‹ Le Bibliographe alsacien (volume 2)Chapitre 48 sur 127 · L. aut. sig.; Paris, 6 mars 1806, 1/2 p. in · texte numérisé non relu

L. aut. sig.; Paris, 6 mars 1806, 1/2 p. in

987. Scheffer (Jean), savant antiquaire , attiré en Suède par Christine , bibliothécaire d'Upsal , né à Strasbourg.

L. aut. sig. à la reine Christine de Suède; Upsal, 29 oct. 1664, 2 p. gr. in-fol. , cachet. 1033. Spieqel (Jacques), savant jurisconsulte du XVI* siècle, disciple d'Ulric Zasius, conseiller de Charles- Quint à Strasbourg, né à Schlestadt.

L. aut. sig., en latin, au professeur Wolfgang Capiton; Strasbourg, 1er mars 1522, 1 p. 1/4 in-4 , trace de cachet.

Épîtro fort curieuse dans laquelle il blâme Capiton de s'être rendu à la cour d'Albert de Brandebourg, cardinal électeur de Mayenco, prince odieux à toute l'Allemagne érudite. II est fâcheux, lui dit-il, qu'oublieux de ta propre dignité, tu aies accepté une fonction si ignoble. Lui et ses amis l'engagent à revenir à Strasbourg, où ils le recevront à bras ouverte. Il ajoute: • N'ayez pa* foi dans le* princes : ce n'est pas auprès d'eux qu'est le salut.*

1048. Sturm (Jacques), réformateur célèbre, disciple de Luther, dout il propagea des premiers la doctrine à Strasbourg, sa patrie.

L. aut. sig., eu latin, à Fabrice Capiton; 1520, 1 p. in-4 oblong. Rare. t

Trè«-belle lettre, dana laquelle il l'entretient de Spiegcl.

1049. Sturm (Jean), savant helléniste et réformateur, recteur du Gymnase de Strasbourg.

L. aut. sig., en latin; 1er mars 1572, 1/2 p. in-fol. Très-belle et rare pièce.

1109. Velseb (Marc) , savant historien et jurisconsulte allemand, élève d'Ant. Muret, généreux protecteur des lettres.

L. aut. sig., en italien, à L. Settala, médecin à Milan, Strasbourg, 2 avril lb'10, 1 p. pl. in-fol. cachet.

Il lui demande une consultation sur les infirmités qui le tourmentent.

REVUE BIBLIOGRAPHIQUE

De la psychologie de saint Augustin, par Ferraz. professeur de logique au lycée de Strasbourg. Paris, Durand, 1862, 1 vol. in-8°, de 494 pages. — De stoica disciplina apud poetas romanos, par le même, in-8°, 148 pages.

494 pages pour ce qu'on est convenu d'appeler une thèse! M. Ferraz mérite de recevoir un double diplôme, et la grosseur de son volume produit unr première pré-

somption en sa faveur. L'auteur cherche successivement dans saint Augustin ses opinions sur l'origine de l'âme, sa spiritualité , sa nature , ses facultés , son immortalité et sa destinée après la mort. Sur l'origine do l'âme, Augustin n'a, en définitive, pas d'opinion; dans son Traite du libre arbitre, dans son livre sur Y Ame, dans son Commentaire mr la Genèse, dans ses Rétractations et ailleurs, il fait l'aveu de son ignorance. «Quand, dit-il, on soulève ces questions et beaucoup d'autres semblables qu'aucun de nos sens ne peut sonder, qui sont inaccessibles à notre expérience et profondément cachées dans les abîmes de la nature , un homme ne doit pas rougir d'avouer qu'il ignore ce qu'il ignore réellement.» Saint Augustin n'a nulle part exposé ses vues sur les facultés de l'âme avec une certaine rigueur; ce n'est qu'en rapprochant des passages épars dans ses récits, qu'on peut arriver à connaître sa doctrine sur la question. L'âme n'est pas seulement pour lui le principe de la pensée. Comme le rouach pour les juifs, c'est encore le principe de la vie , la source d'où découlent les phénomènes physiologiques, Augustin est un animiste. Nous aurions aimé que M. Fcrraz s'étendît rat le système ainsi nommé, et prît position dans une controverse qui se poursuit en ce* moment.

