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LE PETIT CARRÉ

JOURNAL DES INTjÉRÊTS MATÉRIELS.

Depuis longtemps le besoin se faisait sentir d'une petite feuille propre à satisfaire aux nécessités les plus puissantes de l'humanité.

Tous ces grands carrés remplis do lieux communs et de matières indigestes, ne pouvaient Ctre longtemps goûtés d'un public habitué à ses anciennes commodités.

C'est ce qui a donné naissance an Petit Carré » organe du laisserfaire et do la libre sortie des matières premières.

Sentinelle avancée du progrés, le Petit Carré se trouvera sous la main du lectenr dans tous les lieux privés et publics do l'Empire.

Le Petit Carré ^ imprimé sur papier satiné, ne contiendra rien qui puisse blesser l'abonné le plus délicat; la mère en recommandera l'uKage hygiénique A ses enfants.

Le Petit Carré respectera les secrets de famille. La vie privée doit <^tre murée.

C'eftt un besoin de notre époque , de donner un libre cours au travail qui s'opère dans les entrailles de la société.

La rédaction du Petit Carré sera toujours claire et coulante, quelquefois ferme et même un peu dure, selon les besoins du moment.

1. Paris, près Charenton, i862 (J. Gay, quai des Aagnslins, 25; tiré h :iOO exemplaires numérotés sur papier vergé, 2«')0 ex. in-12 et 70 ex. in-8*).

En temps de paix, le Petit Carré 8e gardera de toute polémique irritante et sera toujours prôt à réparer le» finite» facbeusex de nos dissensions intestines.

La vérité, la pure vérité: telle est notre devise; nous ferons eu sorte qae nos lecteurs puissent la toucher du doigt.

Le PetU Carré ne laissera jamais salir son drapeau, et, si l'ennemi, jaloux de notre bonne constitution , s'avisait de faire irruption dans notre for intérieur, on nous verrait les premiers dans les tranchées , occupés à soutenir le siège et à lui faire vider les lieux, mais alors malheur aux vaincus! aux grands maux, les grands remèdes. Nou» tomberions sans quartier sur leurs derrières pour les forcer d'évacuer.

Il nons répugnerait de nous étendre trop longuement sur les matières que nous avons l'intention de servir à nos lecteurs , il nous suffira de les effleurer en passant.

Bn fait de Politique. Nos relations avec le cabinet nous mettent on position d'avoir les premiers vents de ce qui se fait dans les principaux lieux du monde et dans les plus petits endroits du pays.

En fait d'Industrie. Nons sentons mienx que personne les souffrances de nos fabricants toujours si gênés par le défaut d'écoulement du trop plein de leurs produits.

Nons tâcherons de leur ouvrir les principaux débouchés des Pays- Bas , du Bas-Rhin , des bords du Pô , de Cuba , du Chili et autres lieux.

En fait d'Agriculture. Les engrais de toute nature peuvent compter sur nos sympathies; nous serons toujours disposés à leur tcndr« la main dans tons les cas possibles.

En fait de Commerce. Nons donnerons à nos lecteurs toutes les nouvelles courantes et le tableau des principales foires du continent.

On sentira qu'un journal assis sur de pareils fondements ne pourrait manquer d'aller comme il faut; aussi les fonds sont faits, et chacun peut venir prendre (connaissance) , lisez : inspection du dépôt dans le cabinet particulier du secrétaire.

Nous avons été assez heureux pour nous assurer dans la proKHo la collaboration des membres les plus éminents des deux hémisphères , dont l'inépuisable fécondité et le parfum de bon goût sont une garantie de plus pour nos futurs abonnés.

Le Petit Carré sera imprimé sur papier pot , dans un format commode et d'un seul côté. Il paraîtra tous les matins afin do satisfaire aux besoins de plus en plus pressants de chaque jour.

Prix ffabODuemeiiC pour un an i Cent éeas.

On s'inscrit : Quai des Lunettes, n* 100.

I^iire de communiquer ce prottpeetus aprè$ en avoir fait usatjr.

Les Livre* et la Famille. — • Je bals les livres , parce qu'ils sout lef> délices du père qui me hait et qu'ils m'ont supplanté pour toujours dans son cœarl Me ferez-vous la grâce de me comprendre? Il n'est pas de marbre , lui ; il n'est pas de bronze , il est fait d'os et de cbair comme nons. Et à de certaines heures pent-âtre, se sentant las et triste, il cherobe du regard autour de lui quelque chose A aimer, à caresser, i presser dans ses bras, et pout-fitre se souTiont-il alors qu'il a un enfant, et qu'un enfant est une de ces choses qu'un père se plaît à aimer, à caresser, à presser contre son sein.... Car, enfin, cela s'est vu , n'est-ce pas? Cela n'est pas trop contraire à la nature, ou si c'est un miracle, ce miracle s'est parfois opéré?... Mais dans le moment où de telles pensées lui viennent et qu'il sent son cœur s'amollir, se fondre dans sa poitrine , il aperçoit ses livres , ses livres bion-aimés; il en ouvre un, il s'y enfonce... Adieu sa fatigue! adieu sa tristesse! adieu le souvenir de son enfant! Le voilà content, rien ne manque à sa félicité... • (V. Oherbuliez , Le comte Koetia.)

