‹ Le bienheureux Jacob BoehmeChapitre 3 sur 4 · HO · texte numérisé non relu

HO

— Esprit —

Science

— VAH

— Puissance —

Parole

— Vie

— Couleurs —

Sagesse

— Vertu

C’est le mouvement propre

de l’éternelle et inson-

dable unité.

Æther. Chaque chose a son éther, c’est-à-dire son principe imaginatif, qui fut cette chose avant qu’elle n’ait reçu sa forme.

Alchimie. Bœhme n’en parle que selon son illumination. Voyez tout le Signatura rerurn.

Aquaster. C’est la matrice de l’élément eau, qui produit'le côté féminin dans les créatures ; l’aquaster céleste est l’essence de la terre céleste ou de l’élément saint.

Archée ou Séparateur. C’est le Mercure igné ou le Verbe extériorisé dans toute chose, l’agent par lequel les êtres sont formés; il détermine avant tout leur esprit; de lui viennent les quatre éléments.

Astral. Les vertus des corps sidérés s’entremêlent dans l’espace; celles d’entre elles qui peuvent se combiner se substantialisent par cette combinaison (voyez Formes de la Nature^ le son) et donnent deux produits : l’un, corps spirituel ou astral, et l’autre, corps matériel ou élémentaire ou physique. Ainsi l’as-

tral est partout; le soleil est son centre générateur ; il est lui-même Tâme du monde. Son point de perfection est l’élément un, fixe et céleste.

Amour. C’est le cœur de Dieu, son verbe, les noms Jésus et Jéhovah : dans l’homme, c’est la demeure de Dieu; dans la création, c’est la cinquième forme de la nature. C’est enfin le moyen, le but et le procédé de notre régénération et de celle du monde entier.

Ame. L’âme de l’homme est, d’après Bœhme, le feu central éternel de la volonté propre : elle est donc le premier principe; elle est le résumé des trois mondes, possède en spirituel les sept formes de la nature, elle est immortelle et plus haute que les anges. L’esprit de l’âme est la lumière centrale ou Temple de Dieu. L’âme a un corps dans le monde de la lumière, c’est l’élément pur ; elle a un corps astral selon le spiritus mundi, et un corps physique. Elle est localisée dans le cœur; le cerveau est son organe, la Teinture du corps est son corps; le sang est sa maison.

Cène. Le corps du Christ est partout; la cène évangélique est donc le symbole de la cène spirituelle qui se reproduit chaque fois qu’un homme régénéré se nourrit de la volonté de Dieu, c’est-à-dire de la chair et du sang du Christ. Ce corps sacré devient le corps nouveau du disciple qui revêt son âme lorsqu’elle résiste au feu de la Colère; c’est l’âme qui mange la chair et qui boit le sang du Christ et qui fabrique ainsi, avec la coopération de la Trinité, la Vierge

Sophia. La lumière spirituelle comme la lumière matérielle est un agent d’expansion ; en se donnant autour de soi elle donne en même temps ce dont elle se compose, c’est-à-dire sa vie et son essence; et comme elle se donne indifféremment à tout ce qui l’entoure (c’est-à-dire, selon le langage de Bœhme, à l’élément tempéré ou harmonie), elle récupère incessamment ce qu’elle dépense; prenant ceci dans le spirituel, et le réalisant dans le matériel, nous arriverons à comprendre le grand mystère de l’alimentation spirituelle. La foi du communiant saisit l’âme du Christ, sa bouche intérieure saisit son corps et son sang, sa bouche extérieure saisit le pain et le vin.

Convoitise (V. désir ^ formes). C’est l’attraction ; sa mère est la volonté, elle peut être double : ou dans la lumière ou dans les ténèbres, elle peut venir de Dieu ou d’une créature ; dans tous les cas, elle est un Fiat. Son action est saturnienne, son moyen est magnétique ; son objet est un enfantement dans quelque monde que cela soit.

