‹ Le Bibliographe alsacien (volume 3)Chapitre 70 sur 138 · Cette dernière monographie e&t écrite en français · texte numérisé non relu

Cette dernière monographie e&t écrite en français

2. Etude sur les ingtitntions communalm du We$trich et sur le livre du Hngtiiwie jour de Fénétrange, par M. Louis (de Bcrtlieiming) ; brochure in -Ho de M p. Nancif, 18«fi.

XVII* siècle. L'auteur, à qui les récents travaux des Maurer , des Burkard , des Grimm , des Mone et de notre compatriote, M. Hauauer, sur les institutions colongères ne sont pas inconnus, établit que le régime colonger n'était pas circonscrit à l'Alsace , qu'il avait franchi les Vosges et qu'il s'était étendu dans cette contrée , arrosée par la Sarre, et «qui n'était ni messine, ni lorraine, ni alsatique » ; il en a retrouvé» des traces dans plusieurs localités , < où les habitants nommaient le maire et rendaient la justice sans l'assistance d'aucun seigneur»; il trace a larges traits , aussi clairement que le sujet le comporte , l'organisation des campagnes depuis le XIP jusqu'au XVIP siècle, sans négliger nulle part d'indiquer les sources auxquelles il a été puiser les matériaux dont il use pour composer son résumé historique. Après avoir énuméré les charges, les corvées, les redevances fixes en argent, blé , œufs, poules, et auxquelles les colongers, fermiers, villageois et tenanciers de lots étaient soumis, il nous conduit à l'afirauchisscment des communes et à l'abolition de la servitude ; il proteste ensuite contre < la « fausse érudition du XVIU® siècle , qui a fait grand bruit «d'une foule de légendes apocryphes contre lesquelles <^ ou ne s'est pas assez tenu en garde et qu'il faut exa- « miner avec la plus grande réserve sous peine d'être en- « traîné à de grossières méprises. Le moyen âge, dit-il, « a eu assez de misères sans qu'on aille le gratifier de «tous les ressorts usés du mélodrame : les malheureux «serfs condamnés à battre les fossés du château pour « faire cesser les coassements des grenouilles , etc. »

Ici nous nous permettons d'arrêter l'auteur et de lui faire observer que cette avilissante et bizarre servitude existait à Steînbourg, village situe près de Saverne et appartenant jadis à Tabbaye d'Audlau. Lorsque Tabbesse se rendait dans cette localité , pour y tenir les plaids annaux , son vassal , le noble de Still , qui tenait d'elle un verger en fief, était obligé de venir battre l'eau de l'étang voisin pour empêcher le bruit des grenouilles la nuit qu'elle y passait, afin qu'elle pût dormir tranquillement. Le registre des fiefs (Lehenbuck) de l'abbaye , qui remonte à l'an 13 02 (Grandidier le cite dans son Histoire de l'évêché de Strasbourg *j, contient la mention suivante au sujet de cette singulière servitude qui peint à elle seule l'état d'abaissement auquel les grands seigneurs et les opulentes abbayes rédui£<aient leurs vassaux : Krafft vmi Still isi man von dcm Domgarten zu Steingewirck , dannenvon sol er diefrosche sweigeti, magen, so cin eptischin do ist. Ce texte est tellement clair qu'il n'a pas besoin de commentaire. Au reste , l'existence de cette servitude était une réalité constatée par les Grimm et les Maurer, ces savants dont toute l'Allemagne reconnaît l'autorité**, l'éminent publiciste d'Erlaugen n'y voit qu'un hommage symbolique que les vassaux et les serfs rendaient à leur seigneur ^.

Après avoir exposé l'origine et l'ensemble des institu-

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