I. Arch. Vat., reg. a45, f» i68 v
compagnies continuent leurs ravages, principalement dans les sénéchaussées de Toulouse, de Carcassonne et de Beaucaire. N'ayant pu les intimider par les préparatifs de guerre, Urbain V essaya de la bienveillance. Il ne réussit pas davantage. C'est alors qu'il a recours à la dernière arme qui lui reste. En même temps qu'il accorde des indulgences aux bienfaiteurs et défenseurs de la Ligue, il lance l'excommunication contre toutes les compagnies qui ne se seraient pas dispersées dans un mois ou n'auraient pas réparé les dommages causés^. La guerre finie, ou du moins apaisée, entre Charles V et Charles de Navarre, entre le comte de Foix et le comte d'Armagnac, entre Jean de Montfort et la veuve de Charles de Blois, toutes les provinces françaises subissaient une recrudescence des routiers. On intercéda auprès du roi d'Angleterre et de son fils pour qu'ils consentissent à unir leurs efforts à ceux d'Urbain V et du roi de France. Guy de Prohins, gouverneur de Montpellier, se rendit auprès du prince de Galles, en vue d'aviser à l'expulsion des détestables compagnies. Bertrand Duguesclin, comte de Longueville, vint aussi trouver le même prince, au nom du Pape, afin de l'intéresser à cette œuvre.
L'empereur Charles IV arriva, sur ces entrefaites, à Avignon. C'était le aS mai i3652. Rien de plus opportun que de mettre à profit son voyage pour obtenir de lui son adhésion. Le duc de Bourgogne, qui n'avait cessé de voir son duché envahi depuis le traité de Brétigny, voulut se rendre favorable l'empereur et lui fit une visite. De son côté, le roi de France envoya à ce monarque l'archevêque de Sens,