‹ Le Bibliographe alsacien (volume 3)Chapitre 75 sur 138 · MÉMOIRES DE FEUX FLATTER · texte numérisé non relu

MÉMOIRES DE FEUX FLATTER

Les hommes de goût n'ont pas oublié Taccueil fait aux Mémoires de Thomas Flatter, traduits et imprimés par M. Fick. C'était le premier de ces chcfe-d'œuvre typographiques qui dépassait le petit cercle de happy few pour lesquels seuls M. Fick semble avoir, jusqu*alors, fait gémir ses presses. U se trouva aussi que ce merveilleux habit couvrait une des plus intéressantes autobiographies qui puissent se lire. Ce n*est pas sans une secrète complaisance que Fauteur de cette note se souvient de cet écrit, qui a été Tune des séductions de sa jeunesse, et que, en 1847, il a fait connaître en partie aux lecteurs d*un petit journal d'Alsace. Ce sont ces extraits qui, sous le titre de: l<i Vit éCun savant au XVP siècle, sont devenus une plaquette de VI -23 pages, tirée à 36 exemplaires sans plus , quoique non numérotés à la presse, que le Bibliogra;yhe réclamait naguère à tous les échos d'alentour.

M. Fick vient de donner une suite à ce volume en publiant les Mémoires du fils de Thomas Flatter, traduits par lui avec non moins de bonheur que les Mémoires du père. Livre de bonne foi, confession naïve, cette seconde autobiographie n'ofire plus le tableau de ce rude combat contre la misère et Tignorance qui jette un si grand jour sur la société allemande du XVI" siècle. Nous

1. Oenive, imprimerie Jule* Gii^^-Fick, 1866; in-8-, XVI-148 p., titre encAdré , portrait gravé en bois.

avons affaire ici presque à un fils de famille qui n'ignore pas la gêne, mais qui ents-e dans la carrière soutenu et guidé par son père. Dès le premier moment , sa vie a un but; il étudie les lettres à Bâie, la médecine à Montpellier, revient dans sa patrie pour le couronnement de son éducation, cVst-à-dire pour prendre le bonnet de docteur et se marier , en attendant le succès qui ne tarde pas à venir. Ce sont les sérieuses années d'apprentissage et d'amour d'une honnête et riche nature, et quoique moins animées que les récits du père, il n'y a pas de plus saine lecture que ces pages où se révèlent avec tant de vérité les mœurs simples et austères de nos aïeux. Dans ses vieux ans, quand la fortune est venue, mais, hélas! sans la famille, l'auteur charme ses lobirs en se retraçant à lui-même les impressions de sa jeunesse.

La traduction est , je le répète , faite de main de maître. Elle suit avec une rare flexibilité l'original allemand, qu'on devine , qu'on entrevoit sous le réseau transparent d'un français un peu archaïque, quoique sans affectation. Que M. Fick me permette cependant une petite chicane. Félix Flatter rapporte , p. 84 , que les convives qui assistèrent à ses noces apprécièrent fort le mérite d'un certain vin de Rangen qu'on leur servit. Dans une de ses notes, p. 137 , le traducteur fait ce vin originaire du village de Rangen, près de Saveme. Ce n'est pas du village qu'il s'agit, mais de la côte de Rangen, à Thann. Puisse M. Fick me pardonner cette querelle d'Alsacien !

M. Paul Rîstclhubcr, homme do lettres, ancien collaborateur (lu Biblioffraphe alsacien, «autour d'une thèse de doctorat es lettres 9, etc., etc., nous a adressé, par ministère d'huissier , l'acte suivant :

(7Vm6r« 50 c) ACTE EN RÉPONSE.

L'an mil huit cent .soixante-six, lo vingt-six ddcembro;

A 1a reqilôto de M. Paul Ristelhuber, homme de lettres, domicilié à Strasbourg,

Jo soussigné Antoine Ichter, huissier audiencior du tribunal civil séant à Strasbourg, y demeurant, rue des Juifs, il, ai signiflc

et déclaré au sieur Mehl, domicilié à Strasbourg, en

son domicile, où étant J'ai parlé à sa personne ,

Que lo requérant, en réponse à une note du journal dit ie Bibliographe et pour l'édification de quelques lecteurs étrangers à la ville, se fait un devoir de maintenir quMl a été fondateur ou rédacteur on chef, ou directeur du journal eu question, et il s'appuie sur les sept raisons suivantes:

l« Qu'il a fourni lo titre , auquel il n'a pas renoncé ;

«o Qu'il a corrigé la devise qui lui avait été présentée par lo propriétaire ainsi: Nobts elamicorum (sic); qu'il a aussi corrigé les épreuves et corrigé certaines élucubrations du propriétaire, notamment celle du tome I, page 132, où le propriétaire se désigne simplement sous le nom d'un collaborateur;

8« Qu'il a fourni l'avis -prospectus ;

4" Qu'il a fourni une foule d'articles, petits ou grands, signés de son nom ou de ses initiales, ou non signés, alors que les loi* tiales du propriétaire n'apparaissent pour la première fois que tome II , page 298 ;

50 Qu'il a correspondu au nom du journal avec MM. Coste, Kirschleger, Fischer, Mossmann, etc. ;

6« Qu'il lui était loisible, dans l'origine, do faire mettre son adresse sur le journal, et celle qui fut mise ne concernait que Va<lmi7iistraHon ;

70 Que la qualification dont s'agit ne lui est contestée que depuis ({u'il a cessé un travail dont il ne recueillait point de fruit moral , tout en risquant de partager la responsabilité de pointes qui n'étaient pas de son goût.

J'ai, en conséquence, sommé le requis de faire insérer le présent acte dans le plus prochain numéro du journal en question.

Pour que lo requis n'en ignore, je lui ai remis cette copie.

Coût: cinq francs cinquante-cinq centimes.

Signé : UUITEL.HUBBB.

Signé : ICHTEK.

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