Cérémonies extérieures. Sont, en quelque sorte, des moyens mnémotechniques ; lorsque le Saint-Esprit ne les vivifie pas, elles sont antichristiques.

Constellation. C’est l’aspect des étoiles ou mieux le schéma des influences invisibles ; il y en a une externe, dans le Spiritus Mundi^ et une interne, pour les âmes.

Corps du Christ : composé du même élément pur dont est fait le soleil.

Cagastrum. Le feu extérieur de la génération, le centre de la Nature.

Centres. Il y a un centre qui est Dieu en soi. Quand Dieu se propose de créer, il y a un premier centre qui est son Verbe, un second qui est le Verbe prononcé* ou Sagesse, un troisième, qui est le Verbe Fiat. — Les centres de la Nature sont ses sept formes distinguées en centres ignés et lumineux. Le centre de l’homme, c’est la vie ignée de l’ame. Tous les centres contiennent la pierre des Sages.

Chaos. C’est toujours un abîme, un mysierium magnum. En Dieu, c’est Dieu même comme essence des essences ; dans la création, c’est l’œil de l’éternité,, le désir vers la nature, le Verbe parlant; c’est enfia la racine de la Nature, ou la septième forme de la génération créaturelle.

Ciel. C’est le royaume de la joie ; il se trouve entre le paradis et l’enfer, il est partout jusqu’au jour du jugement. 11 comprend la Teinture, le Mercure igné, la Matrice éternelle. Il y a un ciel extérieur qui est le ciel étoilé, et un ciel intérieur qui est la septième forme, le corps de Dieu, l’élément saint ; il produit des plantes et des animaux ; enfin il se répercute dans l’âme de l’homme ; mais là comme partout il est le résultat de l’expansion de l’amour.

Colère. C’est celui des trois mondes ou des trois principes qui engendre les quatre premières, formes de la Nature; il correspond à Dieu le Père et se. trouve par conséquent au centre de toutes les créatures, dans lesquelles il combat l’amour . Dans l’homme c’est l’enfer, le Dragon ; il se nourrit du péché..

Corps. D’une façon générale, c’est la signature de 1 esprit. Le corps de Dieu est à la fois le Saint Ternaire.,. .

rélément pur et ce monde. Le corps de l’homme est le fils de toute la nature ; son corps extérieur est le mysteriumàu 3®principe ; son corps intérieur nouveau est le mysterium du 2® principe ; entre les deux est le corps sidérique. Les autres créatures de ce monde possèdent un corps physique et un corps astral.

Enfer. Cest une prison construite par le diable, c’est-à-dire par la chute de Lucifer, qui comprend les quatre premières formes de la nature; sa vie est la colère, c’est le centre du monde visible; son fondement est le dragon ou Satan. Il s’interpénétre dans ce monde (le 3®) avec le ciel, par conséquent se trouve partout et surtout dans l’âme de l’homme. 11 a des créatures, des habitants, des végétaux et des fruits.

Esprit. Toute volonté s’exaltant produit un esprit; on distingue le Saint-Esprit, l’esprit de ce monde et les esprits de toutes les créatures. Le Saint-Esprit est le souffle d’amour qui relie le Père au Fils; il n’est compris par l’homme qu’après la régénération; il descend en nous par la douceur et Thumilité, et construit son temple dans notre âme. Lt Spiritus Mu7iditsiVQsprit des étoiles, l’astral, lame du monde; c’est la ressemblance de l’Esprit-Saint dans le 3® principe dont il est la vie; il tend vers la Teinture et vers l’Élément saint. — Enfin il est des esprits élémentaires et astraux dans les créatures, qui ne sont ni saints ni éternels. Il ne faut pas les confondre avec les essences et avec les âmes.

Éden. Cétaiten quelque sorte le Paradis sur la terre; avant Ève, Adam habitait le Paradis dans le Ciel; après, il lui fut donné FÉden sur cette terre : cet Éden est d’ailleurs interpénétré par les forces célestes; c’est la chute de Lucifer qui avait déterminé l’Éden, sans quoi la terre entière aurait été un paradis.

