MAdaillks de orakd et motbn brokzb du cabinet de la Reine
Christine , gravées par Pietro Santés Bartolo ; 63 pi. La Haye , 1742 ;
in-fol. , V. br 18 fr.
Médailles frappées tant par ordre du sénat que par les colonies romaines et par les villes grecques, gravées exactement d'après les originaux et expliquées par un commentaire. Ouvrage traduit de Sigebert Havercamp.
8. IsTBODUCTiON A LA TTS DiÊvoTB du bienheQrcQx François de Sales, nonvelle édition, par Silveatre de Sacy. Paris j Teehener, 1855; 2 vol. in-16, dem. rel. , V 7 ft*.
9. L'Imitatioh db JAsus-Chkist; trad. par de Maril1aC| nouvelle édition, donnée par S. de Sacy. Pari», Teehener, 1854; in -16, dem. V 4 fr.
10. Les Cbimes des Reikbs de Fbamcb, depuis le commencement de la Monarchie jusqu'à Mario- Antoinette, par L. Prudhomme; 5 ûg. Parié, 1791; In-8', cart 6 fr.
11. L'iÉcuMoiRB. Histoire Japonaise , par M.' de Crebillon , fils. Londres, 1735; 2 vol. , pet. in-12 , cart. en 1 vol. {frontispice) . . 4 fr.
12. Satibe di Ludovico Ariosto. Pmo, 1809; in-fol., cart. non rog.
6 fr.
Papier de Uollande.
13. CÉLÉBBITÉ8 LiTTÀBAiBES ET ARTISTIQUES. Album , grand in-4* , mar. ch. noir , contenant 45 portraits gravés et lithographies ; plusieurs planches ont été montées pour leur donner le même format, la marge de quelques-unes a été diminuée pour le même motif.
25 fr.
Chateaubriand, Lamartine, A. Dumas, Berryer, Cb. Nodier, Gaj-Lussac, H. Vemet, Cberubini, Auber , Heyerbeer, Paganini , par Manrin et Belliard. Guizot, Lacordaire, Hery, J. Arago, Ary Scbefier, par Adolphe. Princesse Marie d'Orléans, lord Byron. M"* Sontag, Herold, Hnmmel, Rossioi, Boieldieu , Litz . Van Brée , Batu avec un autographe. Schwanthaler, Kaulbach. Gayrard (charge avec autographe), Berzelius, etc.
14. Histoire de la lakoue et de la litt^batubb pbovençalbs , par de Closset. Bruxelles, 1845; grand in-8*, xviii-112 pages, cart. , épuisé 6 fr.
Mémoire qui a obtenn, an Concours univer*itaire de i843-1Rl4, une mention honorable.
15. BiRLiOTiiRCA sfîATOLOOiCA OU CataloguG raisonné des livros traitant des vertus, faits et gestes do trés-noblcH ci trôs-ingénlcux Messire Luc (à rebours), seigneur de ladiaise et autres lieux: ouvrage trôs-utiie, disposé dans l'ordre des lettres k. i>. q. , traduit du prussien par trois savants en us {par Janetj Payen, 77. Vfinant)\ Scatopolût ^ chez les marchands d*anUergeg, l'année seatogène 5850 (Porw, Jane*, 1850); in-8«, br., non coupé 8 fr.
Extrait do Journal V Amateur de livres , tiré A pelil nombre. Le frontispice représente les trois auteurs. Voir Bninet, 5* édition, 1" partie.
16. ZÉLis AU BAIN. Poëme eu i chants (Imbcrt), à Genève y 17G3; ln-8*, fig. V. br. , fil. dent. dor. s. tr 5 fr.
4 flgures , 1 Trontispice et 8 vignettes d'Eissen.
A trouver chez M. N. Salomon, 31, me des Serruriers,
à Strasbourg.
17. Oalebie historique des hommes les plus célèbres do tons les siècles et de tontes les nations, contenant leurs portraits , gravés au trait; publiée par Landon. Paris, 1805-1808; 12 vol. in-12, dem. roi. ; bon exemplaire • 24 fr.
18. Annales du Musée; par Landon. Paris, 1834; 20 vol. in-8*, rel. on 10 Vt V. br. , avec beaucoup de flg. au trait 30 fr.
Itf. J. J. UousRKAU. CEuvrcB. Londres et Genève, 177G-1782 ; 17 vol.
in-4', belles fig. de Moroau, vig. deChofifard; v. mar. fil. d. s. tr.
60 fr.
Trè>-hel cx'omplairo.
80. La Cour de France turbamiséb et les trahisons démasquées, en trois parties ; par M. L. B. D. E. D. F. à la sphère y Coloijne j P. Marteau, IGHi) {IIoll.)', \)vt. iu-12f v.hv 3 fr. 50 c.
Écrit satirique qui fuit allusion aux relations de la France avec la Porte. L'auteur suppose que les mosquées remplaceront bientôt les temples dans lu chrétienté.
21. Les Amours de MADAMoisBiiLK avec M. le comte de Lauzun ; à la sphère, suivant l'original de Paris, à Cologne, 1(573; 4 f., 100 pages,
pet. in-12, br 3 fr.
Une légère tuclic d'encre »ur le litre.
2Î. Le Momus fuanvaih ou Iok Aventures divertis.stintoK du duc de Roquelaurc; par le i^icur L. U. 0. Cologne ^ Pierre Marteau, 175U ; pet. in-12 , br. et rogné 2 fr. 50 c.
2ii. Lks Amuuka PA8TORAIJS8 DK Daphrir kt CuhoÈ f par Longiis; tr. par Amyot, n. 1. {Pari»)^ 1745; în*12, v. f. fll. d. «. tr. , 29 fig. et
4 vig 12 fr.
Bel exemplaire. La gravure, couuue «oos le nom dos petits pirdj, t'y trouve.
24. Lks Auouks de CniuiLKs dk Gonzaoub, dnc de Mantouo; écrites
par Capoccoda, s. 1. {Holl ), 1667; in-12, vél. bl., fil. noirs. 7 fr.
On a Joint à ce volume : Hist. de$ Amottr$ de Henri IV , avec diverêes lettrei écrites à $e* mattretie* . s. I. n. <1.
