronologie sacrée (Version des septante). —. X. Les Conférences ecclésiastiques. — Gûtiilik. Le bienheureux Fourier et la Lorraine, par Alf. de Besaucenet. — CuRoxiqi-E. Lutte intestine dn protestantisme (M. Colani et les feuilles religieuses de Berlin).

Kevue de théologie. 3r série, volume 11, 1** livraison. — Nicolas. Etudes sur le mysticisme Irrationnel (3' et dern. art.). — Colani. La Vie de Jésus de M. Renan (*• art.). Eksfrldeb. Les Prophétie* messianiques d'Bzécbiel. — Stebo. Amos. — Schwalb. — Goi»et. Commentaires sur l'évangile de saint Jean. Bullbtik delà Société littbbaibb de Strasbourg, tome II, première livraison. Typog. de V Berger-Levrault , à Strasbourg.

Proces-Tcrbau» de» séances, 14 svnl 1863-14 mars !s64. Mémoire» : i* Mtnnninger Wallh* von <Ur YogàwH» (l 190-114»), par M. L. SpStb. Lt* Banqvet* che* Ut Grecs, par M. fctl tioguel. Quriqut* idéu $ur U rft», par M A. Fée. l.'Vmlè ét i'etpier Humainr rt le piwalilr dr* l*na>.- • priimlire*. par M. E. Bergniami.

Fabrique de Strasbourg

XVII' •iè.le.

*ir«»nr«- d< \ • Krrrrr-lxi ranli n KiU.

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