Un de nos compatriotes, M. Ed. Engelhardt, membre de la commission de délimitation des provinces danubiennes , vient de publier à Galatz un volume petit in-8*, intitulé : Êtudeê sur les embouchures du Danube.

Importance du commerce de la mer Noire, topographie générale du Delta du Danube, histoire des populations qui habitent le Delta, agriculture , élève du bétail, climat , questions hygiéniques, pêcheries , flore , faune du Delta , les Cosaques du Danube , leur origine , leurs mœurs, leurs croyances religieuses, leur constitution politique, et, enfin, les travaux de la commission européenne du Danube, toutes ces questions sont examinées et traitées avec beaucoup de lucidité par un homme compétent qui dirige déjà depuis plusieurs années les opérations de la commission à Galatz.

M. Avé-Lallemant débarquait le 27 Janvier 1859 à l'embouchure du Mncury (Brésil), près d'un village qui porte, comme par ironie , le nom de Porto-Alegro (port Joyeux). Dès le premier pas , un spectacle de désolation se présentait à ses regards. Deux familles d'Alsaciens

étaient campées iiar le «table , à quelque» paA de l'embarcadère. N'ayant pan voulu accepter leii dures conditionii imposées par lo directeur do la colonie, ce gr^oupe désolé était revenu Instinctivement sur le bord de la mer. Depuis soizante-douse heures ils n'avaient pas quitté la plage ; exposés le Jour à cette chaleur intolérable qui transforme les sables en brasier; la nuit, aux brouillards saturés de miasmes qui rampent sur l'estuaire marécageux du Mucury. Quelques-uns, appuyés sur lo coude, regardaient les flots sans les voir; presque tous gisaient sans force sur le sol, accablés par la maladie. Une femme venait d'aceonclier d'un enfant vivant qu'elle sentait périr entre ses bras ; un vieillard se mourait de la fièvre typhoïde ; une Jeune fille de quinxo ans respirait à peine et semblait un cadavre. Telles étaient les misères des émigrants!

(Y. ReUe dureh Nord-BraHUen m Jahre 1859.)

Le troisième volume du Catalogue général de» manutcriUt de» hihUothéquea publiques de* départements , publié sous les auspices du ministre d'I^tat , vient de paraître. Co nouveau volume comprend les catalogues des manuscrits des bibliothèques do Saint-Omer, d'épinal, de Saint-Mihiel, do Saint-Dlé et de Schlestadt. Le quatrième volume du môme recueil est sons presse. Il contiendra le catalogue des manuscrits de la bibliothèque d'Arras.

làik Revue de l'Instruction ptthlique du 3 juillet contient un article do M. Edm. Robinet , sur : Un prédicateur catholique au quinsiéme siècle (Qeiler de Kaisersberg) , par Adolphe Schaeffer, docteur on théologie et licencié ès-lettres, pasteur à Colmar. Un vol. in-18. Paris, libr. de Ch. Meyrueis et Compagnie.

M. Robinet rappelle que M. Schaeffer est de plus l'auteur de divers ouvrages : Essai sur Vavenir de la tolérance ; De Vinftuence de Luther sur l'éducation du peuple; De la morale chrétienne de Schleiermaeher ; Madame Duplessis-Momay , née Charlotte Arbûleste. Mais pourquoi M. Robinet dit-il que le nom de Geiler n'est bien connu qu'en Allemagne et dans l'ancienne Alsace? Il fallait mettre : dans VAlsoee, sans distinguer entre l'ancienne et la nouvelle.

• Il faut de rinutile dans le bonheur; assalRonncz-Io-moi énorme- «ment do superflu... Le bonheur soc rcBsomble au paiu soc... On

• mange, mais on ne dîne pas... Je veux de l'inutile, du superflu , do - l'extravagant, du trop, do ce qui ne sert à rien , • dit Victor Hugo, dans l'un dos derniers chapitres des Miaérahlf». Pour mieux api>nyer cette thôse, voici Toxomple qu'il nous donne!