25. HiSTOIRK 8ECRKTK DR LA DUCHESSE DR TlAMfOyEK , épOllSC dc
Oeorpo» I", roi de Bretagne. Lfmdreu j 17;J2; in -12, rcl. blanc.
5fr.
Bel exemplaire; pamphlet violent; car l'aiilour ne publia le manuscrit que cinq ans après la mort de la Durbesae.
26. Le CAniNET jicsuiTiQrR, contenant plu8iear8 pièces trèa-cnrienacs des R. Pères jéfluitCH, avec un rocnoil des mystères de l'Eglise romaine, front. Cologne, chez Jean le Blanc, s. d. ; in-12, v. br. 8 fr.
On trouve dans ce volume : l'Onguent pour la hrûlttre ou le Seeret pour emporter les Jésuites de Ifrûler le» Itvret.
27. Le Soldat suédois, racontant l'histoire do tout ce qui s'est
passé on Allemagne depuis la mort du Roy do Suède Jusques ù présent ; par le sieur de Grenaille. Paris , 1642; in-8», v. br. . 10 fr. Belex emplaire d'un livre rare
28. Les Héros de la Lioue ou la Procession monacale , conduite par
Louis XrV, pour la conversion des protestants de son royaume.
Paris, chez Pt-rc Pcters, à renseigne de Lottis le Grand (1691); grand
in-8»,24 flg., cart. tit. et fll. noirs 80 fr.
O volume se com|)Ose de 24 figures gravécj en manière noire, dans lesquelles on a travfsti , d'une façon grotesque , différente personnages du royaume, qui ont Joué un premier rôle dans la R«>vocaliou de ledit dn Nantps. Le texte ne se compose que d'un »onnpt, grave sur un feuillet.
A trouver chez H. Noiriel, libraire, Hôtel du Commerce,
à Strasbourg.
29. Aldreciit, (D.). HIstory von Ilohenburg «dur Sanct-Odilienberg. ScAfrWadf, 1751; in-4*, cart, fig., rare 12 fr.
30. Annales (Les) et la chronique des Dominicains de Colmar, par Gérard et Liblin. Colmar, 185^1; gr. in-8', br. ; au lieu de 6 fr. , 3 fr.
31. DocriiBNTS pour servir à l'hifitoirc religieuse en Alsace . peuilaut la révolution. Mulhoiue, 1859; br. ; au Heu de 4 fr ^ fr.
Tiré à 200 exemplaires.
32. Closenes, Fritflche. Strassburgische Chronik. Stuttgart, ïH4st; in-8», br. (très-rare) 10 fr.
33. — 2* Leben d. Rltters Georg v. Ehingen. 3* .^neas Sylviu^i Piccolomineus, de viriHilluHtribuft. 4* Ott Ruiands IlandlungKbucli. 5* Codex Hirsangiensis. Stuttgart, 1840; in-8", cart. . . . 15 fr.
34. (Rirooee). Amœnitates litcrari» FriburgeuRiH. flm , 1775-76 ; in-8* , fasc. 1 à 3, exempl. , d. r. fig 12 fr.
('ont. Geiler de Kaisersberg. — Wickgrain. — Wimpreling.
35. ScHADiKCB, (). Summum Argentoratensinm templnm. Das ist : Beschreibung des MûnsterK von Stra.Hsburg. Strasbourg, 1617; in-4%
cart. , flg 15 fr.
— Bel exemplaire 18 fr.
36. VéEOM-RéviLL.£. Edbai 8ur le8 anciennes juridictions d'Alsace. Colmar, 1857; gr. ln-4», br. ; au lieu de 6 fr 4 fr.
On désire acquérir les ouvrages suivants :
Les Odêpes; par Al. Karr. Années 1845, 1846, 1847, 1848 et 184H;
soit en brochures, soit reliées non rognées. Les nouvelles Ouêpes d'Al. Karr. Paru, Blanchard; in-18, diamant;
les volumes 6 et 7 brochés.
JoANVis Mbuksii Elegantiae latini sermonis, etc., tome I*'. Londini,
[Cazin) , 1781 ; v. m. , fil. d. s. tr. Journal des choses mémorables, advenues durant le régne do
Henry III , par TEstoile. Colog. , 1746; le tome 2 v. br. La Table des prix du catalogue de A. Renouard. Paru, 1854; in-8*. Les FacAtisb DE Pogoe; transi, du latin en français. Paris, Bou-
foM, 1549; in -4*.
Les Contes facétieux et joyeuses récréations du Poooe; trad.
du latin en français. Parût, 1605; in-16. Œuvres de Rabelais. Amsterdam, 1711 ; le 5' volume. Le Cabinet sattrique. 1666; pet. in-12, le 1** vol. (hauteur 128 mill.) Le Cabinet satybique. 1666; pet. in-12, le 2* vol. (hauteur 120 mill.)
Faire connaître la condition exacte des volumes et le prix à Tadministration du Bibliographe alsacien, me de l'Arc-en-ciel , 23.
Numéro 2 MOCCCLXII 85 Août
LE
GAZETTE
LITTÉRAIRE, HISTORIQUE, ARTISTIQUE
SOMMAIRE
Ubt AL8ATI0A 8USPKCT. — RxYUK BiBLioosAPHiQUK : Le Terrain de trasuition deê Voegee, par Kœohlin-Schlnmberger et Schimper. — Le Minneêinger Oodefroi de Strasbourg t par Louis Spach. — Bêêoi »ur le eriHniême, par E. Kœberlé. — Culte et pèlerinage* de la Trèe-Sainte Vierge en Alsace , par Th. de Bnssierre. — Notice hietorique »ur VétabUêeement de piêcieulture à Huningue. — Deê êoeiitiê de secoure mutuels, par A. Pieqnart. — VabiAtés : Les Foirei. — Ouvriers et ouvrières. — Les thèses de MH. Dansin, Fnstel de Coalanges et Weiss. — Les Étrtmgleurs de VInde. — Un adjoint boucher. — LiTre<« raren et cnrienx à prix marqaés.
UN ALSATICA SUSPECT.
On nous communique la note suivante :
Alsacb fram ÇAI8B , OU Nouvcou Recueil decequ^ilyade plus curieux dans la ville de Strasbourg, avec une explication exacte des planches en taille-donce qni le composent. — D<u frasuôsische Slsius, oder Neue Besehreibung der Stadt Strassburg , und was darin merekwUrdig xu beseh«%, s<smpt einer erklàrung mit vielen KupfferstUcken.
