RAGEOT
On nous pardonnera cette longue citation. Il nous a semblé que ces pièces historiques devant passer à la postérité, il vaut mieux les reproduire en entier que de les résumer: Traduttore, traditore, dit avec raison le proverbe italien. D’ailleurs n’est-il pas vrai que ce sont ces documents-là seuls qui ont une valeur incontestable dans l’histoire ?
L’acte de vente ci-dessus transporta donc au Sieur Charles Aubert de la Chesnaye la seigneurie du Sieur de Vitré. Elle devait demeurer plus d’un siècle, entre ses mains et celles de ses descendants.
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Charles Aubert continua-t-il l’exploitation commencée par son prédécesseur ? Oui, certainement, jusqu’en 1698 ou 1699. Après cette date, il semble que non, si l’on en croit les recensements de la Nouvelle-France. Mais cinquante ans plus tard, nous verrons, sur les bords de la baie du Bic, un manoir seigneurial et autres constructions, quelques travaux de défrichement et, surtout, des indices d’une industrie assez florissante: celle de la pêche au saumon et au marsouin.
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§ 7. — Le Sieur Charles Aubert de la Chesnaye. — Quelques notes biographiques.
La famille Aubert de la Chesnaye est, de toutes les familles canadiennes, une des plus considérables et des plus estimées. Elle a aujourd’hui des représentants dans tous les coins de notre province. Aussi nous croyons à propos de faire, en quelques lignes, la biographie de Charles Aubert de la Chesnaye, deuxième seigneur du Bic, et fondateur de cette lignée, dans notre pays.
Charles Aubert, Sieur de la Chesnaye, naquit en 1630, à St-Michel, ville d’Amiens, du mariage de Jacques Aubert et de Marie Goupy. Il avait vingtcinq ans lorsqu’il traversa l’Atlantique, en 1655, pour venir s’établir à Québec, en qualité de représentant de la Compagnie de Rouen d’abord, puis de commis de celle des Indes Occidentales.
Le 6 février 1664, il épousait, dans cette ville, Catherine-Gertrude Couillard, fille de Guillaume, dont il eut un fils, nommé Charles, né le 17 novembre 1664 et décédé dans l’armée, en France, vers
Le 10 janvier 1688, il se remariait, dans la cathédrale de Québec, à Marie-Louise Juchereau, dont il eut six enfants. Enfin il convolait en troisièmes noces, le 11 août 1700, avec Marie-Angélique Denys,
qui lui donna neuf enfants.
Il fut l’un des premiers négociants considérables de Québec, en même temps que le propriétaire de
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plusieurs fiefs ou seigneuries. Le premier en date fut celui du lac Témiscouata, qu’il acquit en 1683; et le dernier celui du Sic, qu’il acheta du sieur Denis de Vitré, en 1688.
Le roi de France lui accorda des titres de noblesse, en 1693; et en 1696, il était appelé au Conseil Souverain de la Nouvelle-France, à titre de Conseiller du roi.
Enfin, il décéda à Québec le 20 septembre 1702, laissant sa seigneurie du Bic à son fils, François Aubert de la Chesnaye, seigneur de Mille-Vaches, qui périt tragiquement, dans le naufrage du vaisseau du roi, “Le Chameau”, en 1725.
Après la mort de François Aubert, la seigneurie du Bic semble avoir été quelque temps sans propriétaire officiel. Il se passa plus de vingt-cinq années pendant lesquelles elle parut un bien délaissé. Ce n’est qu’en 1750, nous le verrons plus loin, que nous la retrouvons entre les mains de Ignace-François-Gabriel Aubert de la Chesnaye, son fils.
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8. — Une alerte dans le havre du Bic, en 1676. — Récit du Père Boucher, S. J. — Les récifs de l’île du Bic. — Les naufrages. — Le récif Alcide. Le havre du Bic et les plans de Vauban.
Cette période de l’histoire du Bic est bien celle sur laquelle nous ayons le moins de renseignements. Aussi quels faits dignes d’intéresser la postérité pouvaient bien se passer sur ce petit coin de terre, encore si ignoré, et couvert d’épaisses forêts, comme d’ailleurs toute la région du bas St-Laurent ?
C’est à peine si, de temps à autre, le Journal ou les Relations des Jésuites nous apprennent le passage de quelques-uns de ces courageux missionnaires, dans le port du Bic, que sa situation remarquable désignait déjà à l’attention de tous les voyageurs.
