AVrtie tPAhace de 1859, p
attribuait notre château à celui de MSrsporg près do Winterthur, eu Suisse , et uous, en voulant rectifier cette application, nous avons donné à noti*e château d'Aïpacc une date qui concernait le Mërsperg de la Lorraine.
C'est, en effet, dans la Lorraine allemande qu*il faut chercher le Movfijjcrc cité dans le diplôme de 797. Laissons pour un moment de côté le nom à'Elisacia qui se trouve accolé à celui de ce château, et voyons si les villages cités dans le titre de Févêché de Metz ne se rencontrent pas dans les environs de Saint-Avold même.
1° Walo, Le Dictionnaire topographique du département de laMeurthe, par M. Lepage, mentionne VahJ, canton d'AlhcHroff, Les citations qui accompagnent ce nom sont les suivantes : Wa'lenpropc Morfhtrg, de 14()0 ; Vcden près de Mei^spi-ich, de 1571, etc.
2^ Morspei'c, Le même Dictionnaire mentionne Marimont , canton d'Alhestroff, Les citations qui suivent co nom s'expriment ainsi: Cafitrum de Mora^erch, de 12G6; Mertqmch, de 1571: Marimont o« Morsperg , de 1710, etc. Marimont, fief du bailliage d'Allemagne, fut le chef-lieu d'une châtellenie et d'une mairie qualifiée de mère-court, de laquelle dépendaient les villages de Cutting, etc.
Ces citations suôisent pour établir qu'il ne s'agit pas du Morimont d'Alsace, mais bien du Marimont de la Lorraine. Il est donc inutile de rappeler que Huwhure est Hambourg, aujourd'hui station du chemin de fer près de Saint- AvokK que Uopac=zRorhach , Cundic=: Cititing, ai\jourd'hni du canton de Dieuze , qvL*A?torf=
Alfroff, aujourd'hui du canton d'AlbestrofF, dépendaient autrefois de la cliatellenie de Marimont; que Salrab ne peut être qnc Sarralbef dans la Moselle, ci Jhzonts viHa , BouzonviUc dans le même dc'partcmcut.
Mais s'il Q&i liien prouve que tous ces endroits sont situés hors d'Alsace, pourquoi le diplôme porte -t- il Mors- 2)€rc in Elhacia? Nous croyons que ce nom est mis ici pour Allemannia, l'Alsace ayant fait partie du duché d'AlIemannie avant de devenir duché d'Alsatia, et nous avons vu plus haut que Marimont était un fief du bailliage d'Allemagne.
Cette rectification ôte considérablement d'importance à notre château, qui se trouve ainsi relégué au XIIP siècle, quant a sou antiquité historique. C'est dans un diplôme de 1243, qu'on le trouve mentionné pour la première foi?. (Trouillat, Monvm,, I, 563.)
.T. (t. Stoffkl.
LETTRES INÉDITES DE METTERNiCH AU PROFESSEUR OBERLIN.
Dans une intéressante notice sur V Archéologue J. J. Oberim (Bulletin de la Société des mon. hist. d'Alsace, 2' série, 1. 1", 2* liv.), M. L. Spach a nommé, parmi les jeunes gens de grande maison instruits par ce savant professeur, les fils de M"* Hélène de Dietz, épouse de M. de Krock, conseiller intime de l'empereur de Russie. Nous pourrions en citer beaucoup d'autres, venus de tous
les pays , tels i\x\o. le prince Charles de Stolberg-Gederii , les comtes Ch. et Oust, do Lœvenhîolm , de Watt<îvîUc de Montbenay, etc. Mais le plus illustre de tous ces élèves était Clément -Wcnceslas-Lothaire, comte, puis prince de Metternich-Winnebourg. Issu d'une des plus anciennes familles de l'élcotorat de Trêves, il naquit à Coblence, on 1773, et reçut les prénoms de deux archevêquosélectours de ce pays, Lothaire de Metternich et Clément- Wenceslas de Saxe. Il fut envoyé, h l'Age de quinze ans, h Tunivorsîté do Strasbourg, si importante à cette époque . pour y suivre les cours do Koch et d'Oberlin. Troublé dans soB études par la révolution française , il quitta Strasbourg pour aller assister au couronnement de l'empereur Léopold à Francfort, le 9 octobre 1790. C'est de là qu'il adressa sa première lettre à Oberlin. 11 reprit ensuite ses études à l'université de Mayence : il eut là pour professeur Thistorien Nicolas Vogt, auquel il éleva plus tard un monument dans la chapelle de son château de Johanhisberg. Mais ses études furent de nouveau interrompues par les Français, qui s'emparèrent de Mayence eu 1792. Nommé, quelques années après, ministre de l'empereur à La Haye, il fut encore chassé de la Hollande par les Français, qui dépouillaient on même temps son père de ses possessions sur les bords de la Moselle. En 1801 , le comte Clément fut nommé ministre à Dresde , d'où il écrivit deux nouvelles lettres à Oberlin. En 1803, il fut envoyé à Berlin , et au mois de juillet 1806 à Paris. En passant à Strasbourg, il n'oublia pas son ancien professeur et lui adressa le billet que nous publions plus
loin. On voit que le d'irbrc liomme d'Etnt était un élève j*cconiiftis8aiit : la mort dOberlin, qui eut lieu le 1(> octobre suivant, put eeulc briser leurs relations.