Strasbourg, chez 0. Boucher, marehand-Ubr aire f MDCOVI (1 vol. fol.).
Tel est le double titre d'un volume très-rare, dont le texte est généralement médiocre, tant sous le rapport du style que sous celui de l'intérêt.
Ce volume runferiue :
l* Une lettre [en allemand) sur Strasbourg et TAIsacci mais principalement Strasbourg ; 3 pages.
2* Une vue générale de Strasbourg, gravée^au-dcssouH do I.i<iuelle 89 trvavc 1« plan de 1* ville avec la citadelle^ le« fortii du Rhin «t d<> ÉxAiL Deux pk)rM d'expUcatiolkst
3* Une grande planche représentant la Cathédrale (façadcn occidentale et septentrionale) avec notice hlstori<iue et description du monument en allemand et eu français.
4* Vue en perspective du dedans de la grande église de Strasbourg (on y remarque le puits).
5* Vue du maître-autel do la Cathédrale. Cette planche, bien que péchant contre les régies de la perspective, est trés-curieuse, car elle donne le magnifique autel que Louis XIV contribua à faire ériger après la réunion de Strasbourg à la France. Cet autel, terminé en 1685, a été fort endommagé par le terrible incendie do n.W et a été abattu à cette époque. {Grandidierj Essai, pagr. 192.) Outre l'autol on distingue l'ancien chœur à la place duquel on voyait, jusque dans ces derniers temps, une construction du plus mauvais goût. — En regard do la gravure il y a nne page de texte intitulée : « Courte description d€ la grande église de Strasbourg^ dent voici la représentation du grand sattel,
6* Gravure roprésontant l'horiogx) astronomique arec une page do description en regard.
7* Explication des planches qni représentent les modes de Strasbourg, série de dix gravures ï
Huissier et garde. — Femme en habit de cérémonie ot marraine.
— Ministre (luthérien) et riche bourgeois. — Marchande de tabac.
— Femme en habit d'été et pécheur. — Fille dansant. — Femme revenant do la ville. — Grand ot petit dcnil. — Fille de la haute Alsaco visitant an boargeois. — Paysans des environs do Strasbourg. Aucnne gravure n'est signée.
8* Eni!n nne lettre (en /ronça») sur le Rhin, l'Alsace, Strasbourg et Us dix villes impériales, en quatre pages de texte de fort peu d'intérêt. A. C.
Nous lie pouvons nous dispenser de joindre à cette note quelques observations.
Ce uVst pus Bculcmciit au texte du volume en questlou que doit s'appliquer le reproche de médiocrité : l'exécution des planches est tout aussi défectueuse, et l'on n'en est point surpris en faisant attention au procédé mie en œuvre par le libraire confectionneur. Pas une d'elles n'a été faite pour la place qu'elle occupe. Ce sont de pauvres épreuves de cuivres éreintés dont le sieur Boucher possédait un nombre indéterminé, et qu'il eut l'idée de colliger sons un titre alléchant, pour les vendre f^ux voyageurs, curieux alors, comme aujourd'hui, d'emporter un souvenir de leur passage à Strasbourg. O^est à cet emploi du volume qu'il faut attribuer sa rareté actuelle.
Ces estampes, reliquia de tirages effectués m eoûtremù, n'étaient pas même en nombre égal à sa disposition ; ce qui explique la composition variable des exemplaires de cette compilation , multipliés durant plusieurs années, au fur de leur écoulement. Ni celui que nous possédons , ni un autre qui nous a été communic][ué à Hagucnau , et dont l'intégralité originelle ne paraît point suspecte , ne contiennent les deux lettres , allemande et française , mentionnées par M. C... A la place de la vue et du plan de Strasbourg, réunis sur une même planche, le nôtre renferme un petit plan de format in-é** et une vue panoramique, signée Wemer, qui , par compensation , mesure plus d'un mètre de largo , et dont les numéros et lettres de repère ne concordent plus naturellement avec l'index du texte , d'ailleurs fort sommaire.
La vue extérieure de la cathédrale, d'un travaU de burin aussi malhabile que le dessin est inexact, porte
l'adresse du susdit libraire Guy Boucher, mab ce n'est qu'au moyen d'un grossier subterfuge, par le tirage à part du clocher sur un papier tout différent de celui du reste de l'estampe.
Sur l'image de l'horloge, trois fois plus grande que celle du Munster, on n'a pas même effacé l'adresse du premier éditeur, J. Tscheming. L'intérieur de l'église et le grand autel (si parûiitement gravé par Seupel dans de plus grandes proportions) , sont empruntés à des publications antérieures, aussi bien que les diz planches de costumes, épaves d'une collection plus nombreuse. La preuve certaine de notre assertion , c'est que ces épreuves, qui n'avaient pas de marges suffisantes , ont été montées pour atteindre la dimension du format in-folio.
Ces éléments disparates et de faux aloi ne constituent donc pas un livre à proprement parler, mais un recueil d'occasion décoré, par un spéculateur peu scrupuleux, d'un titre trop pompeux, et que rien ne justifie.
Seules , les figures de modes , malgré l'insuffisance du dessin, offirent un intérêt de curiosité, et leur légende explicative est rédigée surtout avec une naïveté dont un exemple ne déplaira pas à nos lecteurs.
La Marchande de tabac,
« Cecy a été pris , parce que le tabac est une marchandise très-commune et abondante dans le pays, et pour faire voir l'habit d'une servante proprement habillée , et de la marchande qui est dans sa boutique ; son habillement est un peu plus simblc {sic) que lorsqu'elle va par
la ville. Le fond est une boutique à tabac : le cavalier que vous voyez n'est là que par accident. »
Par accident ! quand le besoin de remplir sa tabatière expliquerait si naturellement sa présence. H — y.
REVUE BIBLIOGRAPHIQUE
Le Terrain de transition des Vosges. Partie géologique, par Jos. Kœchlin-Schlumberger. Partie paléontologique , par W" Ph. Schimper. Extrait des Mémoires de la Société des sciences naturelles de Strasbourg, 1 vol. grand in-i*^. Chez Berger-Levrault, à Strasbourg.
