‹ Le Bibliographe alsacien (volume 3)Chapitre 3 sur 138 · AUX-MINES · texte numérisé non relu

AUX-MINES

La ville actuelle de Sainte-Marie-aux-Mines n'est pas une cité semblable à la plupart de nos anciennes cites d'Alsace. Elle n'a jamais été murée comme RibeauviUé ou Ammerschwir, et le beffroi n'a jamais appelé les bourgeois au moment du danger. D faut la considérer plutôt, dans les siècles derniers, comme une colonie placée sur les deux rives de la Liepvrette où les princes allemands et les princes lorrains envoyaient des hommes pour y exploiter des mines qui furent un moment tellement prospères, dit-on , qu'elles devinrent un fief de l'empire d'Allemagne. Un côté de Sainte-Marie était lorrain , l'autre allemand. Maintenant encore , la langue allemande domine sur la rive droite et la langue française sur la rive gauche. Une agglomération d'individus placée dans de telles conditions ne pouvait constituer une cité homogène et avoir, par conséquent, un drapeau commun, ou, si l'on préfère, un blason. Aussi ne trouve-t-on pas d'armoiries propres à la ville de Sainte-Marie. U n'y a que des armoiries de communautés; celle des mineurs, par exemple , qui porte : d'argent à deux marteaux de sable en sautoir. On n'est pas bien d'accord sur la nature des

émaux. Des armoiries assez singulières ont passé pendant quelque temps pour être celles de Sainte-Marie. Elles étaient : parti de Ribeaupierre et d'azur à la double croix de Lorraine. Mais ce sont des armes imaginaires dues sans doute à Timagination d'un archéologue fantaisiste. Lorsque Louis XIV imposa, comme moyen fiscal, des blasons aux communautés et aux habitants plus ou moins notables des villes et villages d'Alsace, Sainte-Marie eut sa part dans la distribution. D'Hozier, généalogiste de France, donna, non peu à la ville, mais à la communauté des habitants du village de Sainte-Marie-aux-Mines , les armes suivantes : d'azur à une Notre-Dame d'argent posant ses pieds sur une montagne d'or. Ainsi donc , à proprement parler. Sainte* Marie n'a point d'armoiries à elles comme l'ont Strasbourg, Schlestadt, Colmar, Mulhouse, Haguenau, etc. Elle n'a, si elle veut en adopter, que celles que je viens de décrire et qui furent imposées à la communauté de ses habitants par l'administration fiscale du roi Louis XIV. Léon Landvavn.

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