C. METTERNÏfH-WlNNEBOITRG
Ce 26 juillet 1806.
Je serai à vos ordres demain avant onze heures , mon cher professeur, et passerai , si vous permettez , chez vous pour aller vous chercher. Les Muses et les armes ont depuis nombre d'années formé une si étroite alliance, que je verrai avec grand plaisir à la fois le manuscrit de Thèbes et la parade à Strasbourg.
Recevez les assurances de mon ancien et sincère att<achement et de ma considération la plus distinguée.
Mjsttebîîich -Winneboukq.
W1J4PHELING'.
Une étude comme celle que j*ai sous les yeux est une bonne fortune non -seulement pour l'histoire de la littérature , mais encore pour la science de la pédagogie. La ville de Schlestadt, qui compte avec orgueil Jacques Wimpholing au nombre dç ses enfants, doit être fière du monument élevé par M. de Wiskowatoff à la gloire de réminent écrivain , qui , placé entre la fin du XV® siècle ot le commencement du XVP, est généralement considéré comme le restaurateur des lettres dans le sud de
1. Jcuquea Wiruphelinçy sa vie et. sea écrits. Etude historique sur les humanistes allemands, par le docteur Paul de Wiskowatoff. Berllu , 1867; 1 vol. in -8° de 238 pages. {Jaeoh WimpheUng, sein Leben und seine Schri/ten. Ein Beitrag znr Geschichte der deutxchen Ilumanisten , von Dr. Paul von Wiskowatoff.)
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rAllemagne. L'auteur de cette étude nous retrace, dans uue savante introduction qui précède sa notice biographique , le tableau moral et intellectuel de cette époque brillante qui précéda la Réforme et dont Wimpheling fut un des représentants les plus illustres. Il nous monti'e ensuite la jeunesse studieuse de Wimpheling, qui fut placé, jusqu'à Tâge de 12 ans, dans la célèbre école que Louis Dringenberg tenait à Schlestadt , par son père , que le bon sens et le travail , à défaut d'instruction et de fortune , rendaient capable de seconder, par les bienfaits de l'éducation , lé développement des dons heureux que son fils tenait de la nature. En 1464, après la mort de son père , le jeune Wimpheling alla étudier la philosophie à l'université de Fribourg, sous Kilian Wolf et Jean Geiler de Kaisersberg, et eut dans les hautes études le même succès qu'à l'école de Schlestadt. Après un séjour de deux années à Fribourg , il alla visiter l'université d'Erfurt et de Heidelberg, y obtint les divers grades universitaires , se voua à l'état ecclésiastique , et fut nommé, en 1481, par l'électeur palatin Frédéric, recteur de l'université de Heidelberg. M. de Wiskowatoff a successivement analysé et apprécié toutes les œuvres de réminent écrivain alsacien, ses poésies, ses pamphlets, ses ouvrages de pédagogie et les discours qu'il a prononcés pendant sa longue carrière et les hautes fonctions qu'il a occupées dans l'enseignement. Il nous montre tous les efforts qu'il fit pour extirper les vices de l'enseignement scolastique , le ramener à des sources plus pures, et donner aux élèves le plus haut degré de l'in-
siructioii et de réducation par des méthodes avantageuses et faciles.
Je ne puis pas avoir la prétention de suivre pas à jias l'auteur dans les diverses appréciations qu'il fait du génie de Wimpheling et des nombreux ouvrages que produisit sa plume féconde et variée. Le catalogue des évêqucs de Strasbourg, qui passe chez nous pour l'oeuvre capitale de Wimpheling, est très-convenablement apprécié , c'est celui de ses ouvrages qui assure une durée à son nom.
M. de Wiskowatoff nous retrace les longs démêlés que Wimpheling eut avec les moines de son temps et la haiue qu'il avait vouée au peuple d'Israël, et nous apprend qu'il passa les dernières années de sa vie dans l'obscurité et qu'il vint terminer ses jours à Schlestadt, le 17 novembre 1528, à l'âge de 79 ans.
Après avoir parcouru ce volume avec un intérêt toujours croissant, il me reste à rendre hommage à la vaste érudition de l'auteur ; la conscience et l'impartialité avec lesquelles il a ti'aité son sujet, et les notes savantes et bibliographiques qu'il y a ajoutées, assurent à son travail une place marquée dans toute bibliothèque alsatique.