LA PAUVRE FILLE
J^ai fui ce pénible sommeil Qu'aucun songe heureux n'accompagne, J'ai devancé sur la montagne Les premiers rayons du soleiL
S'éveillant avec la nature, Le jeune oiseau chantait sur Taubépine en fleurs; Sa mère lui portait la douce nourriture !
Mes yeux se sont mouillés de pleurs.
Oh ! pourquoi n'ai-je pas de mère?
Pourquoi ne suis-je pas semblable au jeune oiseau Dont le nid se balance aux branches de l'ormeau ?
Rien ne m'appartient sur la terre,
Je n*ai pas même de berceau, Et je suis un enfant trouvé sur une pierre
Devant l'église du hameau.
Loin de mes parenls exilée, De leurs embrassements j'ignore la douceurs
Et les enfants de la vallée
Ne m'appellent jamais leur sœur !
Je ne partage pas les jeux de la veillée ;
Jamais, sous un toit de feuillée,
liO LE BIEN QirON A DIT
Le joyeux laboureur ne m^invîte à m'asscoir, Et de loin je vois sa famille, Autour du sarment qui pétille,
Chercher sur ses genoux les caresses du soir.
Vers la chapelle hospitalière En pleurant j'adresse mes pas, La seule demeure ici-bas Où je ne sois point étrangère, La seule devant moi qui ne se ferme pas!
Souvent je contemple la pierre Où commencèrent mes douleurs ; yy cherche la trace des pleurs Qu'en m'y laissant, peut-être, y répandit ma mère.
Souvent aussi mes pas errants Parcourent des tombeaux l'asile solitaire...
Mais pour moi les tombeaux sont tous indifférents,
La pauvre fille est sans parents, Au milieu des cercueils ainsi que sur la terre !
J'ai pleuré quatorze printemps Loin des bras qui m'ont repoussée ; Reviens, ma mère, je t'attends.
Sur la pierre où tu m'as laissée.
DES ENFANTS. Hl
Shakspeare , dans Macbeth :
BASSE
Promettez -moi de ne pas détester à jamais For gane sinistre qui va affliger vos oreilles des sons les plus affreux qu'elles aient jamais ouïs.
MACDUFr , mordant ses lèvres.
Hom ! je devine !
Votre cliâteau est pris, votre femme et vos petits enfants massacrés. Vous raconter les circonstances, ce serait vouloir ajouter votre mort au meurtre de ces chères et innocentes victimes.