En 1676, le Père Boucher, accompagné de quelques confrères et de matelots qui les conduisaient, y essuya un naufrage qu’il a raconté dans les Relations. Ces vaillants religieux se rendaient à Tadoussac, pour y exercer leur saint ministère, lorsqu une violente tempête vint assaillir le vaisseau qui ïesportait, et le jeta sur un récif situé au sud-est de 1 île du Bic. Laissons parler le Père Boucher :
“Nous étions au sud de la pointe de l’isle du bik, entre trois islets de rochers. La mer etoit si greffe et les coups si fréquens que tout l’eqmpage etoit obligé de demeurer dans la chambre. Enfin un coup de mer plus rude que les autres ayant tout renverse
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à fond de cale et deux matelots ayant été commandés pour y aller sapperçurent que nous étions à la coste et se mirent à crier terre terre nous sommes perdus chacun sorte de la chambre. On jette l’ancre nous nous trouvasmes heureusement, mouillés à quinze braffes d’eau, il ne fallait plus que l’espace d’un miserere pour être perdu sans retour”.
Ceux qui connaissent le hâvre du Bic l’ont déjà compris, cet évènement, qui aurait pu avoir des conséquences fatales, eut pour théâtre l’écueil que les navigateurs appellent le “East Cliff”, situé à quelques arpents en-deça de la pointe est de l’île.
C est là aussi, semble-t-il, qu’un autre naufrage eut lieu, vers 1875. Un gros bâtiment à voiles, en route pour l’Europe, vint s’y perdre avec toute la grosse cargaison de blé qu’il avait prise à Québec. Cinq ans plus tôt, vers 1870, trois gros transatlantiques s’étaient brisés sur le “West Cliff”, à l’autre extrémité de l’île. Enfin, tout récemment, le 7 novembre 1919, on se rappelle que le Germanicus, vaisseau pris aux Allemands par les alliés, alla s’échouer sur le même écueil. Ce fut une perte complète. Malgré tous les efforts, on n’a pas encore réussi à le reflouer.
Tandis que nous sommes à parler des écueils qui environnent les deux pointes de l’île du Bic, c’est le temps de nommer le récif “Alcide”, sur lequel planent un voile de mystère et un monde de légendes. Si l’on entend des plaintes sur les bords de la Baie des Ha! Ha!, qui l’avoisine, la légende prétend que
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ce sont les gémissements des nombreux naufragés qui vinrent trouver la mort sur ce rocher.
Le récif “ Alcide” est situé à l’ouest de l’île du Bic, plutôt dans le voisinage de St-Fabien. Nous avons fait bien des recherches pour trouver l’origine de son nom. Nous avions pensé d’abord, avec des personnages très sérieux, qu’il aurait pu être nommé ainsi, pour rappeler le souvenir du vaisseau du roi, l’“Alcide” qui, sous le régime français, se brisa, avec le “Lys”, dans le fleuve St-Laurent; mais voici une explication plus satisfaisante. D’après le capitaine Elzéar Heppel, du Bic, un des plus vieux navigateurs du fleuve, ce récif doit son nom à un brick français nommé l’“Alcide”, qui vint y périr, en 1854, alors qu’il montait le St-Laurent, sous la conduite du pilote Joseph Lavoie, de Ste-Luce.
Nos lecteurs, que l’évocation de ces nombreux naufrages aurait pu impressionner défavorablement à l’égard du hâvre du Bic, peuvent se rassurer. En effet, le grand hâvre du Bic est le plus sûr de tout le St-Laurent. Sans doute, il y a bien ces deux écueils dont il a été question plus haut, mais il n’y a que ceux-là, et il est facile de les éviter.
Aussi, les premiers gouverneurs du Canada et les intendants des rois de France formaient-ils le projet d’en faire un grand port pour la marine militaire et marchande. Le baron D’Avaugour, troisième gouverneur de la Nouvelle-France, avait lancé cette idée: l’ingénieur Vauban tenta de la concrétiser.
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“Trente ans plus tard, dit Tabbé Ferland, dans son Histoire du Canada, ce plan fut repris et développé par le maréchal de Vauban”.
Cependant Monsieur le Commandeur Pierre-Georges Roy, à qui nous avons demandé de nous aider à trouver les preuves de cette affirmation de l’abbé Ferland, a répondu : “On serait bien en peine, je crois, de donner le texte de la lettre de Vauban, conseillant au roi de faire un port au Bic”.
Nous avons tenu tout de même à signaler la controverse. Qui sait si ce document ne sera pas trouvé un jour ? Il en sera peut-être de cette question comme de celle de “l’homme aux douze enfants” .
Pourquoi l’abbé Ferland aurait-il créé cette légende?
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Etablissements dans les seigneuries voisines du Bic. — Premiers missionnaires. — Le Père Ambroise Rouillard. — Le Père Jean-Baptiste de la Brosse.
Cependant l’émigration qui avait commencé à se produire, de l’Isle d’Orléans et de la Côte de Beaupré, vers la rive sud du fleuve St-Laurent, dans les premières années du dix-huitième siècle, se continuait toujours. C’est que le traité de Montréal venait d’être signé, entre les français et les tribus sauvages ennemies, à la grande joie des colons canadiens, qui pouvaient maintenant s’abandonner sans crainte à leur noble instinct de défricheurs.
