URBAIN V RESTAURE LE MONT-CASSIN
Sitôt qu'il fut Pape, il pensa au Mont-Cassin et voulut soulager sa douleur. Il commença par supprimer l'évêché que Jean XXII avait, sans succès, mis au Mont-Cassin et rétablit de nouveau la dignité abbatiale. Il fit chercher partout un guide et un modèle, et, comme il ne trouva aucun religieux bénédictin à son gré, il jeta les yeux sur un Camaldule admirable de mortification , adonné à la prière, passionné pour l'étude. Il l'appela à lui et, comme le frère André déclinait l'honneur qu'on voulait lui faire, le Pape exigea que l'élu obéît. Et le moine blanc gouverna les moines noirs. Il devint leur abbé. De tout l'Ordre, on fit venir les religieux les plus fervents et les plus réguliers, on chassa les indignes, les mercenaires, les indisciplinés. Et il semblait que le peuple juif revenait de la captivité de Babylone pour redresser les murs de Jérusalem. Les cloîtres, les cellules, les édifices furent refaits, la montagne sainte se repeupla, le désert fleurit en perfection, en bonne odeur de Jésus-Christ.
La gloire ancienne que reprit le Mont-Cassin, au XIV® siècle, il la doit au zèle, à la foi, à l'affection d'Urbain V pour son Ordre. Il est juste d'ajouter que les Bénédictins se souviennent de l'œuvre entreprise par le Bienheureux. L'abbaye-mère le regarde comme son second fondateur, et lui a élevé une statue sous le péristyle qui conduit à la grande église.