< Je me souviens d'avoir vn , dans la cathédrale de Strasbourg, une « horloge haute comme une maison à trois étages, qui marquait l'heure, « mais qui n'avait pas l'air fait pour cela; et qui , après avoir sonné « midi ou minuit; midi, l'heure du soleil, minuit, l'heure de l'amour ' ou toute autro heure qu'il vous plaira, vous donnait la lune et les

• étoiles, la terre et la mur, les oiseaux et les poissons; Thébus et ■ Phébc, et une ribambelle de choses qui sortaient d'une niche, et les

• douze apôtres, et l'empereur Charles-Quint, et Kponinc et Sabinus, « et un tas de petits bons hommes dorés qui Jouent do la trompette «par-dessus le marché! Sans compter de ravissants carillons qu'elle < éparpillait dans l'air à tout propos sans qu'on sût pourquoi. Un mé- •< chaut cadran tout nu, qui no dit que les heures, vaut-il cela? Moi, <je suis d'avis do la grosse horloge de Strasbourg, et je la préfère « au coucou do la Forôt-Noiro. *

Les Archéologues de jirovince. — • L'archéologie semble avoir été inventée pour les heureux savauts de province. Leur travail est une sorte de loisir : ils n'ont à lutter ni contre le» exigences d'une besogne fiévreuse, ni surtout contre les envahissements do ces mangeurs de temps, fatals satellites do tout écrivain parisien. Calmes, exclusivement à leurs chères études, ils rassemblent à leur gré, quand il leur plaît, chacun des matériaux do leur œuvre; ils les choisissent, ils les trient, ils les polissent, ils les caressent, et ils les attendent, au besoin, des semaines, des mois, des années.

( Cyrus s'écriait : Que je voudrais être le philosophe Âuaximandro si je n'étais le roi Cyrus! Il n'est pas nu homme de la presse qui no se soit dit, au moins uuo fuis eu sa vie : Que no suis-je uu archéologue de province I ■ (Sau.)

LIVRES RARES ET CURIEUX A PRIX MARQUÉS

1. Lk Tombkau DK8 AMOURS DB L0UI8 LB Obavd et 868 demiôroa galanteries, à Cologne chex Pierre Marteau, 1695 (Holl.); petit in-lS,

dos et coins maroq. ronge , comp. dor iO tr.

Tache d'homidilè aax coins des qnatre derniers feaiUets. Résamé de la chronique scandaleuse de la cour dans le genre de la Frmneê italienne, mais qui n'embrasse pas les mêmes circonstances et qn*on ne retrouve pas dans les recueils. Le frontispice de ce petit volume rare représente Louis XIV, et H*" de Haintenon repoussant les amours avec cetta inscription :

• H4ku ! Notrt rign» est fini.

« Adieu trop €timable$ amourn « Qui <n»$ »çu me charmer si tendrement : * Ha! Je ne sents plus pour vous , « L'ardeur <pti me touchait si vivement. •

8. C0HTB8 BT PoésiBS DU C. CoLLiEB, Commandant - Général des « Croisades du Bas-Rhin , à Saveme, 1798; 8 vol. ln-16 en 1 vol. , dos et coins maroq. du Levant, ronge, comp. dor 20 fr.

Contes gaillards, mais bien écrits. Le Pseudonyme C. Collier aura été choisi pour désigner le Cardinal de Rohan auquel l'on aura touIu attribuer un scandale de plus. Certains exemplaires ont deux flgures que l'on ne rencontre pas dans relui-ci.

S. Bibliothèque du théatbe français , depuis son origine (par le duc de Lavallière et Marin de la Ciotat) , à Dreede. {Paris) , 1768 ;

•S voL in-8", v. br. flg 8 fr.

Bon exemplaire.

4. Point db lendemain. Conte. Strasbourg, 1861 ; in-18, xxiv-48 pp. , dos et coins maroq. du Levant, non rogné 18 fr.

Un des cinq exemplaires sur grand papier vélin rose. Jolie réimpression tirée à 80 exemplaires [épuisée).

Conte sentimental à la manière de M. Louvet; il est écrit avec gréce, et le tour net et piquant de sa phrase est d'un écrivain consommé. On l'attribue à Dorât. L'amateur qui vient de le réimprimer avec le plus grand soin pour les bibliophiles , l'a fait précéder d'une intéressante préface bibliographique. (L. Lacocb, Annales du BtMophile , juin 1862.)

5. ŒuvRBB COMPLÈTES DE LORD Btron , publiées par Th. Moore , trad. par Paulin Paris. Portrait. Parie, 1880; 13 vol. in-8', br. 86 fr.

6. Lb8 épiSTBKB DOBÉK8 et Dlscours salutairen de don Antoine de

Gnovare, trad. par de Qnterry. Anvertj 1591 ; pet. inS'y v. br. 15 fr.

Gnevare était évèque de Mondonedo. précbear et chroniqueur de l'empereur Charles V. Cet ouvrage contient en outre la révolte que le» Espagnols firent contre leur prince l'an MDXX.

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