‹ Le Bibliographe alsacien (volume 4)Chapitre 109 sur 129 · UNE LETTRE INÉDITE DE VIVANT DENON · texte numérisé non relu

UNE LETTRE INÉDITE DE VIVANT DENON

La lettre dont nous publions ici un fragment, quoique signée d'un nom connu, ne brille pas sous le rapport littéraire; mais cela ne diminue en rien l'intérêt qu'elle présente. Ces recherches ordonnées par le premier consul sitôt après son avènement au pouvoir, à l'effet d'obtenir un portrait authentique de Charlemague, ne se rattachent-elles point à ce rêve de l'empire d'Occident auquel il a tout sacrifié? A ce titre, la lettre de Vivant Denon n'est pas indigne de figurer dans ce recueil, d'autant plus qu'elle a été écrite à Toccasion d'un document alsacien. Le diplôme de Charlemagnc dont elle parle

provient des archives de Murbach : c'est une confirmation des privilèges de la vieille abbaye, datée du 13 janvier 772, dont VAhatia dvplomatica renferme un fac-similc fort bien fait. Le sceau y est reproduit , et il n'est pas difficile d'y reconnaître l'effigie gravée sur les médailles de l'empereur Commode. L'œil d'un antiquaire ne prendra jamais le change à cet égard, et, ce fait qui n'est pas sans intérêt. Napoléon lui-même ne s'y est pas trompé.

Ou pourrait peut-être relever d'autres traits encore dans cette curieuse lettre ; tel est l'euphémisme suranné en 1804 employé par Dcnon en parlant de Ta royauté de Charlemagno. Le gouvernement français prétendait encore , il est vrai , au nom de république , et le titre que portait le soldat du 18 brumaire désignait une magistrature républicaine. Mais ces susceptibilités un peu puériles qui avaient imposé des corrections à la langue usuelle n'existaient plus, et l'excellent Denon commettait, en parlant du roi en France, un innocent anachronisme.

La lettre au futur baron de l'Empire Félix Desportes, d'un caractère entièrement privé, ne sft trouve pas en original aux archives du département du Haut-Rhin. Il n'existe qu'un extrait sans authenticité , tel que nous le publions ici , délivré par le préfet en même temps sans doute qu'il faisait restituer à ce riche dépôt le diplôme qu'il en avait emprunté. X. Mossmann.'

1. M. Mossmann à qui le Bibliographe doit cet artiole, est an tniTaillear infatigable : on annonce de lui an livre sur Guebwillcr et Murbach, de plus nous croyons savoir qu'il prépare une traduction de VnUtoire de Vantiquité de Duncker.

uvsAk Parix , le 3S nivôse an XII.

NAPOLËON. (i3j«.Ti..f uoi.)

BIRKCTION.

Vivant Denon, membre de VlnaiiHU natùmal, directeur général du Musée Napoléon, de la Monnaie, des médailles, etc..

Au citoyen Félix Desportes, préfet du département du Haut'Ehin,

Je vous remercie bien, mon cher Préfet, du diplôme qui est fort intéressant 2>ar son ancienneté et par le sceau qui le valide *; malheureusement ce n^est qu'un sceau d* adoption , composé d'une pierre sur laquelle est gravée la tête rfc Vempereur Comode (sic), avec une légende du roi en IVance qu'on y a qjoutée. Le style du temps et la ressemblance parfaite ne peuvent laisser aucun doute là-dessus.

Je regrette bien que toutes mes recherches soient vaines sur celles {les ressemblances?) de Charlemagne; mais il me paroît que c'est sans ressource,

Tai fait mouler le sceau comme une curiosité qui lève le doute sur la pensée que l'on avait (juc l'anneau de Charlemagne eut pour empreinte le jtropre portrait de ce prince, ainsi que cela est écrit; mais le style de cet ouvrage et la ressemblance de Commode attestent la fausseté de cette as-

sertion,

TjC premier consul, à qui je l'ai fait voir en lui disant combien vous aviés partagé mon zèle à cet égard, a fait de

I. L'original existe encore dans les arcliives du département du Haut-Rhin.

lui-même les deux observations, en recmmoissant le stile

(sic) et la ressemblance avec V empereur romain.

