‹ Le bienheureux Raymond de CapoueChapitre 21 sur 27 · XXIII^ MAÎTRE GÉNÉRAL DU MEME ORDRE QUALIFIÉ DE BIENHEUREUX · texte numérisé non relu

XXIII^ MAÎTRE GÉNÉRAL DU MEME ORDRE QUALIFIÉ DE BIENHEUREUX

L illustre famille des Frères Prêcheurs exalte à bon droit, parmi les ancêtres qui font sa gloire , Raymond de Capoiœ, xxiif Maitre Général de f Ordre. Né à Capone vers 1330 de la noble famille Des Vignes, Raymond se consacra dès t enfance à la Vierge Marie, sous les auspices de laquelle, ayant grandi en âge et terminé avec éloge le cours de ses études, il fut appelé au dit Ordre par saint Dominique lui-même, à lâge

22 2 Décret lie coiifirnialion au ciiJle.

de quinze ans. Ayant éfé, après son noviciat, revêtu du sacerdoce et appliqué à l enseignement, il se distingua, malgré son jeime âge, par une telle prudence qu'on lui confia l office de Confesseur dans le monastère fondé au début du xw' siècle par la B. Agnès de Montepulciano, dont il écrivit alors la vie. Ensuite il fut appelé à Rome pour y diriger, comme Prieur, le cotivent de la Minerve, charge à laquelle cependant il renonça peu après pour se consacrer, avec la permission de ses Supérieurs, à f œuvre souverainement utile des missions, désireux d'y procurer le salut des âmes et l accroissement de la piété. Envoyé à Sienne fan 1374 en qualité de Régent des études, il y fut donné à t Angéliqite Vierge Catherine pour diriger sa conscience, et il travailla beaucoup, de concert avec elle, soit à la restauration de la discipline régulière, soit ati rétablissement du Pontife romain dans la Ville éternelle, de telle sorte que les œuvres et la gloire de lune, rejaillissent amplement sur r autre. Avant que Catherine ne s envolât à la céleste patrie, elle recommanda

Décret de confirmation du culte. 225

à Raymond les diverses œuvres qu'elle avait cojjimencées. Le Vénérable Serviteur de Dieu élu peu après Maître Général de f Ordre des Frères- Prêcheurs, ri épargna aucun travail, ne 7iégligea aucune industrie potcr ramener f observance régulière à sa primitive splendeur : de sorte qii il a mérité de recevoir, après le saint Patriarche et législateur Dominique, le glorietix titre de Père et de Restaurateur de f Ordre. Défensetir et champion intrépide des droits du Saint- Siège et des Souverains Pontifes, il travailla sans relâche à rétablir l unité de f Eglise, déchirée par un schisme lamentable, parcourant comme un ange de boit conseil et de paix une grande partie de t Europe, et se conciliant f admiration et f amour des princes et des peuples. Rien d'étonnant donc quil ait été très agréé des Souverains Pontifes Grégoire XI, Urbain VI et Boniface IX ; mais f/mmble Serviteur de Dieu refusa- modestement les grands honneurs qu' ils lui offrirent en signe de leur bienveillance et en récompense de ses labeurs. Enfin, tandis q?iil travaillait de toute son âme à la réforme de la

224 Décret de. confirmation du culte.

discipline religieuse en Germanie, une maladie mortelle f atteignit à Nitremberg oit il mourut très saintement le 5 octobre ijçç. Ses sacrées dépouilles furent solennellement déposées dans l- Eglise de son Ordre, doit plus tard elles furent transportées par ses Frères dans t Eglise de Saint- Dominiqtie à Naples. La réputation de sainteté que Raymond s était acquise dttrant sa vie le rendit célèbre après sa mort, et il fut honoré de divers signes de culte ecclésiastique qiti allèrent en s augmentant de jour en joîtr. Cest pourquoi le P. Vincent Ligiez de bonne mé noire, Postulateur général de t Ordre des Frère s- Prêcheur s présenta des instances poitr être admis à faire valoir les pîtissantes preuves qui existaient en faveur du culte immémorial rendu au Serviteur de Dieu, longtemps avant le centenaire des Décrets d'Urbain VIII, et continué sans interrîtption jusqiià nos joitrs. Un procès Ordinaire ayant été instruit à cette fin par r Eminefitissime Cardinal Vicaire de Rome et ayant eu pour conclusion 7tne sentence favorable, les actes en furent transmis à la Sacrée Congrégation des Rites, S7tr les

Décrit ih coiifirmutioii du culU

prières du Rïïie P. André Frûhwirth Maître Général des Frères-Prêcheurs, de concert avec le R. P. Maur Marie Kaiser Postulateur actuel de /' Ordre qui produisit en outre, diverses Lettres Postulatoires envoyées par plusieurs Eminentissimes Cardinaux, Evêques et Supérieurs Généraux d'Ordres religieux. L! Eniinentissinie Cardinal Cajetan Aloisi-Masella, Rélateur de la cause, proposa donc à la discussion, dans la Session Ordinaire tenue au Vatican, le doute qui suit: c( La sentence portée par l'Eminentissime et Révérendissime Cardinal Vicaire de Rome sur le culte rendu de temps immémorial au Serviteui de Dieu Raymond de Capoue, ou sur le Cas excepté par les Décrets d'Urbain VIII, de sainte mémoire, doit elle être confirmée dans le cas et à l'effet dont il s'agit?)) Et la même Sacrée Congrégation des Rites, toides choses mûrement examinées et pesées, après avoir entendu le vote écrit et oral du R. P. D. Jean- Baptiste Lîigari Promoteur de la foi , jugea qii il fallait répondre : Affirmativement, ou en d'autres termes, la sentence doit être confirmée. Le neuvième jour de Mai i8çç.

226 Décret âc confirmation du culte.

La relation de totUes choses ayant été faite à Notre Saint Père le Pape Léon XIII par moi soussigné, Cardinal Préfet de la Sacrée Congrégation des Rites, Sa Sainteté a ratifié et confirmé le Rescrit de ladite Congrégation, le /j Mai de la même année.

C. Ep. de Palestrina Card. MAZZELLA Préfet, de la S. C. des Rites.

DiOMÈDE Panici 5*. R. c. Secrétaire.

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