Aussi quelques-unes des plus belles paroisses du bas St-Laurent, en particulier celles de L’Isle-Verte, des Trois-Pistoles et de Rimouski, commençaient à se dessiner. La première avait vu arriver son premier colon, en 1711, dans la personne de Jean-Baptiste Côté. Trois-Pistoles, au nombre de ses pionniers, enregistrait déjà les noms de Jean, Nicolas et Pierre Rioux, des D’Amours, des Leblond et des Michaud. Rimouski, en 1750, comptait une population d’à-peuprès vingt familles. La forêt commençait donc à disparaître sur la rive sud du fleuve, dans les comtés actuels de Rimouski et de Témiscouata.
Mais les colons canadiens-français ne restent pas seuls dans la forêt. C’est une vérité, confirmée par l’expérience de plusieurs siècles, qu’il leur faut un prêtre, tant pour leur procurer les secours de la reii-
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gion, dont ils ne sauraient se passer, que pour les encourager et les conseiller dans leur pénible tâche Ce besoin, qu’éprouvent nos défricheurs du vingtième siècle, était encore plus impérieux, il y a deux cents ans, alors que la foi était plus vive. Aussi viton, à cette époque, une pléiade de zélés missionnaires dont l’histoire et la tradition nous ont conservé les noms et la mémoire vénérés, parcourir les deux rives du St-Laurent avec un zèle digne des temps apostoliques.
Dans notre district, aucun n’a laissé une plus grande réputation de sainteté et de dévouement pastoral que le récollet, Ambroise Rouillard, et le jésuite, Jean-Baptiste de la Brosse. Comme la seigneurie du Bic était dans le territoire de leur juridiction et qu’ils y ont sans doute exercé leur saint ministère, auprès des quelques colons français qui y vivaient, à la fin du dix-huitième siècle, il fallait leur consacrer au moins quelques lignes de cette monographie. Il est souverainement juste, en effet, que nos lecteurs connaissent les principaux traits de la vie de ces deux hommes apostoliques, dont les pas s’égarèrent si souvent au milieu de nos vastes forêts, et que rien n’effraya: ni les longues distances à parcourir, ni les rivières à franchir, ni la rigueur des terribles hivers canadiens, ni, à plus forte raison, la malice des hommes.
Le Père Ambroise-Amable Rouillard, né à Québec, vers 1699, entra chez les Récollets et y prononça ses voeux sous le nom de Frère Ambroise. Ordonné dans cette ville, le 18 décembre 1723, il fut missionnaire de toute la rive sud du St-Laurent, depuis Ka-
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mouraska, jusqu’à Gaspé, de 1727 à 1768: soit plus de quarante ans. Il était la Providence de tous les chrétiens de cet immense territoire. On l’aimait comme un père et on le vénérait comme un saint. On peut dire de lui, en toute vérité, qu’il a donné sa vie pour ses brebis. En effet, c’est en remplissant les offices de son ministère qu’il trouva une mort tragique. Voici dans quelles circonstances :
Un jour de juin 1768, conduit par deux jeunes gens, il quittait Trois-Pistoles, en canot, pour se rendre à Rimouski. Rien ne laissait présager une tempête prochaine, car le ciel était serein, pas un souffle de vent ne ridait la surface du fleuve. Mais, comme il arrive si fréquemment à cette époque de grandes chaleurs, voilà que, tout-à-coup, le ciel se couvre d’épais nuages et que le vent commence à souffler du large.
Quelques instants plus tard, la tempête déchaînée faisait rage. Le frêle esquif, monté par nos trois voyageurs, entraîné par la bourrasque s’en va à la dérive, et vient se briser sur les récifs avoisinant le Cap-à-l’Orignal, dans le hâvre du Bic. Le missionnaire roula dans l’abîme, pour n’en plus sortir vivant. Ses compagnons avaient pu atteindre le rivage et se sauver de la mort. Le cadavre du vénéré Père Rouillard fut retrouvé, quelques jours plus tard, sur la plage du Cap-à-1’ Orignal. On le transporta à Rimouski, où il repose en attendant le grand jour de la résurrection.
Le Père Jean-Baptiste de la Brosse fut son compagnon d’apostolat dans les missions du St-Laurent.
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Mais, à cause de sa juridiction beaucoup plus étendue, il a laissé un souvenir encore plus vivace.