Je n'en suis pas moins reconnoissanxt de voire bonté. Je

vous ai renvoyé soigneusement cet objet précieux dans la

même caisse qui renferme , etc.

Mule amitiés bien tendres.

Dekon.

REVUE BIBLIOGRAPHIQUE

Le Bibliophile^ revue mensuelle illustrée des livres rares et curieux , des gravures anciennes et des manuscrits , par M. Ph. Bcrjeau , 2' année en cours de publication , 12 fr. par an. London, Dulau et Comp. , 37, Soho Square.

Nous avons déjà eu l'occasion de signaler à nos lecteurs le Bibliophile illustré^ une des plus importantes publications bibliographiques de TEurope. Cette revue, qui paraît tous les mois à Londres, est dirigée par M. J. Ph. Berjeau , qui occupe une place distinguée dans les rangs de la bibliographie européenne.

Comme elle touche à la bibliographie de tous les pays et principalement aux livres xylographiques, elle doit avoir un attrait tout particulier pour les collectionneurs alsaciens. Eu effet, presque à chaque page il y est question de livres imprimés à Strasbourg pendant les premières années du XVI* siècle , livres pour la plupart aujourd'hui fort rares et qui se trouvent, malheureusement pour nous , plus fréquemment dans les bibliothèques du

bibliophile parisien anglais et au British Muséum que dans celles des coUectionnenrs des deux départements dn Rhin.

Dans une des livraisons de Tan dernier, le Bibliophile signale à Tattention des bibliographes et amateurs la Chronique allemande de Barberouêse, qui a ëtë écrite par Joannes Adolphus Muelich sous le pseudonyme de Johannes-AdoIphus. Ce Muelich, originaire de Strasbourg, habitait, en qualité de médecin, la ville de Schaffhouse ; c'est là qu'il composa cette chronique qui fut imprimée une première fois à Strasbourg, en 1530, par Armand Farckal, aux frais de Jean GrUninger, puis une seconde fois, en 1535, par Barthélémy Grflninger. Ces deux éditions sont toutes deux in-folio ; elles contiennent des figures sur bois et en métal assez mauvaises. On a également de Muelich , un volume de facéties intitulé : Marguerita facetiarum; une Interpretalio sequentiarum , imprimée à Strasbourg, 1513, in-4®, par Joh. Rnobloch ; une traduction allemande de V Einchiridion d'Ërasme (Basle, 1520, in-4<^, avec gravure sur bois). Muelich a encore été l'éditeur des œuvres de saint Grégoire de Kazianze, publiées à Strasbourg, in-4°, par J. Knobloch, eu 1508, et c'est à lui que nous devons la publication du poëme de chevalerie d'Hermann de Sachsenheim , intitulé : Die Môrm , ouvrage fort rare , et imprimé par Jean Griininger, en 1512, in-folio, avec 21 grandes gravures sur bois ou plutôt sur métal en relief, que l'on peut attribuer à Hans-Boldung Griin , peintregraveur en taille-douce et graveur sur bois , né à Gmttnd,

eu Souabe, vers 1470, et qui mourut à Strasbourg où il était établi en 1545 ou 1552.

