‹ Le bienheureux Urbain V (1310-1370)Chapitre 56 sur 103 · Secunda Fita · texte numérisé non relu

Secunda Fita

l'évêque de Nevers et Guillaume de Dormans, chancelier du Dauphiné, pour parler de Tenvoi de routiers en Hongrie 1. Au surplus, Raoul de Loupy, gouverneur du Dauphiné, alla au-devant de Charles IV autant pour protéger sa suite que pour lui faire plaisir. Il l'accompagna à Avignon, à Arles et dans le comté de Savoie.

Pendant son séjour à la Cour papale , on prodigua à l'empereur réceptions, solennités, honneurs. Les seigneurs allemands, les princes français, les cardinaux s'unirent à Urbain V pour donner aux fêtes d'Avignon le plus de majesté possible.

Le jour de la Pentecôte, il assista à la messe pontificale en habits impériaux, le diadème en tête et le sceptre à la main.

Des entretiens qui s'échangèrent entre le Pape et l'empereur naquirent les plus heureux résultats. Charles IV promit de subvenir aux frais des routiers jusqu'à leur entrée en Hongrie, et offrit les revenus de son royaume de Bohême pendant trois ans.

Le Saint-Père, tout content, envoya auprès du roi de Hongrie le maréchal d'Audrehem, puis négocia avec les compagnies, afin qu'elles fussent prêtes à partir, sitôt les ordres arrivés. Les négociations traînèrent en longueur. Les capitaines ne voulaient pas entendre parler d'une expédition en Hongrie et ensuite en Turquie, quelques sommes qu'on leur proposât. C'étaient là des pays lointains et inconnus, d'où ils craignaient de ne pouvoir plus sortir, en cas d'une défaite 2.

1. Le roi de Hongrie les demandait à Urbain V et au roi de France pour les lancer contre les Turcs, avec qui il « guerrioit et qui lui portoient moult de damages «, dit Froissart.

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