Né en France, le 30 avril 1724, il entra chez les Jésuites, en 1740, fut ordonné prêtre à Angoulème, le 3 février 1753, et passa au Canada en 1754. Après avoir exercé divers emplois, tant à Québec que dans les paroisses du haut St-Laurent, il fut nommé en 1766, missionnaire de la rive nord du fleuve, de l’Ileaux-Coudres à Bethsiamis, et de la rive sud, de Cacouna à Richibouctou, dans le Nouveau-Brunswick. Il exerça cet apostolat jusqu’en 1782, date de son décès. La tradition veut qu’il ait été trouvé mort sur le marchepied de l’autel, dans la chapelle de Tadoussac, le 11 avril 1782. (1)
D’après une légende très populaire, le saint missionnaire avait annoncé sa mort, quelques jours à l’avance, tout comme le Père Ambroise Rouillard. Et, au moment où il rendait le dernier soupir, sur le palier de l’autel, les cloches de toutes les églises et chapelles de ses missions sonnèrent d’elles-mêmes le glas funèbre. Il n’est pas une famille de la région Témiscouata-Rimouski où l’on ne retrouve, encore aujourd’hui, cette pieuse croyance. Si ce n’est qu’une légende, elle prouve au moins la réputation de sainteté de cet homme de Dieu.
Aussi, c’est avec plaisir que la population de ce district, qu’il a desservi avec tant de dévouement, il y a un siècle et demi, a vu Monseigneur André- Albert Blais, deuxième évêque de Rimouski, placer le 29 août 1906, la desserte de la Rivière Trois-Pis-
(l) Abbé J. B. A. AlLaire.
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tôles sous le vocable de saint Jean-Baptiste, pour "rappeler et honorer à la fois, dit le décret d’érection canonique, le nom glorieux que portait le vénérable père de la Brosse, religieux de la compagnie de Jésus, cet illustre et intrépide missionnaire qui a desservi avec tant de zèle, d’abnégation, de dévouement et d’édification les divers groupes de fidèles échelonnés sur les rives de cette partie du St-Laurent, et à la vertu duquel on attribue des effets merveilleux, dus à son puissant crédit auprès de Dieu, dans la paroisse même des Trois-Pistoles”.
Voilà, sans aucun doute, les deux premiers missionnaires du Bic. Bien que nous n’en ayons aucune preuve, il n’est pas téméraire d’affirmer qu’ils vinrent exercer les devoirs de leur ministère, au milieu des quelques habitants qui vivaient dans la seigneurie, à la fin du dix-huitième siècle. Qui sait même s’ils n’y célébrèrent pas la première messe ? A ce titre seul, l’histoire de leur vie et de leur mort devait avoir sa place dans cette monographie.
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10. — Le havre du Bic. — Son rôle sous le régime français, à l’époque de la conquête et en 1812.
Si, comme l’avaient rêvé le baron d’Avaugour et le maréchal de Vauban, le hâvre du Bic ne fut jamais reconnu officiellement comme port militaire et marchand du pays qui devait devenir un “grand empire”, il joua cependant ce rôle sous le régime français, à l’époque de la conquête et pendant la guerre américaine de 1812. Il suffit, pour nous en cconvaincre, de jeter un coup d’oeil sur les mémoires du temps, en particulier le Journal de Knox, le Manuscrit du colonel Malcolm Fraser, du 78ème Highlanders, et tant d’autres correspondances civiles et militaires, qui relatent les diverses invasions dont le Canada eut à souffrir.
Sous le régime français d’abord, inutile de le rappeler, les vaisseaux venaient faire escale à l’île du Bic, en entrant dans le St-Laurent. Ils y attendaient des instructions et y prenaient leur pilote, après quoi ils cinglaient vers Tadoussac. De ce dernier endroit, ils se rendaient à Québec, en suivant la rive nord du fleuve.
Il en fut de même à l’époque de la conquête. Quelques textes recueillis, au cours de nos lectures sur ce douloureux tournant de notre histoire, le prouveront.
Le 21 mai 1756, le marquis de Montcalm, écrivait, de Québec, au Ministre de la guerre, en France :
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“Monseigneur,
“Le “Léopard” et la “Sirène” sont à neuf lieues
d’ici, les autres l’étaient, le 15, à l’isle du Bic .
J’ai eu des nouvelles de Monsieur le Chevalier de Lévis, du 15. Il était en très bonne santé à attendre à l’isle du Bic du temps favorable.
“Montcalm”.
Dans le journal du Colonel Malcolm Fraser, qui raconte, au jour le jour, les évènements de la campagne de 1759, on lit :
“On the 13th., we entered the river St. Lawrence, at the night 18th. came to anchor at the isle of Bic”.
Le Journal de Knox reproduit le texte d’une proclamation de l’amiral Charles Saunders, qui transporta à Québec l’armée du général Wolfe, le vainqueur de Montcalm. Il sera intéressant d’en citer la partie qui concerne le rôle du hâvre du Bic :