Nous trouvons encore dans ce même recueil une notice sur un opuscule de Wimpheling: Germania^ qui est remarquable par l'image de la Vierge qui se trouve au recto du feuillet d i de ce recueil , et qui est reproduite parfaitement par le Bibliophile illustré. Cette gravure, de la deuxième année du XVP siècle, est bien supérieure, pour Texécutiou et le dessin, à toutes les autres que donne Jean Prusz dans les ouvrages qu'il a publiés. Elle montre qu'à cette époque Strasbourg comptait déjà des artistes d'un mérite réel. C'est dans ce volume à la page 43 , que l'on trouve ce passage où Wimpheling considère Strasbourg comme le berceau de l'imprimerie : < Urh» vestra plurimum excellera videtur impressoriœ artis origine, licet in Maguntia conêummoUie. >

Outre Muelich et Wimpheling , des notices d'un grand intérêt sont également consacrées aux impressions attribuées à Gutenberg, Incendium Diuini Amoris : Dialogua inter Hugonem et Catonem^ deux livres rarissimes que Ton rencontre également au Britisb Muséum, et aux types de Jean Mentelin, imprimeur à Strasbourg, 1473-1478. Voici ce que nous lisons dans le Bibliophile sur cet imprimeur, auquel certains auteurs ont attribué l'invention de l'imprimerie :

< On a fait de Mentelin non - seulement le proto - typographe de Strasbourg, mais encore l'inventeur de Timprimerie elle-même. On conserve dans la bibliothèque de la ville, à Strasbourg, une chronique allemande MS. de la se-

( 213 ) conde moitié du XVI* siècle , où cette prétention est établie et fondée sur des faits reconnus erronés. Jean Schott , imprimeur à Strasbourg , et dont Mentelin était Taïeul maternel , soutint cett€ fable , aussi bien que Jacques Mentel , de Château-Gontier, qui prétendait descendre de Jean Mentelin et publia deux opuscules reconnus aujourd'hui sans valeur pour l'histoire de Timprimerie. Il est probable que Mentelin commença ses travaux d'imprimerie à Strasbourg bien avant 1473. Il était né à Schelestadt , comme Wimphcling , et habitait Strasbourg , où il était enlumineur dès avant 1447. Il a donc pu prendre part aux premiers essais de Guteuberg , quoique son nom ne soit pas mêlé au procès de 1439. Schœpflin a prouvé que Mentelin a résidé sans interruption à Strasbourg de 1445 à 1450. n n'a donc pas été faire son apprentissage à Majence dans cet intervalle. Cependant un contemporain, Ricobalde de Ferrare, dans sa Chroniea ponttficum imperatortunque 9 (Rome, Phil. de Lignaminê, 1474), dit formellement que Mentelin exerçait l'imprimerie à Strasbourg en 1458 : Johannes quoque MenMinuê nuncupaius, apud Argentinam , ^'usdem provmciœ civitatem, et in eodem ariificio perittiê, totidem cartaa (trecentas) per diem imprtmere agnoscHur (fol. 121 , verso). S'il en est ainsi, tout fait supposer que les anciens associés de Gutenberg à Strasbourg avaient, de façon ou d'autre, mis Mentelin au courant de la typographie , ce qui permit à ce dernier de s'enrichir tandis que Gutenberg se ruinait à Mayencc. '»

1. M. Ueitz. si connu par sa riche bibliothèque altatiqne, doit |irocfaalncment, par un ouvrage auquel il travaille déjà depuis do

Ainsi que nos lecteurs le remarqueront, la publication de M. Ph. Berjeau mérite sous tons les rapports les sympathies de tons les bibliophiles, tant par les renseignements aussi nombreux que précieux que Ton y trouve sur les origines de Timprimerie que par les fac-similé des principaux livres xylographiques qui sont exécutés avec une rare et scrupuleuse fidélité. **

L'Alsace ancienne et moderne^ dictionnaire topographique, historique et statistique des départements du Hautet du Bas-Iihin, par Baquol, édition entièrement refondue, par P. Ristelhuber. Salomon, libraire-éditeur à Strasbourg,

Un livre bon et utile s'épuise rarement de nos jours à Paris, à plus forte raison en province. Et c^est cependant ce qui est arrivé dans Tespace de quelques années aux deux premières éditions de Touvrage de Baquol.

