‹ Le bienheureux Urbain V (1310-1370)Chapitre 16 sur 103 · FONDE PLUSIEURS COLLEGES ET U1NI\ERSITÉS · texte numérisé non relu

FONDE PLUSIEURS COLLEGES ET U1NI\ERSITÉS

Le trône pontifical était, au moyen âge, le centre, le foyer de la pensée universelle. Or c'est la pensée qui mène le monde. Il est donc évident qu'en étant maître de la science et de l'école, on est maître des hommes.

Urbain V était de la famille de ces grands génies qui ont sauvé l'idée de l'esprit pur, l'idée de l'amour pur, l'idée des connaissances toujours élargies, toujours plus rapprochées du vrai, du bon, du beau.

Nous avons suivi le saint Pontife dans sa vie religieuse, développant les merveilles de la grâce; il est juste de s'arrêter un moment pour contempler de près le parti que son intelligence tira de ses dons naturels.

Notre Bienheureux savait que, quand les évêques négligent les études, qu'aucun docteur ne paraît pour instruire, que les chefs de la société civile déclarent ne savoir écrire parce qu'ils ont à s'occuper de la guerre, on voit le débordement des mœurs, les cruautés, la luxure, le triste siècle de fer.

Aussi voulant ranimer dansl'Eglisela vie spirituelle qui s'affaiblissait, inspira-t-il autour de lui le goût de

la science, il l'encouragea par des récompenses, il le développa par ses attentions tout affectueuses.

Dans sa Cour il voulait avoir un cercle d'hommes de valeur. Pétrarque l'estimait. Il ne consentit pas à le rejoindre, mais H en reçut des bienfaits.

Philippe de Cabassole, Bruni, Pierre Amélius, Amaury Augier, Collucio Salutato, Déodat Jordan, Arnaud Alberti, Pierre d'Aigrefeuille, Gui de Chauliac, évêques, sacristes, moines, secrétaires, médecins, tous amis des belles-lettres, étaient tous aussi familiers d'Urbain V. Or celui-ci, sitôt qu'il gouverna l'Eglise, montra, surtout par des actes, l'estime qu'il avait pour les études.

Nous avons découvert, aux Archives du Vatican, un manuscrit qui mérite ici même une place toute spéciale. Léopold Delisle, analysant notre publication^ dans le Journal des savants, dit, avec son autorité hors de pair : « Le document qu'a mis en lumière M. l'abbé Ghaillan est une mine inépuisable de renseignements. J'y trouve la description merveilleusement précise de la vie des maîtres et des écoliers en leurs moindres détails, le nombre de pensionnaires inscrits, s'élevant à i8o; les argumentations ou exercices publics auxquels étaient invités les notables de la ville d'Aix, l'embauchage des répétiteurs, la copie des tableaux servant à l'enseignement delà grammaire... Aucune publication de cette époque ne nous initie avec plus de précision à la vie matérielle des écoliers et de leurs maîtres... C'est une fort utile contribution à l'histoire économique du xiv^ siècle ».

C'est donc à Trets, bourg de quelques milliers

I. Studium du bienheureux Pape Urbain V à Trets, par l'abbé Ghaillan.

d'âmes, célèbre par le souvenir de l'écrasement des Cimbro-Teutons et le passage de la célèbre voie Aurélienne, que fut fondé ce collège, sorte de faculté ou de séminaire. Trets, le Tritis des chartes bénédictines, possédait un prieuré de l'abbaye de Saint- Victor. Dans sa plaine immense, traversée par la rivière de l'Arc, toutes les cultures se donnaient rendez-vous. Vingt-cinq cellse avec couvents s'étageaient sur le flanc des coteaux, ou sur les ruines des villas gallo-romaines. Tous ces monastères ruraux appartenaient à Saint-Victor. Le Pape le savait bien, lui qui était venu à Trets depuis peu. Il connaissait cette vallée essentiellement monacale et très fertile. A 4o kilomètres de Marseille, à 25 kilomètres d'Aix, c'était la solitude, mais avec des communications faciles et de belles routes du côté du Rhône et du côté de l'Italie.

