URBAIN V APPROUVE DE NOUVEAUX ORDRES
ne sollicitèrent ni bulles, ni grâces, ni privilèges, se rapprochant de la sorte de ces primitifs moines de rOmbrie qui étonnèrent la Cour romaine par leur trop rude profession de pauvreté.
Femme unique dans les annales de l'Église, sainte Brigitte avait reçu de Dieu un cœur mâle et capable des plus grands desseins. Elle fut l'instrument dont le ciel se servit pour réformer les mœurs d'un siècle des plus corrompus. Aidant les Papes, plus d'une fois, leur donnant de sages ou sévères conseils, elle se montra comme une prophétesse pour instruire les peuples, les effrayer par la crainte du sombre avenir dont elle soulevait le voile, les réveiller de leur assoupissement. Durs comme son climat de Suède, ses écrits sont parfois semés d'images terribles.
Quel berceau, quelle enfance, quelles apparitions de Marie et de Jésus! C'est une vie bien attirante que celle de cette femme mariée, veuve, mère de saints, venant à Rome avec ses enfants, visitant les tombeaux des martyrs, fondant un nouvel Institut.
Le Seigneur, se servant d'une parabole bien connue, lui dit : « J'avais des vignes qui me produisaient du bon vin, elles se sont abâtardies. Je veux maintenant planter une vigne nouvelle, qui poussera de nombreux rejetons et me donnera un vin exquis : je t'ai choisie pour cette œuvre ». Les vieilles vignes représentaient les anciens Ordres, qui étaient déchus de leur ferveur; la vigne nouvelle, l'Ordre que Brigitte devait établir. La sainte reçut du Seigneur lui-même la règle que l'on devait y suivre et la formula en chapitres. Soumise à l'approbation du Pape, elle reçut l'accueil qu'elle méritait.
L'Institut de sainte Brigitte était établi en l'hon-
neur de la Sainte-Vierge et basé spécialement sur trois vertus : une profonde humilité, une chasteté inviolable, une absolue pauvreté. Il y avait, dans chaque monastère, soixante religieuses figurant les disciples. Le service divin devait se faire dans leurs églises, comme dans une cathédrale. C'est pourquoi, dans un lieu complètement séparé de leur clôture, mais assez rapproché pour pouvoir leur donner tous les secours spirituels, se tenaient vingt-cinq religieux, dont treize prêtres, chargés des offices, des prédications, des confessions : ces prêtres représentaient les apôtres. Ils portaient une croix rouge sur leur manteau. Huit frères, marqués d'une croix blanche, emblème d'innocence, les servaient.
Ainsi tout était symbolique dans cet Ordre né à Vastena, dans le diocèse de Lincopink, en Suède, et répandu dans diverses villes de la chrétienté. Sa ferveur consolaitlesPapesetsesvertusédifiaientl'Église.
Urbain V, qui s'était intéressé à un commencement de réforme des Frères Mineurs, n'oublia pas de faire revivre l'ancienne discipline de l'Ordre bénédictin. Cette œuvre peut bien être comparée à la naissance d'un Ordre nouveau.
En ce temps, la première abbaye du monde, berceau des Bénédictins, vivait, au milieu de ruines matérielles, dans le relâchement des mœurs et la violation des saints vœux^. A la vue de cette désolation, Urbain V, qui était venu prier sur le tombeau du fondateur de son Ordre lors de son ambassade à Naples, en 1862, avait promis à Dieu la restauralion de ces lieux vénérables.
I. Les Fitœ antiquœ^ auxquelles nous empruntons tous ces détails, disent que les édifices jonchaient le soi à cause d'un tremblement de terre... prop ter tevrœ motum.,.