Les topographies de Mérian' et d'Ichtersheim *, dos seelsagende Elsasz de Han*, les ouvrages de Scharfenstein^, de Lochner*. de Billing*, de Horrer ', d'Aufscblager*, dataient des XVII® et XVIIP siècles et du commencement du XIX*, et n'étaient plus en rapport avec la situation actuelle du pays. La Révolution de 1789, les

longnei années et pour lequel il a rénni les docnments les plus précieux, essayer de prouver que l'invention do l'imprimerie eat duo à Mentelin et non à Gntenberg.

luttes héroïques de TEinpiref avaient transformé les usages et même les circonscriptions territoriales. En un mot , un dictionnaire d'Alsace bien complet manquait à notxe province , et le besoin s'en faisait vivement sentir. Un homme laborieux se mit à Tœuvre et publia, en 1849, un dictionnaire des départements du Haut- et du Bas-Rhin.

Une seconde édition parut en 1851 ; tirée à 8,000 exemplaires, elle fut épuisée dans l'espace de deux ans.

Dha 1854 , ce dictionnaire augmenta de prix , et jusqu'à ce jour, quand il s'en présentait quelquefois un exemplaire, dans les ventes ou chez un bouquiniste, il était promptement enlevé et toujours payé fort cher.

C'est à son utilité incontestable qu'il a dû sa vogue, et cependant bien des parties importantes ont été négligées dans ce dictionnaire. Les connaissances personnelles de l'auteur n'étaient pas assez étendues , pas assez profondes pour donner à un semblable travail le caractère scientifique qu'il réclamait. C'est ce qui explique les lacunes qui existent dans le domaine historique et philologique de ce livre. La 3' édition ou pour mieux dire la nouvelle édition, puisqu'elle est entièrement refondue, est due aujourd'hui à M. Paul Ristelhuber, dont les travaux d* érudition sont appréciés depuis longtemps, non -seulement en Alsace, mais aussi en Allemagne. La presse parisienne a elle-même consacré souvent le succès des publications de notre compatriote, et tout récemment la Gazette d'Augsbourg^ dans son intéressant article sur

M. Louis Spach , l'a cité au nombre des savants qui sont à la tête du mouvement littéraire et scientifique en Alsace.

Disons encore que ce dictionnaire sera publié avec le luxe typographique que comporte une semblable publication , qu'il sera enrichi d'armoiries tirées en couleurs , de fac-similé de monnaies alsaciennes, de plusieurs cartes et de l'ancienne bannière de la ville de Strasbourg, reproduite en or et en couleurs par les procédés chromo-typographiques de M. Silbermann qui ont valu à cet imprimeur une célébrité européenne.

La première reproduction de cette bannière a été faite pour l'exposition universelle de Paris en 1855, d'après un tableau du XIP ou du XIIP siècle qui se trouve à la bibliothèque de la vnlle , et qui est attribué à un artiste de l'école italienne.

Par son exécution irréprochable, cette magnifique planche, tirée en 36 nuances par des procédés purement typographiques , sans aucune retouche , et sans le secours d'aucun autre art, a réuni tous les suffirages, et a valu à M. Silbermann une médaille de l*"* classe.

M. Salomou , eu éditeur intelligent et en amateur passionné, n'a voulu reculer devant aucun sacrifice pour en donner une réduction et pour faire ainsi de ce dictionnaire non seulement un livre utile, indispensable, mais encore un beau livre de bibliophile.

Li' Alsace ancienne et moderne sera le complément obligé de la Description du Bas-Rhin^ cette importante publication due à l'initiative de M. Migncret, préfet du

Bas-Rhin , et eiitrcx>ri8e sous les auspices du Conseil général. L^administration actuelle, si bienveillante pour tout ce qui touche a l'histoire de notre province , recommandera ce dictionnaire , nous osons l'espérer, aux bibliothèques communales du département.

Dix-huit exemplaires seulement seront tirés sur gi*and papier vélin et numérotés à la presse. Voilà, certes, une bonne fortune pour les collectionneurs friands de livres exceptionnels ; nous doutons fort qu'ils ne soient épuisés avant d'avoir vu le jour, et alors que de déceptions amèrcs pour des retardataires dans ce steeple chasc bibliographique que va nous donner M. Salomon !