Égoïsme, appelé aussi Propriété, Soi-isme : c’est une image du diaole ; il constitue le tourment des damnés et c’est le chemin le plus court du démon à notre âme.

Éléments. Ils ont une mère fixe cachée en eux et dans laquelle ils aspirent à rentrer ; ils sont produits par Faction des quatre premières formes de la Nature (V. Formes) ; ils sont habités par des esprits, et les diables agissent par eux; ils sont un lieu de combat et produisent par suite la maladie et la mort; ils sont le corps des choses, ils cachent le corps astral, lequel renferme la quintessence ; celle-ci contient la Teinture où les deux feux centraux sont conjoints. Au-dessus, il n’y a que Dieu.

Élément saint. Il remplit le Ciel ; il en est la corporéité, la terre ; c’est le corps de la Vierge, le Saint Ternaire, le Paradis, le principe du corps du Christ, FUniversel ou Teinture; il formait le corps d’Adam. C’est une essence spirituelle qui se coagule autour du Verbe créateur ; le mouvement de la création en divise les quatre qualités. — Voici comment il est produit. La vie divine produit la vie angélique, Fâme desanges ; cette âme ou ces âmes se construisent des corps, qui sont comme l’huile dont s’alimentent leurs feux; cette huile produit l’Élément saint, et cet Élément contient la terre céleste ou l’aliment du Paradis.

I Ens, C'est la vie de la septième forme, sensible, vé-

j gérante, le verbe prononcé, qui se prononce, se forme

1 et se coagule de nouveau dans la croissance. C’est le

! verdoiement.

I Essence. Voici quelle est la génération de l’Essence

dans le monde divin. (V. ce mot.)

La science éternelle attire en soi la volonté du Père, constitue un centre dans leTernairedivin et lexprime par un verbe. Cette verbalisation est une séparation,

' ' une individualisation, qui désire se concevoir elle-

même; c’est cette conception qui est l’essence. Ce proiS cès se répète dans tous les plans. Par suite le Fils est à

, lui-même sa propre essence ; en l’homme, la volonté

fl et le désir sont deux essences éternelles, qui produi*-

‘ sent la vie psychique; il y a des essences dans les

étoiles, les éléments et les enfers.

I Evestrum. Courant astral de réaction provoqué par

I une âme humaine ou autre.

Feu. Il y en a une grande quantité. Celui du premier principe est le feu interne, sombre, froid et colérique ou infernal : il est compris dans la quatrième forme de la nature ; il résulte de Tangoisse dans toute ^ matrice ; il est magique et éternel. Le feu du second

principe est la lumière et l’amour, la cinquième forme de la nature ; c’est le feu du sacrifice ; il transmue le feu colérique et régénère l’homme. Le feu élémentaire ou du troisième principe comprend tous les feux matériels. Dans tous ces feux habitent des créatures.

Fiat est le verbe créateur ; il sépare les formes et agit par le désir et par la lumière essentielle.

Formes de la nature, ou qualités ou propriétés ou noms sont au nombre de sept ; chacune d'elles est une appétence et engendre les six autres. La première est le désir attractif qui produit l’amertume : réagissant l’une sur l’autre et cherchant à échapper l’une à l’autre, elles engendrent l’angoisse rotatoire. Ce sont le Soufre, le mercure et le sel; leur mouvement produit l’éclair du feu (4®) qui, lorsqu’il trouve son aliment, produit la lumière (5®) ; celle-ci en se répandant produit le son (6®) ou la forme compréhensible; et toutes les six forment l’essence (7®). Elles correspondent respectivement ou expriment l’action de Saturne sur la Lune, de Mercure sur Jupiter, de Mars sur Vénus, du Soleil, de Vénus sur Mars, de Mercure sur Jupiter et de la Lune sur Saturne. Les trois dernières formes sont le 2® principe, le Fils. On peut dire aussi que le Père produit la première et la dernière forme; le Fils, la seconde et la sixième ; l’Esprit, la troisième et la cinquième. Le Feu est le séparateur ou résoluteur.