Ceci est un livre savant, riche en détails géologiques, trop riche même pour permettre des extraits à la portée des gens du monde. Nous aurions désiré trouver en tête de l'ouvrage , dans une introduction , l'histoire évolutive des travaux géologiques sur le terrain de transition dans les Vosges alsaciennes. Nous aurions voulu savoir, d'une manière précise , ce que M. K.-S. a ajouté aux notions fournies par ses prédécesseurs dans ce même champ d'étude. L'auteur, dans une note, signale chronologiquement les auteurs qui se sont occupés de la même question ^ mais sans mentionner le titre de leurs publications. Il suppose ses lecteurs aussi savants que lui en géologie , d'où il résulta que son livre ne sera agréable qu'aux purs savants, aux intimes, aux initiés. Il est vrai, cette manière d'écrire a sch grands avantages , pour la gloire
■ ( 30 ) durable de Tauteur; on doviont une sonrcc riche et abondante, où vont puiser les compilateurs, les survenants, les épiffoncB , qui sauront rendre agréables des faits encore bruts, des diamants pas encore tailles. Les amateurs se mêlent aujourd'hui de toutes les sciences, même de géologie et de paléontologie ; mais en général , après une étude plus ou moins superficielle de ces grtuides et magnifiques recherches, ils s'écrient avec l'étudiant, conseillé et renseigné par Méphisto :
Mir wird von allem dcm so damm
Ail gf«ng mir ein M tlhlrad tm Kopf bernm.
Des millions d'années; Pluton et Neptune, strates ou non strates, pâtes, nodules, cristaux , lent refroidissement , magma, brèche, éruption, cristaux, failles, soulèvements, rupture, carapace d'infusoircs , sigîllaria, stigmaria, lepidodcndron , productus, mouvement moléculaire , pscudomorphoses, etc. : tout cela fait un gâchis inextricable pour celui qui n'est pas préparé vaillamment pour ces études , qui exigent des connaissances solides en minéralogie et de cristallographie , en physique , en chimie , on botanique, en zoologie, en géographie, en topographie, ct<î. , et que Ton n'acquiert, d'ailleurs, que par une éducation scientifique, suivie ou continue, par l'établissement des collections, par le maniement du réactif, du chalumeau, du goniomètre, etc. ; c'est pourquoi le monde ne voit que du feu en géologie y cette science qui se moijue des misérables 0*000 ans écoulés depuis la création du monde hébreu ; et pour laquelle toutes les théogonies , tant païennes que juives , ne sont que des fablcB ridicules ,
ayant fait leur temps. Et qui donc , panni les gens du monde, est préparé à ces études sévères et graves? Quelques élèves de l'école polytechnique! tout au plus. Et pour qui extrairai -je quelques lambeaux du beau livre que nous annonçons. Les vrais amateurs et connaisseurs rachèteront et l'apprécieront. De savants critiques l'examineront avec tous les égards qu'il mérite ; mais cet examen exige un espace à limites bien moins restreintes que celles fixées par les colonnes de ce journal.
Il serait utile que ce mémoire fût accompagné d'une carte géologique de la partie sud-est des Vosges , depuis Chenebier jusqu'à Mutzig. La carte de M. Voltz est trop petite, partant trop incomplète. Celle des ingénieurs prussiens est rare , chère et inexacte.
La grande question agitée dans ce mémoire, c'est celle de savoir si le granit, le gneiss, la grauwaéke ont été formés par Neptune ou par Pluton, ou par les forces unies de ces deux puissants dieux. Avec Wemer et M. Delesse, notre auteur semble sacrifier davantage au dieu des Flots; néanmoins, le dieu du Feu et des Enfers n'est pas entièrement mis de côté. On brûle aussi quelque peu d'encens en son honneur , car « ce sont deux puissants dieux » , pour parler avec Athalie. Pourtant M. K. n'ose pas s'écrier avec l'enfant-roi : « Le mien est
tout et le vôtre n'est rien » , à l'instar de tous les
poâeurs d'hypothèses originales. Or, M. K. admet une théorie dans' laquelle chaque dieu a sa part de droit d'auteur. F. K.
Le MirmeftingerGodefroï de Strasbourg, par Louis Spach , archiTistc du département du Bas-Hhin. Strasbourg, imprimerie de veuve Berger-Levrault, 1862, in-8", 43 pages.
he Bibliographe alsacien , en rendant compte, dans son précédent numéro , du BuUetm de la Société littéraire de Strasbourg, a déjà parlé avec éloge de cette intéressante notice. Le public la connaît d'ailleurs, puisque, avant d^être publiée en brochure, elle avait paru, sous forme d'articles , dans le feuilleton du Courrier du Bas- Rhin, Il serait donc superflu de revenir ici sur une œuvre que tout le monde en Alsace a lue et appréciée , si certaines opinions de Tauteur , peut-être un peu trop absolues , ne demandaient à être légèrement restreintes dans l'intérêt de la vérité.