Le « Rationnaire » de Trets de 1 364- 1 365 nous apprend que le Bienheureux Urbain dirigea vers son Studium des élèves de plus de vingt comtés. Arles, Marseille, Avignon, Embrun, Aix en fournirent un grand nombre; mais, parmi les i8o inscrits, nous en voyons des églises de Rodez, de Mende, de Nîmes, de Vabres, d'Uzès, de Viviers, de Riez, d'Agde, de Chartres...

Les fils de la noblesse des villes et des campagnes sont confondus, dans ces listes d'étudiants, avec les fils de la classe des tenanciers et des serfs. Les uns payaient quelques florins, et les autres jouissaient de la gratuité absolue. Tous ces clercs écoliers n'étaient pas destinés à la vie sacerdotale ou monastique.

Urbain V en envoya plusieurs étudier la médecine ou le droit, et il en mit d'autres en leur place,

comme on le lit en plusieurs passages de notre document.

L'Université de Bologne était la plus renommée de l'époque. Le Pape fit rechercher, à Trets, les étudiants qui, étant peu fortunés, avaient le plus de talent et de dispositions pour le doctorat, les dirigea sur cette ville fameuse, fournit à leurs besoins, et leur envoya des livres ^

Ces faits confirment que le Bienheureux Pape était généreux et prodigue envers les jeunes gens voués aux sciences. Ces actes démontrent aussi que les maîtres du collège de Trets professaient avec le plus grand succès le haut enseignement littéraire et philosophique.

Ces maîtres et serviteurs, au nombre de dix-sept, soignaient avec une grande attention tout ce monde scolaire. On avait des lits confortables avec courtes-pointes de parade, une lingerie assortie. Les éphémérides de la cuisine signalent d'excellents aliments et le service des bons vins du terroir .

Rien ne frappe plus que les soins donnés aux malades, si ce n'est la largeur d'esprit présidant à leur organisation : le médecin du Studium était juif, et il se faisait aider, dans les cas graves, par ses collègues de vSaint-Maximin et d'Aix. C'est ce qui arriva pour une épidémie de fièvre qui mit toute la communauté en danger. Trois apothicaires de Trets ne suffirent pas à fournir des remèdes pour calmer les malades. Ces pauvres malades reçurent même la visite de deux inspecteurs pontificaux.

I. Ann. i365. — Pro poî'tu centorum Ubrorum apud Bonotiiain pro scolaribus quos ibidem Dominas noster Papa tenet^ 3liflor. — Pro emendis libris pi'o pauperibus studentibus missis Bononiœ per Dominam nostrum papam^ 3oo fl. camerc

D'Avignon àTrets la route est constamment sillonnée de courriers qui prennent les ordres du Pape, apportent les florins destinés aux dépenses, communiquent les messages au sujet des programmes et aussi les enquêtes d'hygiène.

La situation des locaux à Trets étant jugée défavorable, Urbain V choisit la ville de Manosque, dans les Alpes, pour le siège de son cher Studium. Le 3 juin i365 se fait le transfert. Une caravane de iio personnes remplit la chaussée étroite de Fourrières et se dirige vers Rians. Des cavaliers et treize montures aux lourdes charges accompagnent ce monde d'élèves bruyants et printaniers. Dans les ravins du Pain de Munition, au milieu de la grâce infinie de la nature forestière, on s'arrête aux sources qui bordent le chemin pour y prendre une première réfection.

La grande halte, le grand dîner, où l'on mange le mouton apporté de Trets, a lieu au village de Saint- Paul.

Hélas! ce soir-là, disent nos textes, il est impossible de passer la Durance sur le pont des barques, car la rivière ne se trouve point couchée, paresseuse, sur son large lit de pierrailles; mais, la turbulente, s'étant grossie, au contraire, de tous les torrents inondés des Alpes, écume et gronde contre la muraille et contre les obstacles amoncelés par les eaux en furie. Darencia erat magna I Le Studium en entier dut souper et coucher dans la petite localité de Saint-Paul.