Selon saint Augustin, les nerfs et la sensation naissent de la partie antérieure du cerveau, les nerfs du mouvement de la partie postérieure. M. Fcrraz fait à ce propos heureusement remarquer à M. Lélut, que Willis n'est pas le premier qui ait affrété l'encéphale aux fa-

cultes actives de l'homme, et qu'il en faut chercher l'auteur beaucoup plus haut. Saint Augustin dit avec Épicurc,*quc les sens ne houb trompent jamais et que nous ne nous égarons qu'en leur faisant dire ce qu'ils ne nous disent pas. Ce que les yeux me disent d'une rame plongée dans l'eau , est-il vrai ? Parfaitement , car puisqu'il y a des causes qui doivent la faire paraître courbe, c'est, si elle me paraissait droite, que je serais fondé à taxer mes yeux d'erreur. M. Ferraz applique à cet argument le mot de galimatias. Ritter l'admire et nous l'admirons aussi ; ce n'est pas pour les esprits distraits que parle le philosophe, et ceux qui soutiennent de mauvaises causes trouveront des armes dans une rigueur qui affecte la clarté aussi bien que dans de prétendues équivoques. La mémoire est, aux yeux de saint Augustin, la faculté qui conserve les idées relatives nonseulement au corps, mais à l'âme, non-seulement aux vérités éternelles, mais à l'être éternel. La réminiscence, c'est le pouvoir que nous possédons de retrouver nos idées perdues, de ranimer nos sensations évanouies, c'est la mémoire qui, au lieu de conserver, recouvre. Imaginer, dit Augustin, c'est diminuer, agrandir, modifier enfin d'une manière quelconque les images fournies par les sens et conservées dans la mémoire. La question de l'imagination conduit le philosophe à celles du rêve, du délire et des phénomènes analogues; mais ici il exprime des vues dont les spiritistes seuls peuvent aujourd'hui revendiquer l'héritage et se promettre la tranquille possession. La raison de l'homme e*t pour Augustin la

faculté de connaître la raison «les choses: elle se meut des principes aux conséquences et des conséquences aux principes, allant toujours de raison en raison dans le domaine du connaître et dans celui de l'être, jusqu'à ce qu'elle arrive à une raison inconditionnelle qui explique tout et n'ait besoin de rien pour l'expliquer.

L'idée que saint Augustin se fait de l'amour, est pleine de grandeur et trahit un vif sentiment de l'analogie universelle. Cette idée est devenue une doctrine chez Malebranche et un système complet chez Fourier : ■ Doctrine grandiose malgré la singularité des détails, parce qu'elle ramène à un seul principe l'infinie variété des phénomènes de l'univers, et qu'elle, explique le monde physique et le monde moral par une seule et même formule. Doctrine séduisante, parce qu'elle satisfait ce besoin d'unité qui tourmente notre espèce dans l'ordre de la science encore plus que dans celui de l'art, et que l'homme qui la possède croit tenir en quelque sorte dans ses mains la clef de la création. » Augustin croit qu'une des lois de l'amour, c'est de se fortifier par l'habitude, et il met parfaitement en lumière cette vérité trop négligée par les moralistes contemporains. Il remarque que la veuve a plus d'efforts à faire pour être chaste que la jeune vierge, la courtisane que la veuve, car les efforts doivent être proportionnés à la force de la passion qui est elle-même déterminée par celle de l'habitude. C'est en froissant en nous l'amour comme principe d'action , qu'on provoque ce sentiment de réaction énergique qui se nomme la colère. La colère est. d'après Augustin, le