Ce qui caractérise surtout la nouvelle publication de M. Spach , c'est l'enthousiasme qu'inspire à l'auteur le sujet qu'il traite. Ayant à juger un poëte , le docte archiviste du Bas-Khiu est redevenu (ce que , du reste , il n'a jamais complètement cessé d'être) un homme de lettres, un poëte. Comme d'autres s'éprennent du drame ou du roman du jour, il s'est épris de beUe passion pour Godcfroi de Strasbourg et les minnesinger, ses contemporains. L'admiration qu'il professe pour ces vieux poètes communique à son style les allures du dithyrambe et s'épanche en un langage figuré dont le lecteur reste ébloui. L'époque des Hohcnstauflen devient, sous sa plume, un printemps et un été splendides; les minnesinger sont des alouettes qui s'élèvent fout à coup dans les airs et disent leur chant matinal sur tous les points de rhorizon, ou des
rossignols qui modulent leurs accents plaintifs sur la lisière de toutes les forêts de la Germanie; leurs œuvres se transforment en tapis de fleurs qui couvrent std>itement le fond des prairies, des vergers et des clairières; ailleurs, un des susdits rossignols est profond comme lu mer, qui recèle des perles dans le sein inexploré de ses grottes sous-marines, en reflétant sur le miroir de sa surface toutes les splendeurs du a'el et toutes les richesses du rivage,
n est à regretter que le culte , si sincère et si touchant, que M. Spach a voué à ces poëtes, soit, comme tous les cultes, un peu exclusif. M. Spach ne se contente pas d'adorer ses saints , il n'en tolère point d'autres à côté d'eux. Pour lui , il n'y a qu'un dieu de la poésie , et les minnesinger sont ses prophètes. Quant aux trouvères, qui leur ont servi de modèles , c'est à peine s'il daigne en faire mention en passant. S'il avoue que « il faut certainement, dan^ce remarquable essor du génie littéraire allemand sous la dynastie des Hohenstauffen , faire la part des influences provençales , italiennes , normandes et anglaises » ; aussitôt il ajoute comme correctif à cette légère concession : « Même les compositions , dont le sujet est emprunté au cycle carlovingien et à celui de la Table ronde, se transforment complètement sous la main des hommes de talent ou de génie , qui , au pied des Vosges, sur les rives du Rhin et du Danube , et sur la lisière des pays slaves , ont célébré les mystères du Saint-Graal , ou les amours des chevaliers de la cour d'Arthur. » Plus loin, en parlant du poëme de Tristan et Isetdt, composé par Grodefroi de Strasbourg, il affirme sans hésiter que «les
prédécesseurs de notre poëte indigène n*ont fourni qu'une matière indigeste , dont lui , le premier , a démêlé et mis en saillie les éléments psychologiques. »
M. Spach paraît oublier que Godefroi de Strasbourg compte parmi ses prédécesseurs Chresticn de Troyes et Luce de Gast, deux noms qui ne sont pas absolument inconnus dans l'histoire littéraire de la France. Sans doute , le texte du poëme que Chrestien de Troyes composa, au douzième siècle, sur les amours de Tristan et d'Iseult, est aujourd'hui perdu. Mais, à son défaut, nous possédons d'autres compositions en vers de Chrestien, telles que les romans d'Érec et du Chevalier au lion, imités en allemand par le minnesinger Hartmann von Aue, ceux de Cligès, de Perceval, du Chevalier à la charrette, ete. , et l'étude impartiale de ces poëmes doit faire naître la conviction qu'au moins l'un dès prédécesseurs de Godefroi a pu lui fournir autre chose qu'une matière indigeste. ,
Si le roman en vers de Chrestien de Troyes est perdu, la rédaction en prose de Luce de Gast est inédite, ce qui, pour nous autres provinciaux, est tout un. Nous pouvons, néanmoins, nous faire une idée de la manière dont le trouvère anglo-normand a traité son sujet, par un chapitre publié, par M. Paulin Paris, dsms les Manuscrits de la bibliothèque du roi, tome P', pages 200-208. Ce chapitre contient le récit de la mort de Tristan, d'après une version différente de celle qu'a suivie le continuateur allemand de Godefroi. Dans le cas où ce remarquable fragment aurait échappé aux investigations biblio-
graphiques de M. Spach , je prends la liberté de le signaler à son attention. Il serait difficile , comme le fait remarquer M. Paris , de citer dans..aucune langue un récit plus pathétique, une scène aussi déchirante. En parcourant ces pages douloureuses , M. Spach reconnaîtra , je l'espère , que les trouvères français, pour traiter une matière poétique, n'ont pas attendu que les Allemands leur enseignafisent à en démêler et mettre en saillie les éléments 2)sychologigue8.
En somme , l'appréciation que l'auteur de la notice sur Godefroi de Strasbourg a faite des minnesinger et de leurs œuvres, me paraît passer la juste mesure que doit garder tout critique impartial. Quarante-trois pages d'hyperboles en leur honneur, en vérité , c'est trop ; une sèche mention accompagnée d'une épithète peu juste , à coup sûr peu bienveillante , à l'adresse de leurs modèles , — ce n'est pajB assez.
M. Spach trouvera peut-être que, à propos de poëtes français, je lui fais une querelle d'Allemand; mais il ne doit s'en prendre qu'à lui-même , si je n'ai pas de critique plus importante à adresser à sa publication. S.
Essai sur le Crétinisme, par E. Kœberlé, professeur agrégé et ancien chef des travaux anatomiques de la Faculté de médecine de Strasbourg. Strasbourg, imprimerie de veuve Berger-Levrault. 1 vol. in-8® de 86 p.
Cet essai est extrait du Traité élémentaire et pratique des maladies mentales, par le D' Dagonet; mais il n'en
fait pas moins boune figure seul , et n'a besoin, pour briller, d'aucun voisinage. D se divise en six chapitres : Bibliographie ^ Définition, Etymologie, Etiologie, Anatomie pathologique. Prophylaxie et Thérapeutique. Le moins technique est celui de l'étymologie. L'auteur trouve difficile de remonter à l'origine exacte du mot crétin , qui sert à désigner, dans la vallée d'Aoste et en Savoie, les individus a£Pectés de crétinisme , et qui a été adopté dans la littérature médicale depuis Haller et de Saussure. « Suivant Stahl, le mot crétin dériverait de crcto, craie, parce que l'on rencontre les crétins sur des terrains crétacés. D'autres le font dériver d'un mot de la langue romane , cretira (?) , créature. Fodéré le fait dériver de chrétien , parce que , pauvres d'esprit , les crétins étaient autrefois, ainsi qu'ils le sont encore aujourd'hui dans quelques localités, considérés comme bienheureux , béats et innocents, incapables de commettre aucun péché, ou chrétiens par excellence. Suivant la couleur de leur teint, les crétins sont aussi désignés par les noms de marrons et de Bl^ich- Itnge, Wctsslmge, c'est-à-dire pâles, blanchâtres. Il est possible que la dernière dénomination ait été traduite en latin par cretatus ou, par corruption, par cretinus (crayeux, d'un blanc de craie). La dénomination de fous , d'idiots , de simples, est très-répandue. C'est ainsi que, dans le Valais, on les désigne sous le nom de gouchen, trissel, tschet'feii, tsckengen, tschollinen , etc. Dans le pays de Salzbourg , on les nomme fexe. En Alsace , on les appelle , dans le langage patois , des (oUe, tschoîle, mots dérivés de toU, insensé, des gaiitsche (maladroits, stupides). Dans
les Pyrénées^ on leur donne le nom de cagote. Ramond a fait, diaprés une croyance populaire, une race à part de ces malheureux êtres.... *
M. Kœberlé a eu raison de mettre un point d'interrogation après le mot cretira; en effet , il n'existe pas dans le Lexique de Raynouard , où créature se dit bonnement
creatura :
Dona, la genser creatura
Quo ano formes ol mon nalnnu*
(Arnaad de Marenil.)
