‹ Le bien et le mal qu'on à dits des enfantsChapitre 6 sur 14 · DEUXIÈME ÉLÉGIE. — PARIS · texte numérisé non relu

DEUXIÈME ÉLÉGIE. — PARIS

J'ai faim ; vous qui passez daignez me secourir. Voyez : la neige tombe et la terre est glacée, J'ai froid : le vent se lève et l'heure est avancée,

Et je n'ai rien pour me couvrir.

Tandis qu'en vos palais tout flatte votre envie, A genoux, sur le seuil, je pleure bien souvent ; Donnez, peu me suffît; je ne suis qu'un enfant ;

Dn petit sou me rend la vie.

On m'a dit qu'à Paris je trouverais du pain ; Plusieurs ont raconté, dans nos forêts lointaines. Qu'ici le riche aidait le pauvre dans ses peines ; Eh bien ! moi, je suis pauvre et je vous tends la main.

Faites-moi gagner mon salaire :

Où me faut-il courir? dites, j'y volerai.

Ma voix tremble de froid ; eh bien ! je chanterai,

Si mes chansons peuvent vous plaire.

Il ne m'écoute pas, il fuit ; Il court dans une fête, et j'en entends le bruit.

Finir son heureuse journée.. .

Et moi, je vais chercher, pour y passer la nait, Cette guérite abandonnée...

Au foyer paternel quand pourrai-je m'asseoir?

Rendez-moi ma pauvre chaumière, Le laitage durci qu'on partageait le soir, Et, quand la nuit tombait, Theure de la prière Qui ne s'achevait pas sans laisser quelque espoir. Ma mère, tu m'as dit, quand j'ai fui ta demeure : Pars, grandis et prospère, et reviens près de moi. Hélas ! et, tout petit, faudra-t-il que je meure

Sans avoir rien gagné pour toi ?

Non, l'on ne meurt point à mon âge; Quelque chose me dit de reprendre courage.

Eh! que sert d'espérer!... Quepnis-je attendre enfin? J'avais une marmotte, elle est morte de faim.

Et faible, sur la terre il reposait sa tète, Et la neige, en tombant le couvrait à demi, Lorsqu'une douce voix, à travers la tempête, Vint réveiller l'enfant par Icfroid endormi.

Qu'il vienne à nous celui qui pleure.

Disait la voix mêlée au murmure des vents; L'heure du péril est notre heure :

Les orphelins sont nos enfants.

Et deux femmes en denil accueillaient sa misère. Lui, docile et confus, se levait à leur voix;

Il sVtonnait d^abord, mais il vit dans leurs doigts Briller la croix d^argent au bout du long rosaire, Et Tenfanl les suivit en se signant deux fois.

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