Malgré toutes les recherches, on ne trouve que quatorze lits. Leséluss'en saisissent avec joie, tandis quela centaine déjeunes voyageurs restant se repose avec non moins de gaieté sur le foin des greniers.

LE BIENHEUREUX URBAIN V FAVORISE LES ÉTUDES. 4b

Le lendemain, mercredi, 4 juin, sur la rive droite de la Durance, dans l'allégresse matineuse du jour, éclatent les timbres d'or des écoliers caquetant et babillant le long des bataillons de pins, de bouleaux, de peupliers. Halte à la bégude de Beaumont! Beguda Belli mojitis. Le brouhaha exquis de l'imprévu, le délicieux entrain d'une partie en pleine campagne, les tapageuses causeries, tout cela vivant, coloré, ruisselant, chantait et pétillait avec les copieuses libations distribuées par l'hôtelier, et la fascination des paysages alpestres, baignés encore des ondées de l'orage.

On paie i6 sous lo deniers, à Beaumont, inpotu, et, d'un trait, la plus grande partie de la troupe atteint la ville de Manosque.

C'est un doux repos que le foyer domestique après une longue excursion ; mais combien plus lorsque l'inconnu ajoute le charme de ses surprises aux cœurs chauds de vingt ans !

A Manosque, le collège pontifical prospéra et, de tout le Midi aussi bien que des Hautes-Alpes, la jeunesse accourut s'abreuver à l'enseignement libéral de la littérature, du droit et delà théologie i.

Le Studium de Saint-Germain de Calberte^, diocèse de Mende, continua la série des créations du Bienheureux pour favoriser les études.

Le Pape y tint, à ses frais, une grande quantité d'écoliers. Nous en retrouvons des traces significatives dans le volume 3io des Introitus et Exitus. Mais, comme il servait principalement de pépinière

T. Le Studium d'Urbain F à Manosque^ par l'abbë M. Chaillan.

2. Saint-Germain de Calberte, canton, i.5oo habitants, à 27 kilomètres sud-est de Fiorac. Eglise calviniste.

aux établissements de Montpellier, il en sera question.à propos de ceux-ci.

Au Studium d'Orange, Urbain V envoie des maîtres et des florins. Il accorde à ses étudiants, par bulle du 3i janvier i 365, la faculté de prendre leurs grades dans toute Université, puis engage Charles IV à créer l'Université d'Orange. Ce qui fut fait le 4 juin i365.

Pour Cahors, notre Bienheureux approuve les donations faites au collège Pelegry, par Arnauld Béraldi, seigneur de Cessac, et octroie de nouveaux statuts à l'Université de cette ville (1367) .

Le (( rotulus » d'Angers de 1 362 contient quarantesix noms de licenciés, et autres gradués qui demandent à Urbain V de percevoir les revenus de leurs bénéfices comme s'ils résidaient. Le Pape accorde aux maîtres et aux écoliers de jouir, pendant trois ans, de leurs bénéfices, quasi residentesy et les comble de privilèges.

C'est le tour d'Orléans, qui, de i362 à i368, reçoit les plus flatteuses marques d'amitié du docte Pontife. Aux vingt et un bacheliers en droit canonique demandant la collation d'églises cathédrales ou collégiales, il fait un bon accueil. Les statuts de l'Université d'Orléans, Urbain V les refait. Il règle les solennités de réception au doctorat, l'usage des cadeaux, fourrures, manteaux; il empêche les vexations contre les étudiants « simples », qu'on conduisait dans les tavernes, les forçant à payer à boire ; il donne des secours aux étudiants pauvres, prêts à déserter les leçons des maîtres...

Le Souverain Pontife ne pouvait oublier qu'il avait été « professeur et régent » à Avignon. Dans le texte des bulles qui relatent les privilèges de son

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Université nous constatons, pour les maîtres et les écoliers, la jouissance de leurs bénéficespendantcinq ans, sans être tenus à la résidence. Aucun impôt ne pouvait être mis sur les objets de consommation destinés aux membres de l'Université.