Mais il aurait dû placer le même point après creimua, qui est du latin tellement corrompu qu'on peut le dire inventé pour la circonstance. La basse latinité ne connaît que cretina, crue d'eau, débordement, en vieux français crétine ou créture, et dans l'ancien latin, crayeux se )*end par creteus (Lucr.) ou par cretaceus (Plin.). H faut chercher de préférence la raison dés étymologies dans les opinions populaires; aussi croyons -nous, avec Fodéré, que crétin vient de chrétien ; déjà les anciens regardaient rhomme en démence comme possédé d'un dieu. Ces observations n'enlèvent rien au mérite de l'Essai de M. Kœberlé; elles s'effacent surtout devant le renom récent qu'a valu à l'auteur sa belle opération d'ovanotomic, et nous saisissons cette occasion de féliciter cordialement le savant ovariotamùte, P. B.
1. Dame, la plus gentille créatarc qne form&t oncqnes an monde la nature.
CuU^ et pèlerinages de la Très-Samt-e Vierge enAhftce, par le vicomte M. Th. de Bussieire. Paris, Pion, 1862. 1 vol. in-8° de viii-408 p.
Ce volume , dédié à M"'' la comtesse Charles de Germigny, néeHumann^ a été suggéré à Fauteur par le comité historique de Notre-Dame de France, qui l'a chargé de recueillir les documents et les faits relatifs au culte de Marie en Alsace. M. de Bussierre essaie d'abord de faire connaître les orijgines de ce culte ; puis il passe à la cathédrale de Strasbourg, le monument le plus pompeux qui ait été élevé dans la province en son honneur; enfin, il parle des lieux de pèlerinage qui lui sont consacrés. U en existe soixante-six dans le diocèse de Strasbourg; il est, sous ce rapport, le plus riche de France. On en compte trente-quatre dans le département du Bas-Rhin , et trente-deux dans celui du Haut-Rhin. Ceux du Haut- Rhin étaient au nombre de trente-cinq ; mais il en est trois qui ont été détruits et qu'on n'a pas encore rétablis : ce sont ceux de Dusenbach près de Ribeauvillé , d'Ensisheim et de Maria-Brunn, à côté de Rœdersdorf. M. de Bussierre publie l'histoire du premier de ces sanctuaires et de courtes notices sur les deux autres. Sur plusieurs pèlerinages, on trouve des renseignements assez complets dans les archives locales et dans les écrits des chroniqueurs ; au contraire, l'origine et les destinées de certains autres ne sont plus connues, parce que les documents qui s'y rapportaient ont disparu soit durant les guerres du seizième et du dix-septième siècle, soit pendant la révolution française. M. do Bussierre fait connaître sue-
ciuctement ce qu'il a pu recueillir, et, afin de donner plus de variété à son récit , il expose en même temps quelques faits relatifs à l'histoire plus générale de la province : il prend pour point de départ le nord du département du Bas-Rhin, et s'arrête à la frontière méridionale du diocèse. M. de Bussierre prétend démontrer que le culte de Marie est aussi ancien en Alsace que le christianisme même ; mais il prend trop facilement ses inductions pour des preuves : les premiers évêques d'Argentorat échappent au contrôle de l'histoire, et leur existence est surtout légendaire; tout au plus peut-on rapporter à Clovis la fondation première de la cathédrale, et ce n'est qu'à Dagobert II que le jour se fait dans les annales de Tévêché, comme dans l'histoire du culte de Marie. Nous avons aussi été étonné de voir attribuer à Erwin , pour lieu de naissance, Steinbach près de Thann , alors que l'opinion commune lui assigne, à cet effet, Steinbach en Bade, et que, d'autre part, Strobel allègue un manuscrit qui le fait citoyen de Mayence. Quoi qu'il en soit, nous rendrons hommage à l'érudition de l'auteur, et nous ajouterons encore qu'il a complété son travail par la liste des paroisses du diocèse qui vénèrent la Vierge en qualité de patronne.
Notice historique sur Vét^lissemcnt de pisciculture de Huningue; Strasbourg, imprimerie de veuve Berger-Levrault, 18G2, in-4^ 144 pages.
Cette notice a été rédigée, sur la demand<» de Tadmi-
nistration , par M. Tingénieur en chef des travaux du Rhin , qui a sous sa direction l'ëtablissement de pisciculture de Huningue. Elle se divise en deux parties : texte et documents statistiques. La première partie commence par des observations préliminaires : « La pisciculture paraît avoir été connue et pratiquée à toutes les époques. Chez les Chinois, elle est, depuis un temps immémorial, à Tétat d^industrie. Les Romains la faisaient servir autrefois à leurs distractions, à leur luxe culinaire , et dans un coin reculé de Fltalic , une branche spéciale en est demeurée, jusqu'à nos jours , Tobjet d'un commerce important. Au moyen fige, dans plusieurs pays , et particulièrement en Allemagne , les corporations religieuses tiraient un parti avantageux du peuplement bien entretenu des eaux placées sous leur dépendance. Maintenant encore, dans quelques Etats de la Confédération germanique , l'on applique à l'élevage et à la conservation des poissons dans de petits espaces, des procédés dont l'origine remonte très-loin. » Les documents statistiques font connaître que, dans le Bas-Rhin, les alevins provenant de Huningue sont élevés jusqu'à l'âge d'un an, dans des rigoles et bassins alimentés par une source voisine très-abondante , puis transportés dans les étangs à truites du Hasselthal. Dans le même local, on a élevé des saumons du Rhin et des truites des lacs, éclos à l'établissement de Huningue le 4 février 1860. Les saumons ont aujourd'hui la taille de 20 centimètres et plus, les truites de 12 à 15 centimètres. Une partie des alevins de 1861 s'est échappée par une fissure de la grille
en ainout, et s'est réfugiée dans les rochers d'où sort la source; ils y prospèrent et on les prendra peu à peu.