Fureur est la racine de toutes choses, l’aliment du Diable et le principe de tout mouvement. V. Colère,

Génération, que Saint-Martin traduit engendre^ ment^ est multiple. Il y a une génération intérieure de Dieu qui est incompréhensible’, et une génération extérieure qui est la septuple forme de la Nature.

Ce monde possède une triple génération : extérieure.

astrale et intérieure; son principe et sa fin est Téther. La génération de rhomme est analogue; l’homme apporte l’ame, et la femme l’esprit; dans le sein de la mère commencent déjà des combats, et le Christ descend déjà au secours de l’âme de l’enfant.

Huile désigne la force de la Teinture chez les êtres des trois mondes; elle est générée par la combustion de la Teinture qui se brûle elle-même sans se diminuer.

lehovah ou Tetragrammaton est le soutien de toute parole. le est le Père; Ho^ le fils ; Vafi, l’esprit; c’est Dieu omniprésent, et Jésus est sa force ; c’est le fondement de la magie et de la cabale.

Iliaster. C’est le commencement de la Nature, l’état à demi paradisiaque de l’essence divine hors de la Nature se compactant pour devenir une Nature. C’est le ténébreux; c’est la terre dans la génération du troisième principe, la forme sévère.

Imagination. A son principe dans la première forme, dans le désir; et elle se propage jusqu’à la quatrième, le feu, par qui elle devient spirituelle .Tà elle peut à son gré retourner dans sa mère ténébreuse ou mourir pour renaître dans la lumière; ainsi, là où l’homme met son imagination, là il se trouve ; elle est le médium de tout progrès ou de toute chute.

Impression. C’est le résultat de la Convoitise (V. ce mot).

Inqualifier. C’est le mouvement par lequel une force entre dans un organisme, le vivifie et en sort : telle est la fonction respiratoire; mais elle s’étend à tous les plans et à toutes les forces.

Limbus. Désigne la matrice de la forme ignée, comme l’Aquaster est la matrice de la forme aqueuse; dans le monde physique, c’est le principe des êtres mâles; c’est dans l’astral, celui des étoiles; dans l’élément pur, c’est le Paradis; et en Dieu, le limbus de la Teinture céleste est l’homme régénéré.

Langues. Il y a cinq alphabets principaux : celui de la nature, l’hébraïque, le grec, le latin et celui de l’esprit.

Limus. Est la terre rouge de la Genèse; il est céleste et terrestre. Le Limus céleste est l’Ensdu Verbe du Seigneur, par qui le nom de Jésus s’est incarné ; le terrestre est l’Ens du Serpent, sur lequel est l’épée de Cherub ; il doit ressusciter de la mort.

Magia. Sort du Père et est conçue par le désir ; elle est divine ou diabolique ; sa forme principe est la trinité divine révélée dans la 6® forme. Appliquée au 3' principe, elle peut en changer les formes; mais l’homme ne connaît pas la force magique qui réside

dans son âme et qu’il peut réaliser par des plantes et des animaux. La magie naturelle fut la magie des sages païens: ils ne purent arriver jusqu’à Dieu.

Matrice. Est triple : celle du feu, celle de la lumière et celle de ce monde. La première est, au Paradis, cachée en Dieu ; elle est la prison des diables ; elle sépare toutes choses lorsqu’elle arrive à l’engendrement; d’elle viennent les maux et toutes les créatures imparfaites de ce monde. La deuxième matrice appartient au 2» principe ; elle est l’amour d’où viennent les âmes, les anges et par qui passe l’Esprit Saint; elle a créé le ciel étoilé. Entre ces deux matrices passe un désir constant de réunion. — La matière de ce monde comprend les deux autres ; c’est le. ciel astral, car matrice et ciel sont la même chose.

Maqnet. C’est la convoitise essentielle de, la nature..

Mens réside dans l’Ens comme l’âme exprime par le corps le mot mental du mot entai. C’est l’eau spirituelle dont la force est la plus haute teinture.