Un « rotulus » de 1862, adressé au Pape pour l'obtention de privilèges aux docteurs, licenciés, bacheliers, clercs de l'Université de Toulouse, reçoit un « fiât » très sympathique. Urbain V aime beaucoup Toulouse. Il fait don au collège Saint-Martial de livres qui avaient appartenu à Innocent VI, avant son Pontificat; il approuve les fondations des collèges de Maguelone et de Périgord ; enfin il crée une école de musique.

Des professeurs de tout mérite enseignaient cet art dont l'harmonie charmait toute l'Université. Les étudiants goûtaient les chants des grand'messes, et le peuple de Toulouse s'empressait d'assister aux cérémonies de la cathédrale ^

Cette ville intellectuelle s'intéressa à la musique et à la beauté des voix comme elle s'intéressait à toutes ses Facultés. Elle ne fut pas ingrate envers Urbain V, qui mit de l'ordre dans les statuts de l'Université, défendit aux étudiants de s'injurier, facilita les réceptions au doctorat et envoya de bons théologiens de Paris. Quand, par une attention particulièrement délicate, le Bienheureux fit don aux Dominicains de Toulouse du corps de saint Thomas d'Aquin, ce fut une explosion de joie et de gratitude.

A cette occasion, dans un bref mémorable du 3i août i368, le Pape « ordonna de suivre et d'é-

I. Vies antiques. — Statuts et privilèges des Universités françaises^ par Marcel Fournier.

tudier de toutes ses forces la doctrine du g-rand docteur véridique et catholique... ».

Vous auriez vu alors^ dit Aimeric de Peyrac, abbé de Moissac, mort en i4o6, tous les clercs et étudiants de Toulouse, vêtus modestement, les pauvres mêlés aux riches, assister aux cours de l'Université avec ferveur et conquérir les divers doctorats. Le Pape, d'ailleurs, faisait surveiller le travail, et il tenait à Toulouse, comme à Paris, à Montpellier et aux Universités ou collèges supérieurs, des hommes éminents en vertus et en science, qui notaient la force des clercs, signalaient leur valeur, observaient leurs vertus. C'étaient les meilleurs, les plus forts que le Pape choisissait pour leur confier les dignités et les plus importants emplois de l'Église.

Sous le pontificat d'Urbain V, les pays du Nord étaient un peu déshérités sous le rapport des centres intellectuels, car, si l'on en excepte Prague, où Clément VI établit une Université en i347, ^^^ ^^ possédaient aucune de ces grandes institutions si ambitionnées par les villes opulentes.

Urbain V combla ce vide. Une bulle du i^^ septembre 1 364 ordonne d'ériger l'Université de Cracovie pour la Pologne. Ainsi les Polonais, qui avaient de la peine à venir en France ou en Italie, empêchés par des guerres continuelles de se mettre en route, purent étudier chez eux le droit civil et le droit ecclésiastique, les lettres et la théologie.

Le 29 juillet i365, la même faveur se produisit pour Vienne, et l'Autriche eut, à son tour, l'Université qu'elle désirait.

Orvieto, dit Pompeo Peliini, lui doit également le rétablissement de son ancienne Université, qui avait péri par suite des guerres et des troubles politi-

ques. De Viterbe, de Montefiascone, Urbain alla plusieurs fois, pendant la belle saison, passer quelques jours dans cette ville, et s'informer des études.

Toutes les anciennes Universités ressentirent les eflPets de la protection d'Urbain V, celles surtout où les études étaient plus cultivées. Bologne et Paris obtinrent de lui tout ce qu'elles voulurent.

A Bologne il soutint l'immense collège qu'avait fondé Albornoz pour les pauvres de la région. Par une lettre secrète du 17 juin i364, il ordonnait aux recteurs du Studium qu'il avait établi de bien recevoir vingt écoliers sans fortune. L'évêque de Tusculum et le cardinal Rainaldi sont chargés de choisir ces étudiants dans les Etats du Saint-Siège, et de les envoyer à ladite ville.

L'Université de Paris se flattait d'être « la fille très dévouée du Pape ». Dans une supplique du 23 novembre 1862, elle demande à Urbain V de défendre ses « maîtres etescoliers contre toute menace de prison, en donnant une caution de liberté ».