Comme on a bien voulu nous communiquer la préface de la nouvelle édition de VAleace ancienne et moderne^ nous nous faisons un plaisir de la publier, afin de faire apprécier les modifications survenues dans cet important ou\Tage dont la V^ livraison paraîtra à la fin du mois.

« Le Dictionnaire des départements du Haut- et du Bas- Rhin parut pour la première fois en 1849, et deux ans après déjà, son auteur se trouvait dans le cas d'en donner une édition entièrement refondue. Mais combien plus juste ne sera pas cette qualification , appliquée à un travail que douze ans révolus séparent du dictionnaire de 1851 ! La refonte de l'ouvrage de Baquol consistait en rectifications , en additions et en suppressions , et d'autre part les changements avaient un triple objet : la topographie , l'histoire et la statistique.

« Pour satisfaire pleinement au sens que comporte le mot

de topographie. le nouvel auteur devait, à côté du nom moderne des localités , inscrire les noms anciens avec la date de Tapparition de ces noms et l'indication des documents qui les renferment; une table qui suit la préface explique les abréviations bibliographiques usitées; mais nous devons ajouter que partout où la date n*est pas suivie d*une pareille abréviation , on sous-entend Schœpflin , ou à son défaut, Grandidicr, ces deux grands noms de la science historique en Alsace, qu'il aurait fallu citer trop souvent pour ne pas être tenté d'agir comme nous l'avons fait.£n donnant à cette partie de notre refonte une rigueur systématique que Touvrage était loin de posséder précédemment, nous entrions en même temps dans les vues du comité impérial des travaux historiques institué près le département de S. £xc. M. le ministre de riiistmction publique, et, sans que notre travail fût empreint d'un caractère officiel, nous le faisions servir au même but que les publications qui ont le droit de se parer de ce titre.

< Un autre point encore plus négligé par notre devancier, était celui de l'origine des noms qui se présentaient sous sa plume. Des noms de lieux de l'Alsace actuelle, les plus anciens sont celtiques et se rapportent à la situation ou à la condition de la localité ; les noms romains , qui viennent ensuite , ne sont guère que des mots celtiques latinisés, et ils légitiment ainsi le raisonnement qui a formé l'expression usuelle de jp^noc^ya^o-romome; mais les dénominations les plus nombreuses doivent être reportées à la période franque; elles se composent, pour

( îJi9 ;

la plupart, de deux vocables, dont le premier indique le plus ancien propriétaire et le second la condition ou la situation du lieu. Mentionnons enfin les noms de saints et les noms en patois roman de Lorraine ou do Franche- Comté. Kelativement aux noms d*origine celtique , il y avait lieu d'appliquer une méthode délicate de décomposition , pour le maniement de laquelle une certaine préparation était nécessaire : éclairé par les lumières de la science allemande , nous nous sommes avancé sur le terrain avec prudence et Tavons abandonné lorsqu*il devenait trop périlleux.

« Les notices historiques devaient bénéficier des découvertes particulières opérées dans le champ de Tarchéologie locale, comme des progrès généraux que fait à pas de géant notre siècle dans une branche du savoir à laquelle il semble prédestiné. De cet avancement scientifique il n*est que juste de faire remonter une large part à la Société pour la conservation des monuments historiques d'Alsace, fondée en 1855, et plus florissante que jamais.

«Enfin les renseignements statistiques relatifs aux finances des communes, à l'industrie, à l'agriculture, méritent la confiance qui s'attache toujours aux communications libérales des dépositaires de l'autorité.

