Voy. l'édition de Strobel. Strasbourg
2® Puissé-je , quand je me lèverai le matin , trouver un quartaut déVin vers lequel j*irai bravement, trouver une pièce de bœuf et mieux encore , trouver du porc avec de bonnes saucisses , puissé-je les voir griller sur la braise , assister à cette opération le cctar haut et rire tout mon soûl! Puissé-je me rassasier du manger et me lasser du boire, puis aller au lit et rencontrer une femme tendre qui m'indique ma place !
3® Puissé-je, le jour suivant, au matin , trouver un vin chaud dans lequel on mette soixante œufs , et quand je serai en face du vin, puissé-je rencontrer de bons compagnons et trouver un fleuve de saucisses et puisse un compagnon chanter des chansons à Fautre ! Puisse cela plaire à Dieu , puissé-je éviter la débauche , éviter le malheur et marcher dans le droit chemin , de concert avec les bons sous l'écho de la voix divine!
C'est là une sorte de poëme lyrico-dramatique en trois journées qui fait vraiment, comme on dit, venir l'eau à la bouche : il y court une veine gastronomique et bachique dont il semble que le présent ne puisse être doué , il s'en exhale un parfum généreux qui reporte l'esprit aux festins des âges héroïques et qui , dans la série descendante , ne lui permet pas de dépasser Rabelais. On voit la santé s'épanouir dans la joie et l'on trouve, par comparaison, nos contemporains moins bien portants et surtout moins
gais. P. RiSTELHXTBEB.