Le même jour, part pour Avignon un « rotulus », des maîtres en théologie, Nicolas Oresme, Guillaume de Saint-Remi, Ricard Piel, onze autres chanoines et des Frères-Prêcheurs et des Carmes, des Cisterciens, des Augustins et des Mineurs sollicitent des lettres de provision.

La Faculté de Droit envoie onze noms de docteurs et la Faculté de Médecine vingt-six...

Quant à la Faculté des Arts, qui était le fondement des autres, elle se divisait en quatre nations : gallicane, picarde, normande, anglicane. La gallicane se subdivisait en cinq provinces : Paris, Sens, Reims, Tours, Bourges. Pour la seule province de Paris il y avait vingt-six maîtres !

A la nation anglicane, on comptait des maîtres, prêtres ou laïques, originaires de Cologne, de Mayence, de Suède, d'Ecosse, etc. Parmi les « escholiers » se trouvaient des jeunes gens venus de la Hongrie, de la Bohême, du Danemark, de la Norvège, de l'Ecosse, de l'Angleterre, de l'Irlande.

Le « rotulus » de la seule nation anglicane nomme 55 « magistri ». Tous ces docteurs sollicitent la bénédiction du Pape, et, munis de leur brevet apostolique, commencent leurs cours.

Les documents que nous a révélés le R. P. Denifle dans son « Chartularium Unwersitatis Parisiensis » sont d'une abondance extraordinaire en ce qui touche Urbain V. Ils forment ii6 pages, bourrées de faits intéressants. Les recteurs, les professeurs, les élèves, tous se disputent l'honneur de faire plaisir au savant Pape par leur ardeur au travail et leur amour de l'Eglise. Urbain V est assailli de suppliques des évêques ou des Ordres religieux qui veulent faire admettre des docteurs ou des étudiants à l'incomparable Université de Paris.

Quel monde de travailleurs, dans cette ville, à la fin du XIV® siècle! Vraiment on est émerveillé de cette vie intellectuelle inspirée par un roi et un Pape qui aimèrent beaucoup les lettres, et les favorisèrent de tout leur pouvoir. Le P. Denifle, qui nous a singulièrement instruit sur les études du moyen âge, cite un document daté d'Avignon le 2 mai i366. Urbain V y enjoint aux cardinaux Jean de Saint- Marc et Gilles, du titre de Saint-Martin des Monts, de réformer les statuts de l'Université de Paris.

Aidés du conseil de plusieurs maîtres, comme Grimier, Boniface, Gérard de Vervins, les deux cardinaux rédigent des observances d'une grande con-

séquence. Les articles principaux visent les Facultés de Théologie et des Arts. Ils sont datés du 3 juin i366.

En Théologie, le maître doit expliquer les textes et non pas dicter tout simplement une leçon. Les écoliers ont l'ordre d'apporter la Bible ou les Sentences, selon les discussions de la classe. On voulait ainsi éviter les questions étrangères de Logique, de Physique, d'Exégèse...

Il est prescrit aux étudiants de la Faculté des Arts d'être assis à terre et non sur des bancs, afin d'éloigner toute occasion d'orgueil. Tous sont tenus d'avoir l'habit académique. Ceux des Arts ont chape ouépitoge. Aux églises, à l'Université, aux sermons, en ville, les écoliers, quels qu'ils soient, ecclésiastiques ou laïques, sont extrêmement surveillés pour la décence des vêtements et la modestie.

Remarquons encore que la gratuité des examens était ordonnée avec une grande sévérité. « Ne rien donner, ne rien promettre aux examinateurs », dit fréquemment le texte pontifical.

L'Université de Paris fut attentive à observer ces statuts, et mérita des faveurs toujours plus grandes de la part d'un Pape aussi lettré qu'Urbain Y.

De Montefiascone, de Rome, le Bienheureux ne cessa d'envoyer ses bénédictions et ses généreuses aumônes « aux maîtres et écoliers de la capitale de la France, source de lumières, mère des sciences, ardent foyer de la religion chrétienne » .

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