LA FAMILLE GENSEFLEISCH A STRASBOURG
La Bibliothèque de la ville de Strasbourg vient de s'enrichir d'un modeste petit morceau de papier, qui n a d autre mérite que celui de porter le nom de Gensejleisch de Mayence, c'cbt-à-dire celui de l'immortel inventeur de l'imprimerie , généralement connu par son autre nom ou surnom de Gntenberg. — Ce document est une quittance émanant de Friele Gensefleisch de Mayencc et donnée au magistrat de la ville de Strasbourg, au sujet du payement d'une somme de vingt-six florins, montant d'une rente viagère échue au jour des Rameaux.
Voici la transcription et la traduction de ce titre :
« Ich Friele Gensefleisch von Mentzc bekennc < inich mit dieszim offen briefFe dasz micli die « crbn und wisen ludc die meister und Rat dcr « Stat Straszborg wol gewert und bezalt hant Ses «vndzwetzig Glt. die mir escliennê und fallen «sint off den heilgen Phalme dag. die ich em- «phanh....n von dem Erbn Heiuriche Thesse Die « da stent off myne leptage vnd nit...er der vor- «geschr. Ses vndzwentzig sage ich Friele obgent « die vorgeschr. meister... d Rat der Stat Strasz- «borggwit ledig und losz zu dieszem zile und «ander vgang. Zilen desz zu Orkunde han ich « Friele obgnt myne Ingesegel an dieszin brieff « gedrucket In dem lare nach Crist geburte fertze- « hin hundert und nun und zwentzig lare off den «Samszdag vor halb vaste.» (L. S.)
«Moi Friele Gensefleisch, de Mayenee, je reconnais par cette lettre patente que les honorables et sages hommes, les maître et conseil delà ville de Strasbourg ont dûment acquitté et payé vingtsix florins, qui sont échus en ma faveur au saint jour des Rameaux, que j'ai reçus de l'honorable Heinrich Thesse et qui me sont dus à titre viager, et moi Friele sus-nommé je déclare quittes, libres et francs de ces vingt-six florins, les susdits maître et conseil de la Ville de Strasbourg, pour ce terme et j)our tçus autres termes précédents. —
En témoignage de quoi moi Fricle subnommc j*ai apposé mon scel à cette lettre, Tan après la naissance du Christ , quatorze cent vingt-neuf ans, le samedi avant mi-carême.» (L. S.)
L'empreinte du cachet porte les mots S. Friel Gensjleisch autour d'un écusson sur lequel Pon distingue un petit bonhomme paraissant tenir une canne a la main. Ce cachet ressemble, bien que sans être complètement ])areil , au sceau en cire verte appendu par Jean (lensefleisch, dit Gutenberg, à un titi'e en parchemin que la Bibliothèque possédait déjà et par lequel le chapitre de Saint-Thomas de Strasbourg a prêté , en date du 15 des kalendes de décembre 1442, une somme de 80 livres audit Jean Gensefleisch, le Gutenberg liistoriquc.
Il convient de remarquer que le nom de Priele (Frédéric ou Fridolin?) inscrit sur le document nouvellement découvert, est celui de plusieurs membres de la famille Gensefleisch : selon les uns le père et selon une généalogie, sans doute plus exacte, loncle de Tinventeur, le portaient, ainsi qu'un frère et un cousin de Jean. — La date de 1429 donne, en outre, quelque importance H cette pièce, parce qu'elle semble prouver que dès cette époque la famille Gensefleisch , non-seulement avait des représentants à Stras*
bourg-, mais quelle jouissait dans cette ville d'une certaine considération, attestée par ce fait que le magistrat entrait en relation d'affaires avec lun de ses membres.
Ce reçu signé par Friele Gensefleisch , de Mayence , u été retrouvé , par les soins de M. Brucker, le consciencieux «archiviste de la ville, au milieu de ce même fouillis de vieux papiers successivement déposés dans les greniers des grandes boucheries , puis dans une salle dépendant de la Bibliothèque et que j'ai récemment restitués aux archives municipales, parmi lesquels M. le professeur Jung avait déjà précédemment découvert le titre de 1442.
Auu. Salm,
Bibliothécaire de la ville de Strœhoury,