désir violent de renverser les obstacles qui gênent notre action. Sur l'amour du monde, saint Augustin a des paroles d'une rigueur qui aujourd'hui est tout à fait déplacée; il explique l'attrait du fruit défendu par l'amour de l'indépendance et se rencontre ici avec Rabelais. Seulement l'écrivain de la Renaissance exalte et glorifie cet amour que ravale et flétrit le père du cinquième siècle , et il a raison; mais à cette cause il en faut ajouter d'autres : la curiosité qui est le commencement de la science et le dédain de l'expérience qui ne vous est pas personnelle. D'ailleurs, on n'explique toujours par là que les petits méfaits , les méfaits tout de circonstance et de convenance. L'homme raisonnable qui possède les saines notions du vrai et du juste, n'ira pas faire ce qui est justement défendu parce que c'est défendu. L'homme, selon saint Augustin, aime Dieu comme le Bien, le Beau et le Vrai suprême. L'homme aspire de toutes les puissances de son être et comme à sa fin naturelle, à la vérité qui contient en elle toutes les autres, qui est sans progrès et sans défaillance, éternelle et incorruptible. 11 se plaît à se nourrir de cet aliment divin qui se donne à tous sans se diviser. Augustin n'est pas le seul qui ait. ainsi exalté la vérité. Voltaire met en scène un bramin, qui vit malheureux avec toute sa science et qui ne voudrait pas du bonheur de sa voisine ignorante s'il fallait l'acheter au prix de l'abrutissement. Gœthe n'a pas fait autre chose en créant son immortel Fnmt. A la liberté, saint Augustin superpose la grâce et émet des opinions qui ont fait assez de bruit pour que nous 1rs laissions reposer. M. Ferraz ne vient

pas ajouter une solution nouvelle à toutes celles qui ont été données à la question du libre arbitre, toutefois il se prononce pour le déterminisme contre la liberté d'indifférence. La question de l'immortalité de l'âme est une de celles qu'Augustin a traitées le plus faiblement. Les idées qu'il développe sont la plupart des emprunts faits à la philosophie antérieure , et elles out de la peine à faire corps avec l'ensemble des dogmes chrétiens. Augustin croit que la destinée de l'âme, après la mort , est de vivre dans un état d'inaltérable félicité ou de misère irrémédiable , selon la parole des livres saints , et il se prononce contre .la théorie de la métempsycose platonicienne. tMais, dit M. Ferraz, si ces arguments sont valables contre la métempsycose , qui place nos existences ultérieures sur le globe que nous habitons , seraient-ils éga- . lement concluants contre la métempsycose qui déroule la série de nos vies futures au sein de l'espace infini, et les fait tendre d'une manière régulière et progressive vers le principe de tout bien. Nous ne le croyons pas. » Et plus loin : « Quant à la question de savoir si ces spéculations sont aussi solides que brillantes, nous ne nous chargeons pas de la résoudre. Sans croire, avec certains auteurs, à l'impuissance absolue de la raison, nous croyons à son impuissance actuelle touchant les matières dont il s'agit. » Que ce soit là la conclusion de cette rapide revue, car nous n'admettons pas une recherche philosophique qui se réduise à l'étude contemplative, artistique pour ainsi dire, des systèmes, et ne produise pas un résultat utile, fût-ce celui de constater que nous sommes des ignorants.

La conclusion do M. Ferraz, sur saint Augustin, est qu'il fut un disciple de Platon et des Alexandrins, qui ajouta aux arguments de ses maîtres des preuves plue décisives et analysa leurs théories avec une vivacité originale. Il en est un peu ainsi de M. Ferraz relativement à nos professeurs de philosophie. Il est un disciple de M. Cousin, le Platon diminué de notre siècle, et des Alexandrins : MM. Garnier, « le célèbre psychologue > ; Saisset, «le philosophe éminent au beau et noble langage » ; Lévêque , « aux œuvres brillantes et remarquables », etc. Quant à MM. Jean Raynaud, Renan, etc., ils jouent ici le même rôlo que Julianus et Faustus visà-vis de saint Augustin : ce sont des hommes à paradoxes et à boutades; que voulez-vous? ils ne sont pas éclectiques, je ne dirai pas spiritualistes , car c'est de l'outrecuidance à Messieurs de la Sorbonne , de vouloir confisquer ce nom à leur profit, et c'est timidité de la part de M. Ferraz de suivre leur exemple; nous le regrettons pour l'auteur d'un ouvrage dont le fond et la forme sont également recommandables.