La eorrespoudancc de Metternicb avec Texcellent professeur de Strasbourg est conservée î\ la Hiblîotbèque impériale. (Fondu allematid , n® 197.)
Aro. Krœbru.
Francfort, co 13 octobre 17îh>.
Monsieur le PnoFESHErit,
Je vous joins ici une médaille frappée pour le Couronnement. On en a jette de semblables en or et de moindre taille en argent, qui ont toutes la même légende. Je suppose que peut-être vous n'en aurez pas encore vu ou que vous n'en possédez point, ce qui me fait espérer que vous ne rejetterez pas l'offre que je vous fais de celle-ci , quelque petit que soit le don. Je vous prie de le regarder comme une marque de reconnoissance pour toute l'amitié que vous m'avez toujours témoigné et comme l'avantcoureur de toutes les choses que je pourrai ramasser pour aider à orner votre Cabinet.
J'ai l'honneur d'être,
Monsieur le professeur.
Votre très humble et très obéissant ser>'iteur.
Le Comte Clément de Metternich.
Mon frère et l'abbé Bertrand me prient de les rappeler à votre souvenir.
Dresde, ce G m.ir« 1802.
Le repos qui règne maiiiteuant en France , doit y faire refluer de nouveau les étrangers de tous les pays. Strasbourg sera choisi de préférence pour achever l'éducation de jeunes gens qui désireraient réunir le précieux avantage dos deux langues ; les Allemands, les Polonais et les Russes peuplaient anciennement votre université ; je ne doute point qu'ils ne suivront dans la suite cette route anciennement tracée, si les mêmes moyens d'instruction B*y retrouvent. C'est sur ceux-cy que je viens vous demander des renseignemens. Une des premières familles de la Russie, avec laquelle je suis intimement lié, est intentionnée de faire passer deux ou trois ans a Strasbourg à deux fils, âgés de IG et de 13 ans. Elle s'est adressée à moi pour consulter mon opinion , et je lui ai promis de prendre toutes les informations possibles, tant sur les i^rofesseurs de votre ville que sur tous les autres moyens d'instruction. C'est de vous, Monsieur, que je les réclame ; et qui en effet serait plus fait pour inspirer une entière confiance? Je me rappellerai toujoura avec plaisir les momens que j'ai passés avec vous, et si tous les professeurs de l'université vous ressemblent de loin , mon but sera parfaitement rempli. Ayez la bonté de me répondre aussi vite que possible et d'entrer dans tous les détails qui, sous le point de vue que j'ai eu l'honneur de vous proposer, contribueront à éclairer et à décider le choix de parens respectables par leur attachement pour
( 211 •) leurs enfans, et au succt's desquels je m'intéresse eomine
eux-mêmes.
Recevez les assurances de mon ancienne et éternelle amitié et considération.
Le Comte C. de Metternich, Mifihtre de V Empereur à fa Cour de Saxe.
Dresde, on 18 juin I80g.
Je viens vous remercier, mon ancien et respectable ami , de la lettre pleine de détails les plus intéressants sur la situation actuelle de votre université. Elle a produit l'efifet que j'en attendais : le prince et la princesse Dolgorouky se sont décidés de faire passer quelques années ù Strasbourg à leurs fils , jeunes gens remplis de talents et de bonne volonté. Je vous les recommande comme mes frères; ils s'appuycront des boutés que vous avés eu anciennement pour moi, et les réclameront également. Ils doivent vous arriver dans le courant de juillet: ce u*eBt que sur les lieux qu'ils se décideront pour leurs arrangemens domestiques. £n attendant ont-ils pris la liberté de vous adresser une malle remplie de livres, que vous voudrez bien avoir la bonté de garder en dépôt jusqu'au moment de leur arrivée. Les irais desquels vous vous serez chargés, vous seront remboursés à la même époque avec infiniment de reconnoissance.
Agréez les assurances de ma constante et inaltérable amitié et de ma considération bien distinguée.