PRÉFACE. XXXIII
Avant d'aborder cette partie morale de ma philosophie, j'aurais préféré, certainement, pouvoir donner une exposition complète de la partie physique. Si je me décide à suivre une voie aussi irrationnelle que d'offrir au public mes conclusions avant mes prémisses, les conséquences avant les principes, ce qui concerne l'esprit, avant d'avoir montré comment cet esprit est aussi matière, c'est parce que j'ai l'espérance qu'un petit volume de morale trouve plus aisément des lecteurs que des spéculations arides sur la physique générale.
Pour montrer leur accord avec les faits constatés de la nature, j'aurais dû leur donner de longs développements . Je sais que j e ne puis espérer convaincre les esprits contemporains qu'en leur montrant mes inductions comme le résultat môme des expériences accumulées depuis trois siècles. Je suis tenue d'y faire voir l'expression théorique rationnelle des faits mesurés, comptés, enregistrés par nos savants spéciaux , aidés de