La thèse latine de M. Ferraz roule sur le stoïcisme chez les poètes latins : sujet factice qu'il a fallu gonfler de chapitres généraux plus ou moins indispensables. Ce sont ceux-ci cependant qui oflrent encore le mieux matière à discussion. M. Ferraz essaie de marquer les différences et les affinités de la poésie et de la philosophie , et nous avons été surpris de voir que le chapitre des affinités était plus long que celui des différences. M. Ferraz désapprouve Horace, disant qu'Homère montre mieux

que Chrysippc et Crantor ce qui est beau ou laid , utile ou nuisible, et il ajoute qu'Homère n'aurait pas de réponse à offrir à qui lui demanderait ce qu'est le beau , l'utile en général. Nous le croyons, parbleu! bien, et nous serions fâché du contraire. Horace a voulu dire qu'Homère, par ses nobles images, par ses tableaux saisissants, nous faisait mieux sentir la différence du beau et du laid, de l'utile et du nuisible que Chrysippe et Crantor par leur sec enseignement et leurs froides théories.

En d'autres termes, le propre des philosophes est principalement de rechercher le vrai, et celui des poètes de cultiver le beau ; le philosophe qui est attiré vers le beau tient du poê'te , et le potfte qui aspire au vrai tient du philosophe; mais c'est s'engager dans la confusion • des catégories les plus naturelles et prêter le flanc à l'imputation de mesquinerie , de s'attacher à marquer la trace de telle doctrine philosophique dans tel poiJtc qui n'est rien moins qu'un philosophe de profession. Aucun des poètes examinés par M. Ferraz n'a prétendu exposer le stoïcisme dans ses vers, et le seul poète latin qui ait traité la philosophie poétiquement, c'est Lucrèce, un

disciple d'Epicure qui , d'ailleurs , n'est poëte que lorsqu'il abandonne la philosophie et se sauve dans ce qui fait la matière de la poésie. Poésie c'est création , et la création procède de l'amour, qui est une Volonté plus énergique {valentior voluntas) comme la volonté est un amour plus calme. Pectus est quod poetwt facit.

La philosophie c'est étymologiqueinent la science «h1

1 amour ou «I»' la volonté, des appétits et des aversions, dans une société parvenue à un haut degré de civilisation , comme la Rome d'Horace et la Rome de Lucain , ces deux termes de poésie et de philosophie sont irréductibles. N'envisageons donc le travail de M. Ferraz que comme un exercice de latinité assujetti aux conditions d'un programme impérieux : à ce point de vue, nous n'aurons que des félicitations à adresser à l'auteur, car dans 148 pages il n'y a qu'un mot1 qui ait éveillé nos

SClUpulC8. P. RlSTEI.HITBEB.

VARIÉTÉS

Le» Hirondelle* de Strasbourg, au 15' et au 1G' siècle. — 81 nous quittons ccb climats du Midi, dans lesquels nous voyous, sans étonnenient, des passions fougueuses produire leur naturelle conséquence, ouvrir la voie à des désordres de toute nature et fatiguer la persévérance du législateur; si nous portons notre attention sur des pays qu'un ciel moins brûlant semblait disposer à une conduite pins grave, nous y retrouvons les mômes excès empreints peut-être d'un caractère plus grossier. Jamais sans doute le scaudale no fut plus hideux et plus repoussant que dans la ville de Strasbourg. On voulut ici comme partout obliger les filles de joie à se tenir dans des quartiers déterminés. On n'y réussit pas davantage. • Par de* ordonnances des magistrats , des années 1409 et 1430, dit M. Koch (Observations sur l'origine de la maladie vénérienne et sur $on introduction en Alsace et à Strasbourg, germinal an VIII; Mémoires de l'Institut, sciences mor. et pol. , tome IV, Paris, an XI, page 346), toutes les femmes de mauvaise vie étoient consignées dans les rues dites Dieckergass, Klappcrgass, Grcibcngas» et derriôro les murs, où, c*t-il dit clan* ces ordonnances,

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