C. Sommervogel 84 , 26U
Wallenatein , de Schiller, traductiou de M. Th. BrAun .... 100
Deux VUUee à Nicolas de Fine, tradaites par M. Ed. Fiek ... 145 Recherchée expérimentales êur la dureté des eorpe. — Recherehtn
* êur la eompoêition chimique des eaux potables t par M. Hagueny . 148
Chronijue de Tliann 151
Histoire de Gabriel Malagrida^ par ^. Mury 158
X>e« C(mfe« S^mow, par le comte de Ghevigné 155
Histoire de la Révolution française dans le département du Haut- Rhin y phr M. Y éron-Révïlle 239
Le Westrieh, ptLT M. houU Benoît 843
Études sur la sign^ation des noms de lieux en France y par
M. Ilonsé 271
Deux nouvelles productions de l'imprimerie de M. Fix. . ■ . 293
VaHétés.
Une haute école de critique rellgieuae 15
Le LeibnitE de M. Foucher de Careil 16
Armoiries de Salnte-Marie-auZ'Minei 48
Le Compositeur Reyer et Bartholdy 49
Le Dictionnaire des communes de FVance , ptkr M, JoAnne. ... 50
Le Dictionnaire des communes de France et M. Brièle 87
Les Poésies de Lénau 103
M.Coulmann eties A^mm»«e«n<;«« 104
Le Roman alsacien 104
Violon 15r.
L'ancienne Académie des inscriptions et belles-lettres .... 210
Faïences de Haguenau .... 211
Catalogue de la Bibliothèque de M. Jung 213
M. Colin , doyen honoraire de la Faculté des lettres 246
Les Tombes celtiques, pskv M. do Ring 247
La Contre-RévolutUm en Alsace, par M. Hoitz 249
( VII
Paget
Prix de l'Académie française à MM. Campanx , Fnstel de Coulanges et Martha. Mention honorable à M. Hanauer par l'Académie des inscriptions et belles-lettres )iA9
MM. Maurial et Qrass, chevaliers de la Légion d'honneur ... 249
Société littéraire de Strasbonrg 278
Un Moréri consacré par Voltaire 281,995
Poésie de S. Brandt trouvée à Bftle 28t
Un portrait de Keppler 282
Bibliothèque de Strasbonrg 282
Un Placard en 1462 297
Suicide d'un évéque à Strasbourg 298
Bibliographie.
Bulletin mensuel d'Alsatica . . . 18, 51, 106, 157, 214, 249, 283, 299
Périodiques 19, 55, 109, 166, 218, 251, 305
Estampes 168
Livres rares et curieux 21,111
peler brièvement la situation de cette industrie en Europe, dans les premières années du XVIII' siècle.
Tandis que l'Allemagne attendait encore les découvertes de ses arcanistes^ on fabriquait d^' à en France une poterie qui , sans être de véritable porcelaine , en avait du moins Taspect et quelques-unes des qualités secondaires; c'est ce qu'on a nommé porcelaine artificielle ou à pâte tendre. Dès la fin du XYII* siècle , cette sorte de poterie était de fabrication courante dans l'usine de Saint- Cloud , et peu d'années après , on en faisait également à Lille et à Rouen. Mais c'est seulement en 1769 que la manufacture de Sèvres commença à fabriquer de la porcelaine dure dont, dès 1761, elle avait acquis les procédés d'un descendant de Charles Hannong, ainsi que nous le verrons plus loin.
La faïence était donc, au commencement du XVIII* siècle , la plus belle poterie qu'on eût pour l'usage courant; et on en faisait alors de fort remarquable un peu partout, en Allemagne, en Hollande, à Nevers, àEouen et en Provence. Ainsi, sous ce rapport, l'Alsace n'était pas précisément en progrès , puisque je n'ai pu constater l'existence d'aucun établissement de ce genre en activité à cette date , et que , selon toute apparence , la contrée ne produisait alors que des gi'ès communs et des terrailles vernissées. £lle ne tarda pas cependant à prendre part au grand mouvement industriel qui déjà se faisait sentir en Allemagne.