Mercure. Le Mercure intérieur est le Verbe que le Père exprime dans l’ignition de sa lumière; il est le son, la musique des Anges; le Mercure extérieur est un feu froid et chaud, une eau sèche, un séparateur, une archée, l’artisan de la nature physique ; c’est donc en lui que réside l’arcane de l’alchimiste ; c’est alors un poison.et pluslepoison est violent,plusle baum.e qu’on en peut extraire est pur. Le feu est la bouche de l’Essence, la lumière en est le souffle, etleson ou Mercure en est la parole.

Mesch, dans la langue de la nature, est la terre rouge, le Limus de tous les êtres.

Minéraux. Sont des métaux non fixés.

Mondes. Il faut bien noter qu’ils s’interpénétrent. Lorsque le Verbe sort du Père, il produit quelque chose, du sensible, une division, qui comprend les quatre premières formes de la nature ; puis une expansion, un rayonnement qui est le monde de la lumière, comprenant les trois dernières formes ; ces deux mondes sont coéternels; leurs réactions produisent les êtres temporels qui constituent le troisième monde, le monde élémentaire ou physique, ou matériel. C’est pourquoi ce dernier est une image de l’éternité. Les minérauxsont une correspondance du premier monde, les végétaux du deuxième, les animaux le représentent lui-même, et l’homme est destiné à être son Dieu.

Mumie. C’est un corps balsamique, immuable et incorruptible. Tel était le corps du Sauveur.

Mystères. Le mystère de ce monde est notre corps actuel; le mystère du monde de l’Amour est le corps de gloire ; l’âme est le mystère de Dieu le Père ; le royaume de Dieu en nous est le mystère spirituel. II y en a encore d’autres, mais les deux éternels sont celui de l’Amour et celui de la Colère. Le principe de tous les mystères est le Mysterium magnum qui se trouve partout, dans la terre comme dans l’homme. Son Ens est le Spiritus Mundi; il est éternel et produitles deux opposés que nous venons de nommer.

Nature. Il y a une Nature éternelle qui est Topération des sept sources spirituelles en formes et qui est

la mère des trois principes. La Nature temporelle est notre monde physique qui est appelé d’ailleurs à se fondre dans la nature éternelle après le Jugement dernier.

Nécrolice, le monde ténébreux ou plutôt les trois premières formes.

Néoromantice, l’esprit du Feu.

Néant ou Rien est Dieu opposé aux créatures qui toutes sont quelque chose, en ce sens que Dieu n’est ni ceci ni cela, qu’il est inconcevable, avant le commencement de quoi que ce soit.

Nigromantia. Magie noire, thaumaturgie del’Enfer.

Noces de l’Agneau. Union de l’âme et du Verbe par le moyen de Sophia ; elles doivent être célébrées dans les trois principes.

Phantaisie. C’est la volonté de tout centre désirant la vie ignée. Elle appartient donc aux enfers; Lucifer est son prince.

Principes. V. Mondes. — Dans notre monde, ils s'appellent Sel, Soufre et Mercure; ils sont pervertis.

Qualités. V. Formes,

Quintessence. C'est la racine des quatre éléments, ou élément pur; sa couleur est le blanc, elle est partout parce qu’elle est l’Ens du Verbe de la création ; elle réside dans l’huile de l’esprit du soufre, et contient la teinture. Enfin c’est l’Ens du feu et de la lumière.

Régime. Celui du ciel est triple; chacune de ses par^ ties est soumise à Tune des trois personnes divines; ses chefs sont Michel, Raphaël et Gabriel. Celui de la terre est corrompu ; Nimrod est son protagoniste. Enfin le régime spirituel de l’homme réside dans rhumilité.

Roues. C’est le mouvement des sept formes qui tournent les unes dans les autres.

Salitter ou Salniter est divin ou terrestre, selon qu'il est la force des sept sources-esprits en Dieu ou dans la nature; ce dernier est la demeure du diable; c’est sur cette terre le Saturne des sages.