«Quant aux armoiries, elles ont été copiées sur le manuscrit original conservé à la Bibliothèque impériale de Paris , puis rectifiées dans quelques cas , d'après des indications locales dignes d'ôtrc prises eu sérieuse considération. Donner les armoiries simplement telles qu'elles sont peintes dans le Recueil officiel dressé par ordre de

Louis XIV, c'eût été se rendre complice de la légèreté avec laquelle fnreut conduites les opérations de la Grande -Maîtrise , et les admettre telles qu'elles résultent des titres primitifs ou antérieurs au recueil cité, entraînait à des recherches qui n'auraient pas abouti d'une manière parfaite.

« Nous terminerons en adressant nos sincères remercîments à toutes les personnes qui ont bien voulu s'intéresser à notre travail , et qui , par leurs lumières et leur parfaite connaissance des localités , nous ont aidé à rectifier des erreurs et à combler des lacunes. Aux imperfections qui n'auraient pas disparu , le public est prié de se montrer indulgent. »

P. RiSTELHUBER.

GUIDE ALSATIQUE. '

Lo Bibliographe alêtuien entreprendra dans son prochain numéro * la publication de documents extraits des archives de Strasbourg et se rapportant à l'histoire dos anciennes industries de l'Alsace et de la Lorraine. — La première partie de ce travail sera consacrée aux arts céramiques, à l'introduction de la fabrication de la porcelaine en France, et aux établissements de la famille Hannong, en Alsace et dans le Palatinat.

Nous prions instamment ceux do nos abonné* qui posséderaient quelques renseignements «ur cette matière de vouloir bien nous en donner communication le plus promptement possible.

Une vente de plusieurs bibliothèques réunies a eu lieu à Leipaig le 10 mars dernier. Le catalogue qui annonçait également nne collection de manuscrits importants relatifs A l'histoire d'Alsace , avait

inifl en ûmol tons les collectionneurs et con^ervatcnrK tlo bibliothè* qno9 de Strasbourg , de Colmar, de Mulhouse, de Carlsrnhe et de Fribourg. Cela ne surprendra personne lorsque l'on saura que ces manuscrits provenaient, pour la plupart, de Grandidier, et qu'ils étaient destinés à coraplcter son llutoire de Vigliae de Strasbourg.

On pense que ces manuscrits auront été communiqués par Grandidierà Wurtwcin au moment où ce dernier publiait so» Subtidia ùi se» Nova nubsidia.

M. Schweighâuser, désireux d'augmenter les richesses du précieux dépôt qui vient de lui être confié , présenta, dès l'apparition du catalogue, un rapport à 31. le maire de Strasbourg sur l'opportunité d'acquérir ces manuscrits du plus haut intérêt pour l'histoire d'Alsace. L'administration municipale, jalouse de ne pas laisser ces documents retomber en desmaiub étrangères, autorisa son bibliothécaire à en faire l'acquisition , et nous avons le plaisir d'apprendre à nos lecteurs qu'ils viennent d'dtre acquis au prix de 500 fr. environ.

Nous reviendrons sur cette importante acquisition.

Dans une revue critique do tout ce qui s'est produit à Ilaguenau pendant l'année 1863, VIndicateur de cette ville* regrette qu'à notre époque, où l'on parle tant do décentralisation, chaque ville n'ait pas ses collections, et surtout comme premier noyau la réunion des objets du pays. «JSt ce que nous disons là s'applique tout aussi bien aux bibliothèques qu'à toute autre collection.»

«Je crois que Colmar possède une Bibliothèque aUaciennff j renfermant tous les ouvrages publiés en Alsace , ou par des Alsaciens, ainsi que tous les livres parlant de cette province. Je ne vois pas pourquoi la bibliothèque de Ilaguenau n'aurait pas une salle destinée au même objet. Grâce à VAUatia d'Auguste Stœber et au bulletin bibliographique qui accompagne chaque volume de cette publication , grâce encore à une autre puUlication périodique plus récente, intitulée Ir Hihliographe alsacien f il serait très- facile de composer cette bibliothèque alsacienne et de la tenir continuellement au courant des productions nouvelles. Nous éprouvons d'autaut moins de gône à faire

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