Un de nos compatriotes, M. Anatole Picquart, auditeur au Conseil d'État, sous-préfet de Saint- Calais , vient de publier un petit volume , intitulé : Des sociétés de secours mutuels, petit manuel pratique; Saint-Calais , 1862.
La législation des sociétés de secours mutuels , leur but, Icîir organisation , les avantages que chacun peut en retirer, tout ce qui , en un mot , intéresse ces institutions destinées à soulager les misères de Vhumanité , se trouve développé dans cet opuscule d'environ 60 pages. M. Picquart, dans ce manuel qu'il s'est efforcé de rendre aussi élémentaire que possible, a su s'inspirer de l'opinion des esprits éminents de notre époque. Les citations qu'il nous donne, extraites des discours de l'Empereur, des ouvrages de Thicrs, de Fréd. Bastiat et d'Alph. Karr, prouvent que c'est réellement par sympathie qu'il s'est consacré à l'accomplissement de cette grande œuvre : Améliorer le sort des ouvriers des villes et des campagnes,
«Puissions-nous, dit M. Picquart, être compris des «hommes de cœur dans les mains de qui tombera ce
< petit manuel ! ^
« Puissions-nous éveiller en eux la ferme volonté de « seconder les généreux efforts du chef de l'Etat pour la «prosj)érité de notre beau pays, et voir enfin s'accom-
< plir, dans une fraternelle association entre tous les ci- « toyens riches et pauvres , cette parole du divin maître : « Aimez-vous les uns les autres. »
VARIÉTÉS
Lr8 poiucs. — Presque tont> les ans, nos foires servent, dans lep journaux, de prétexte à des articles qui déplorent la retraite du pittoresque et de rimprévu devant l'ordre et la régie, ou qui décernent Nimplemcnt à l'administration un brevet de zélc et d'excellence ; voici un voyageur désintéressé qui, dans une lettre datée d'Amasia, en Asie-Mineure, et adressée A M. Hachette, se trouve faire sur les foires des réflexions qui nous semblent fort Justes. Après avoir décrit la foire de Zileh, en Anatolie, M. Perrot ajoute : • L'Asie-Mineure est dans un état qui , pour bien des années encore, rend utiles ces marchés extraordinaires, assure le succès de ces foires qui, chez nous, diminuent chaque année d'importance. Los foires rendent des services et attirent une grande affluence là où les routes sont mauvaises et peu sûres; les relations entre les différents centres de production, rares et difficiles. Dans ces pays, à certains moments, la prévision d'un gain assuré décide les marchands à transporter leurs denrées à une distance considérable sur un point où ils sont sûrs de les placer avec avantage et de pouvoir acheter en retour ce qui manque chez eux. Alors les routes se couvrent de monde; le gouvernement, qui en temps ordinaire ne gêne point l'industrie dos vpleurs de grand chemin , fait au moins semblant de prendre des précautions. On arrive alors de toutes parts dans une ville où se rendent , outre les négociants, tous les gens des environs qui, sachant trouver sur ce marché ce dont ils ont besoin, ont attendu jusque-là pour se pourvoir. Là, an contraire, où l'on se procure chaque jour au fur et à mesure des besoins tous les objets nécessaires, comme cela arrive maintenant chez nous, on ne réserve point ses achats pour une époque éloignée, et les foires , excepté celles où se vendent les grains et les bestiaux, n'ont plus de raison d'être. Mais les foires d'objets fabriqués, comme celle-ci, comme autrefois notre foire do Beaucairo, correspondent à un état de société imparfait et troublé, comme l'était le moyen âge, comme l'est encore, pour l'empire turc, le dix-neuvième siècle. • Il paraît qu'en 17iK), nos bourgooi» considéraient encore les foires '•omme nécessaire»., puisqu'un présentèrent an comité du commerce
un mémoire contre l'odieux projet dv lenr abolition *. 81 aujourd'hui les marchands de Francfort, d'Âugsbonrg et do Nuremberg ne viennent plus les visiter comme au dix -septième siècle par exemple, il lenr reste à distraire l'œil et à faire passer nn quart d'heure do loisir.
Une brochnre de M. Levasseur, Ouvriers et Ouvriireê, contient le passage suivant : < C'est au sud-ouest de Mulhouse, sur les bords du canal , dans le voisinage du chemin de fer et des fabriques que s'élèvent les cités ouvrières, et au centre sur la place Napoléon les bains, le lavoir, la boulangerie, le restaurant, la bibliothèque et le magasin ; plus loin la salle d'asile ; dans les rues voisines , les maisons tantôt alignées les unes à côté des antres , tantôt groupées par quatre en forme de pavillons et enveloppées d'un petit Jardin , pour satisfaire les différents goûts et se mettre à la portée de toutes les bourses. Au restaurant on peut dîner pour 40 cent., ou mieux encore acheter la soupe et le bœuf; la mère de famille y trouve le dîner qu'elle n'a pas ou le temps do préparer, pendant qu'elle était retenue à la fabrique; pour 5 cent., elle passe deux heures au lavoir, et chaque habitant de la cité peut, pour 20 cent., prendre un bain, linge compris. On ne saurait croire quelle puissance exercent sur la moralité les habitudes de propreté qu'inculquent à la classe ouvrière de pareilles institutions. Il y a une influence plus pmissante encore, c'est celle de la propriété qui attache l'homme an sol et qui d'un hôte passager et indifférent fait un citoyen intéressé an maintien de l'ordre. L'ouvrier qui a le droit de dire t ma famille et ma maison * tient à la société par les deux liens les plus forts qui ont servi à la nouer elle-même dans le principe et qui la maintiennent toujours. C'est ce que l'association do Mulhouse a compris et elle met en vente les maisons qu'elle construit, renouvelant et poursuivant ses opérations à mesure qu'elle refait son capital. Sur 428 maisons bâties en 1859 il y en avait déjà 320 qui avaient trouvé des acquéreurs, et les ouvriers avaient pu déjà payer 272,000 fr., représentant A peu près le quart de la valeur totale. Dans les premières années 17 à 1800 fr. suffisaient, aujourd'hui la cherté des terrains et de la construction l'a forcée A élever ses prix à 2400 et à 3000 fr. Mais elle n'exige cepen-