Scienz. Est la volonté éternelle sortant de l’abîme. Dans l’amour, c’est la connaissance dans le feu, c’est la science diabolique.

Sel. C’est la premièredes sept formes, par conséquent la première matière de notre monde; c’est le principe, de toute corporéité, dans tous les mondes.

Soufre. Est la deuxième forme, il est universel comme le sel et le mercure; il est le feu central agissant dans les créatures à l’image de Dieu le Père.

Sophia. N’est pas la Vierge Marie, mais s’est incarnée en elle, elle est l’esprit de l’élément pur, le miroir de Dieu, la force de la teinture, l’amour essentiel, l’œil dont l’éclat défie toute description. Elle habite

partout, son époux est l’ame de Thomme, elle corporise toutes les productions célestes, elle est le grand sabbat, le voile translucide au travers duquel nous pouvons apercevoir Dieu.

Ténèbres. Sont la demeure du feu froid des diables,, leur feu est glacé jusqu’à ce qu’elles atteignent Tangoisse. Elles désirent la lumière sans pouvoir la posséder que dans le mystère de la régénération de l’homme.

Teinture. Son principe est le feu, et son corps est la lumière. Elle réside dans les trois principes de l’essence divine, ainsi que dans ce monde. Ici elle est double, masculine ou féminine, ignée ou lumineuse; il y en a une dans l’homme et une dans chacun des trois règnes; son mouvement est l’élément pur, elle est dans la nature septuple ce que l’esprit est dans la Sainte Trinité. Elle habite entre les trois mondes; son nom est indicible, elle est Je parfum, la splendeur, la suavité. Son emploi est indispensable dans les arts occultes, et plus elle est noble, plus elle est profondément cachée.

Turba ou Turba Magna. Est en quelque sorte une huitième forme qui réside dans la multiplicité des volontés. Elle est le régime de la fureur ou l’atelier du diable, et ne sera consumée que par le déluge de feu.

Vie. Toute vie est un feu,, ou une teinture sortant d’un feu. Ainsi le Fils est la vie du Père; l’huile du

sel, du soufre et du Mercure, en brûlant, constitue la vie de la lumière.

Chaque mystère possède une double vie: Tune spirituelle, Fautre essentielle ou naturelle.. En outre, dans les créatures, la vie est végétative, sensuelle et mercurielle ou compréhensive. La vie masculine a une teinture composée de Soleil et de Mars, et celle de la vie féminine comprend Vénus et Mercure.

Vierge Céleste. Est contemporaine de la Sainte Trinité qu’elle rend compréhensible à l’âme. (V. Sophia.)

Terminons ce petit travail par quelques considérants. — Jacob Bœhme ne mérite pas la double réputation qu’on lui a faite : de folie incompréhensible ou de sublimité absolue. Lorsqu’on se donne la peine d’apprendre sa langue, d’élaguer les redondances, les répétitions, les tournures de style embarrassées, il devient clair, profond, lumineux ; le comte de Divonne l’a bien montré lorsqu’il a écrit ces pages si substantielles que Guaïta a rerrdses au jour (i). Mais, pas plus qu’aucun homme il n’a la vérité unique, la science totale. Son oeuvre grandiose offre aux esprits érudits l’étonnant rappel de l’ancienne théosophie brahmanique : mais il se tient constamment, pour employer une expression de Kabbale, dans la sphère de Ma, Il a vu des choses effrayantes de profondeur, et, merveille encore plus rare, il a conservé l’humilité christique

(i) La Voie de la Science divine.

nous nous considérons, avec bien plus de motifs que Saint-Martin, comme indigne de dénouer le cordon de sa chaussure; mais nous voulons simplement rappeler que Taliment qu’il offre n’est pas bon pour tous et que son élixir n’est pas le seul qui puisse procurer à l’homme l’immortalité céleste.

Tours. — - lmp. E. Arrault et — 17-9-01.

L’INITIATION (“Sm

Page 1