VIII. Preces Flandriae afflictœ
IX. Threni Alsatiae, Lotharingia> , Palatinatus , c«terarumquc torrarum cis et trans Rhennm.
X. Votum et omen Germanici pectoris ; ab intima penna Campestri, cui Campestres martis tubas silentium imponunt, Augustisaimo imperatori Leopoldo I huraillimè eonsecratum.
On ne comprendra bien le genre de cet ouvrage vraiment extraordinaire, que par la citation d'une des inscriptions qui le composent. La suivante est extraite du premier chapitre :
O Dîna, Dlaai Celebri» oliio flcrmanorum Silbertina :
nnnc
Advenarum boupltnm Auri/odina.
Rlecta quondain fui Mi à Romani», In publicorum Tributoruin .ASrariuin ; in qnod
Maxiraa copia argent! Inferebatur :
Nunc facta es Tribntaria Oallorum Inquilina Qui
Non solùm argentnm , sed et arma tua
• cfferunt.
Olim
Teutanicœ gloria nationi» :
nunc
Braceata Indibrlum gentit.
Ollm
Amtriacv protection!» fili» :
nnnc
Qalliat domlnationls Sclava et Pedis««qua. Olim
Clvium liberrimorttm et
CtUberrimi armamentarii Regiua :
nnnc
Omnium Oailicornm apparatuuui , et
HoHlilium armorum
ojffidna.
Ollm Argentoratnm :
nunc
Municiplum formatniu.
Olim
8ilberthal et vallia Argenti nunc
Jammcrtkal et valliB Absynthii.
Ebeu :
Tuum hoc fatum :
Quia
Cum allenis Diis es merctricata.
Cette dernière phrase est prise des Lamentations de Jérémie , comme l'auteur a soin de l'indiquer en marge.
On remarque, à la page 37, une longue apostrophe en prose aux citoyens de Strasbourg. Le Solitaire campagnard leur reproche, avec une chaleureuse énergie, do s'être livrés à la France et d'avoir accepté les lois françaises en échange de leurs privilèges et immunités, qu'ils auraient dû défendre au prix de leur sang.
Dans une protestation , qui vient à la fin du recueil , l'auteur déclare que s'il a vivement attaqué la France , il
l'a fait par amour de la vérité, par zèle pour la liberté de l'Allemagne, et par fidélité envers l'auguste maison d'Autriche; il s'excuse encore de s'être laissé parfois emporter à des violences et à des amertumes de paroles : n'y était-il pas autorisé d'ailleurs par l'audace des écrivains français qui avaient osé invoquer les droits du roi de France à la couronne du Saint- Empire? Il s'indigne surtout contre l'impertinence d'Antoine Aubery, avocat au parlement, qui avait publié, en 1630, un livre intitulé : De la prééminence de nos rois et de leur prés van ce sur l'Empereur et le roi d'Espagne. C'était aller chercher un peu loin en arrière le souvenir des griefs que l'Autriche elle-même avait oubliés depuis longtemps.
Quoi qu'il en soit, les malédictions que le Solitaire adressait en style lapidaire à la ville de Strasbourg n'ont pas eu d'écho , et ses lugubres prophéties contre cette illustre cité , sont restées enfouies dans son extravagant ouvrage qui n'a pas même sauvé son nom de l'oubli. Le pauvre homme espérait pourtant que cet ouvrage lui rapporterait quelque réputation : Spero, disait-il, saltcm apud quosdam, lucrnm aloriœ. Que son style lapidaire ne pèse pas trop sur sa mémoire!
Paris, 20 octobre 1863.
P. L. Jacob ,
bibliophile.