La grande affaire du moment, celle qui préoccupait surtout les savants et même les souverains de ce pays,
c'était, on le sait, la recherche de la transmutation des métaux ou de la pierre philosophale ; mais les alchimistes faisaient aussi depuis longtemps de vains efforts pour trouver le moyen de reproduire ces belles poteries blanches et translucides que les Portugais avaient, dès le XYI* siècle , rapportées de la Chine et du Japon. L'électeur de Saxe , Frédéric- Auguste P*^, attachait un prix immense à cette découverte , et pour y arriver, il avait en quelque sorte séquestré dans son château d'Albrecht, à Meissen, deux habiles alchimistes nommés Tschirnhaus et Bôttger, qui, sous une surveillance sévère, poursuivirent ce résultat pendant plusieurs années. Comme cela arrive le plus souvent, leurs recherches n'aboutirent pas, mais le hasard vint à leur aide , et en fabriquant des creusets de fusion pour les besoins de leur laboratoire, ils obtinrent une poterie rouge dure et solide qui avait toutes les qualités de la porcelaine , moins la blancheur et la translucidité. Enfin , par une autre circonstance toute fortuite encore , Bdttger ayant eu à sa disposition une terre blanche des environs d'Aue, le kaolin, la base de la porcelaine, cette matière si longtemps cherchée, était trouvée, et dès Tannée suivante, 1710, parut à la foire de Leipzig la première porcelaine blanche d'Europe.
A partir de ce moment, les précautions prises pour assurer la conservation des secrets de la fabrication furent portés au delà de tout ce qu'on pourrait croire. Le point fondamental des instructions données à tous ceux qui travaillaient dans la manufacture de Meissen, depuis le directeur jusqu'au simple ouvrier, était: secret jusqu au
tombeau. Cette instruction était répétée aux principaux chefs tous les mois et affichée pour les inférieurs à la porte des ateliers. Quiconque trahissait un des secrets était menacé d'être enfermé pour la vie comme prisonnier d'État à la forteresse de Kœnigstein. La fabrique était traitée en véritable place forte dont rentrée était interdite à quiconque n'en faisait pas partie.
Malgré toute cette surveillance, les secrets ne tardèrent pas à être répandus dans jl'autres parties de TAUemagne par divers transfuges échappés de la forteresse de Meissen. C'est par cette voie que nous les verrons bientôt parvenir à Strasbourg.
Si l'Alsace ne possédait pas encore, à cette date de 1710, de fabrique de faïence artistique, on comptait cependant dans la province de nombreuses manufactures de poteries de toutes sortes. A Strasbourg, nous l'avons dit, leafiguit^ potiers de terre et fabricants de poêles de faïence , formaient un corps de métier qui avait son importance et dont faisaient partie des ouvriers habiles et des chefs versés dans la connaissance de toutes les pratiques du métier.
Parmi ces derniers, le plus capable et le plus instruit, sans aucun doute , était Charles-François Hannong qui , depuis quelques années, avait fondé, dans lame du Foulon, une manufacture de pipes en terre. Originaire de Maastricht, Hannong vint s'établir à Strasbourg, vers 1709*, après avoir habité pendant plusieurs années
1. Le 6 octobre 1710, Hannong est admis membre de la Tribu den maçons; pt, en 1712, dans l'acte de décès d'an de ses enfants, il prend
MayeDce; c'est pendant son séjour dans cette dernière localité qn^il acquit sans doute ses premières connaissances céramiques , car dans les environs , à HSchst, existait alors une fabrique de faïences fines qui avait déjà une certaine célébrité et devint par la suite un des établissements les plus remarquables de T Allemagne. Quoi qu'il en soit, c'est là que plus tard Charles Hannong et ses fils vinrent chercher les moyens de perfectionner leur fabrication en empruntant à l'usine de Hëchst non-seulement ses procédés, mais encore des matériaux et même des ouvriers. Ce fait ne serait pas établi par les documents qui ont été mis à ma disposition, que la similitude des produits des deux établissements ne pourrait guère laisser de doutes à cet égard; j'y reviendrai, du reste, lorsqu'il s'agira de déterminer les caractères des faïences de Haguenau et de Strasbourg.
Ainsi Hannong ne s'occupa d'abord que de la fabrication des pipes ; mais il donna promptement une grande extension à son établissement et acquit lui-même bientôt une position des plus honorables parmi les notables de la cité. Nous voyons, en effet, que, en 1718, il est nommé échevin par la corporation des maçons unie à celle des potiers, et que, en 1729, il est appelé à siéger dans le petit Sénat. Pour que de pareilles distinctions viennent trouver un étranger établi depuis peu d'années dans une ville où les corps de métiers et la bourgeoisie avaient une importance considérable, il fallait nécessairement que
la qualité do bourgeois do Strasbourg, co qui suppose bleu une résidence de quelques années dans la ville.
( 6 ) celui-ci fût an homme aaesi recommandable par sa valeur personnelle que par son influence sur une partie de la population. (SmcoMnuitf.)