1. Voy. Spjndler, Archivée de l'aneim corps d/x marchand* dt Strasbourg , 1861.
dant que 300 fr. en payement des frais et comme garantie des épargnes futures; quant au rento, elle le prélôve par un amortissement combiné sur une période de vingt années, de manière à ne faire payer à l'ouvrier qu'une somme peu différente des loyers ordinaires de I& ville, de 10 à 16 fr. par mois. Ses 430 maisons sont occupées, d'antres ae construisent chaque année ; la plupart se sont vendues, les annuités se payent, la société se soutient et un immense progrés a été accompli. •
Nous extrayons ce qui suit d'un article de M. Perrons sur les thèses de doctorat depuis 1850 :
f M. Dansin a attiré notre attention sur les mercenaires et il nous amène à conclure, un peu malgré lui, que dans une société surchargée d'esclaves disséminés tout autour du bassin de la Méditerranée, l'institution des mercenaires était inévitable et que c'est elle qui a fait le salut de la Grèce. M. Fustel de Goulanges, en nous parlant dePolyhe et, à son sujet, de la Grèce au temps de l'extrômc décadence et do la conquête des Romains, nous mène i la recherche des causes qui ont produit ce sinistre et inévitable résultat. S'il a tort de les voir dans l'esprit municipal qui était en quelque sorte l'âme des Grecs et sans lequel on aurait peine à les concevoir, il nous fait du moins toucher du doigt les vices de la civilisation grecque, la mauvaise répartition des. richesses qui amenait le désir et le goût des révolutions, des rapines, des violences, la tiédeur du patriotisme, cette institution mCme des mercenaires dont il vient d'être question. M. J.J.Wci»s,quand il étudie l'instruction judiciaire chezles Bamainêf s'attache surtout à meitre le doigt sur les plaies et i compléter Montesquieu. Ce qui frappe et ce qui afl9ige dans ce travail, c'est d'y voir que le respect des Romains pour la dignité humaine, pour le droit individuel, aurait été une cause do décadence. Etrange résultat, n'est-il pas vrai, qu'un sentiment qui 8u£Qrait à honorer un peuple ait pu contribuer à sa ruine! Mais, comme le mal peut sortir du bien, ce respect étant exagéré vicia radicalement les lois criminelles. Le désir de mettre l'attaque et la défense en parfait équilibre, fit abandonner l'une aux particuliers, c'est-à-dire à la haine, ce qui nuisait à l'autre et faisait du premier coup pencher la balance, car on n'accusait qu'après avoir mis toutes les chances de son coté. »
Le Théâtre de la Portc-Saint-Martin vient de jouer les Étrangleura de Vlndty drame en cinq actes et neuf tableaux, par M. Charles Garand, do Strasbourg. Il y a dans ce drame des situations hardies et des moyens scéniques à faire pâlir d'épouvante les charpentiers ordinaires du boulevard. La pièce se jonche de cadavres et se sature d'horreurs. Il y a quelques années on fit représenter en Angleterre un drame indien dontNana-Saîb était le héros. Le peuple fut si exaspéré des atrocités dont il se rendait coupable qu'à la sortie du théâtre, on voulut écharper l'acteur chargé de ce dangereux personnage : fantaisie populaire, renouvelée d'ailleurs des premières représentations du Tituê Andronieu* de Shakespeare. L'œuvre de M. Oarand a-t-ello quoique analogie avec la pièce anglaise? c'est probable ; mais les Parisiens ont eu les nerfs moins sensibles que leurs voisins et ont bravement contemplé la tuerie qu'on mettait sous leurs yeux.
L'ouvrage Aus Frankreieh (do la France), par Lucien Herbert (Leipzig , Ortlnow, 1861), contient un chapitre intitulé : la Vie allemande en AUacey où l'autour raconte le voyage qu'il fit à pied et les conversations qu'il eut avec un Alsacien allant de Metz chez lui. Dans ces conversations est intercalée l'anecdote suivante : « Le soir était arrivé et nous entrâmes dans une modeste auberge de village. Là s'était passée le même jour une histoire drolatique que l'on nous servit toute chaude. Un couple s'était rendu lo matin à la mairie pour célébrer son mariage civil. Mais le maire avait dû s'absenter pour affaires pressantes, et l'on fut forcé d'envoyer chercher l'adjoint, qui exerçait l'état de boucher. L'adjoint se laissa chercher longtemps, et lorsqu'il ne put plus faire autrement que de paraître , il lança aux fiancés , qui ne s'y attendaient guère , ces mots foudroyants : • Où avcz-vous pris la viande du repas de noces? — Chez Cussot , répondit le fiancé tout bonnement. — £h bien , allez aussi chez Cussot, pour vous faire marier. > n dit et sortit, laissant les gens de la noce ahuris de sa conduite. Mais bientôt ceux-ci firent bonne mine à mauvais jeu , rédigèrent une protestation et , tandis qu'un témoin la portait au siège de la sons-préfecture , attendirent gaiment la réponse à l'auberge eu chopinant et trinquant. • D'après le voyageur , le village , témoin do l'histoire , n'appartient pas A l'Alsace. P. R.
LIVRES RARES ET CURIEUX A PRIX MARQUÉS
37. Testament politique du cardinal de Richelieu. Amtt. , 1688.
i vol. en 1 V. br., pet. in-12 5 fr.
Ce testament n'a en de auccès que cinquante ani après sa publication, lorsque Voltaire a essayé de foire tomber ce livre parmi cette coliue d'ouTragea apocryphes, qui alors, comme aujourd'hui, se produisaient sous le patronage de noms célèbres. On croit que ce testament a été imprimé snr an« copie que Richelieu avait donnée k sa nièce la duchesse d'Aiguillon , et qne celle-ci avait laissée en mourant à M" de Vigean , son amie. ( Ext. du cat. Pixèrécourt)
38. Ch. Nodieb. Motions élémentaires de linguistique. Bruzelletf 1834 ; in-18 ; cart. av. tit 2 fr. 50 c.
39. Bebtoldo con Bkbtoldino o Cacasenno inottava Rima con argomenti allégorie. In Venetia, 1739; pet. in-S*, 21 flg. cart. av. tit.
5ft-.
Poème burlesque.